La France toujours en infraction sur la qualité de l’air

Publié le par

Alors que la directive européenne n’autorise pas plus de 35 jours par an de pics de pollution supérieurs à 50 microgrammes/m3 par point de mesure, l’agglomération parisienne en a déjà engrangé 23 depuis le début de l’année ! La Cour de justice européenne sera ainsi prochainement saisie du cas de 16 États membres, dont la France.

L’épisode de pollution aux particules fines qui touche l’agglomération parisienne depuis quelques jours est à l’origine du conflit entre les élus écologistes de la ville de Paris et le préfet de police Michel Gaudin. Le 28 mars dernier, une cinquantaine d’élus Europe Écologie-Les Verts (EELV) ont brièvement bloqué la circulation devant les fenêtres de la préfecture de police pour réclamer des mesures coercitives visant notamment la circulation automobile. « Un jour sur trois de pollution depuis le début de l’année, on n’a jamais vu ça » protestait Yves Contassot, élu et conseiller EELV de Paris. Quant au préfet de police, il conteste les chiffres mis en avant par les écologistes sur le déclenchement des seuils d’alerte à la pollution.
Car en la matière deux types d’alerte existent. D’abord le seuil d’information, qui s’adresse aux personnes fragiles et n’entraîne que des recommandations, notamment sur la vitesse de circulation (son seuil de déclenchement est passé de 80 à 50 microgrammes par m3 entre 2011 et 2012). Vient ensuite le seuil d’alerte, qui s’adresse à tout le monde et peut entraîner des mesures coercitives de limitation des vitesses : celui-ci est passé de 125 microgrammes/m3 à 80 microgrammes/m3. « Dans le futur, vingt à quarante dépassements pourraient être constatés chaque année selon les conditions météorologiques, contre une dizaine en moyenne avec la précédente procédure » pronostiquait le 15 mars dernier Airparif, l’organisme en charge des mesures de la qualité de l’air de la région parisienne.
Quoi qu’il en soit, la qualité de l’air reste chroniquement médiocre en France, au point que la Commission européenne a pris en mai 2011 la décision d’assigner la France et 15 autres États membres devant la Cour de justice européenne pour non-respect de la directive sur la qualité de l’air. Particulièrement nocives pour la santé, les particules fines sont à l’origine de maladies respiratoires et pulmonaires, mais aussi cardio-vasculaires. Selon un ingénieur d’Airparif, un quart de la pollution aux particules en suspension inférieures à 10 microgrammes (PM10) constatée en Île-de-France provient en moyenne annuelle du transport routier (essentiellement des moteurs Diesel), un autre quart du résidentiel, à cause notamment du chauffage au bois, et un tiers de l’industrie. Le reste provient des épandages agricoles, des remises en suspension de poussières déposées au sol ou de phénomènes chimiques. Par ailleurs, rappelons que huit villes de France : Paris, Saint-Denis, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Nice et Aix-en-Provence, sont d’ores et déjà candidates pour mettre en place des Zapa (zones d’actions prioritaires pour l’air) pour interdire en centre-ville la circulation des véhicules les plus polluants. L’expérimentation, basée sur le volontariat, devrait commencer en 2013.
Source : AFP et La Croix

Mots clefs associés à cet article : Diesel, Particules

Voir aussi :

A la une
Suivez-nous Twitter Linkedin Facebook
Newsletter