La location courte durée en panne

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« Le marché de la location courte durée (LCD) n’a pas échappé à la crise. » André Gallin, président de la branche Loueurs du CNPA, n’en fait pas mystère quand il commente les résultats de l’étude TNS Sofres/CNPA 2009 réalisée sur 10 000 Français, interrogés par courrier de janvier à décembre 2009. Les chiffres qu’elle donne ne reflètent sans doute que des “tendances”, mais des tendances lourdes : le nombre de contrats a chuté de 7 % entre le premier et le dernier trimestre 2009, et le nombre de jours de location facturés est tombé de 5,5 % (évolution sur quatre trimestres glissants).
Aujourd’hui, on peut s’en étonner, il y a plus de locations individuelles (d’une durée moyenne de 6,9 jours pour les VP et 1,9 jour pour les VU) que de locations professionnelles (d’une durée moyenne de 5,1 jours). L’explication en est simple : les entreprises ont limité les déplacements de leurs collaborateurs… et l’étude Sofres/CNPA s’intéresse aux locations des Français en France, où 6,4 % des Français de plus de 18 ans ont loué au moins un véhicule dans l’année, et à l’étranger : 8,5 % des Français de plus de 18 ans ont loué au moins un véhicule dans l’année sur le territoire national ou hors des frontières.

La LCD aujourd’hui : locale, plus jeune et ouverte à tous

On note également que les voyageurs empruntant l’avion, en provenance de l’étranger notamment, ont été moins nombreux : les locations aux aéroports sont en baisse alors que le marché local (71 % des locations se font sans trajet préalable) reste dynamique.
La LCD garde un certain attrait : 25 % des contrats sont signés par de nouveaux clients, un chiffre qui se maintient d’une année sur l’autre. Dans le même temps, elle se démocratise : toutes les classes sociales y ont recours, et elle n’est plus seulement réservée aux urbains. La grande distribution, nouvelle venue sur le marché, a “ changé la donne ” en mettant des véhicules – et en premier lieu des VUL – à la disposition des semi-ruraux et des ruraux.
Autre constat : les locataires ne sont plus seulement des seniors – ils représentent encore une location sur trois –, mais aussi des jeunes de 19 à 34 ans (21 %). « Les trentenaires n’ont pas le même rapport que leurs aînés à la voiture », note André Gallin, qui estime qu’ils sont aussi nombreux à être prêts à adopter de nouveaux modes de mobilité, et notamment l’autopartage. « C’est une chance pour nous car cela crée des réflexes nouveaux et qui sont très favorables au développement de la LCD », conclut André Gallin. L’année 2010 verra-t-elle un retournement de situation et la fin de la baisse du nombre de contrats ? Ni André Gallin, ni Tony Lesaffre, vice-président de la branche Loueurs du CNPA, ne semblent y croire. « Ce serait La bonne surprise » affirme même Tony Lesaffre.
Mais tout cela n’empêche nullement les loueurs de céder aux sirènes de certains constructeurs qui refont du volume avec la LCD. C’est ainsi que les immatriculations de la courte durée*, qui représentaient 16,17 % des immatriculations des véhicules à usage professionnels (VUP) à fin janvier 2010 sont passées à 26,83 % à fin mars 2010 ; soit près de 11 points de pénétration supplémentaire. En volume, cela a correspondu à + 21,74 % des immatriculations de LCD sur janvier 2010 par rapport à janvier 2009, + 83,85 % sur février et + 51, 63 % sur mars 2010.
M.H.
* source : L’Automobile & L’Entreprise N° 154.

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