La France mise sur l’hydrogène « vert »

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Comme cela était attendu, le plan de relance de l’économie française de 100 milliards d’euros fait une place à la filière hydrogène, avec une enveloppe de deux milliards d’euros sur les deux prochaines années. C’est la première étape d’un plan plus ambitieux de plus de sept milliards d’euros qui sera prochainement détaillé.

L'hydrogène tente de percer dans les flottes, notamment celles constituées d'utilitaires. (© Groupe Renault)
L'hydrogène tente de percer dans les flottes, notamment celles constituées d'utilitaires. (© Groupe Renault)

Le plan de relance de l’économie française présenté par le Premier ministre, Jean Castex, et le Gouvernement comporte bien un plan hydrogène, avec un financement de deux milliards d’euros pour les deux prochaines années.

Il ne s’agit pas d’une surprise, ni vraiment d’une nouveauté, car l’avantage de cette technologie est connu, notamment dans l’automobile. Elle tenait le premier rôle dans les colloques du début des années 2000, comme dans les « Challenge Bibendum Michelin », qui accueillaient déjà des prototypes roulants. On pense aussi au livre de Pierre Beuzit, ancien directeur de la recherche de Renault, intitulé Hydrogène : l’avenir de la voiture (éditions L’Archipel, 2007).

Privilégier l’hydrogène « vert »

Après une période où les solutions hydrogène sont passées sous les radars médiatiques, la voiture 100 % électrique tenant le haut de l’affiche, une inflexion de la situation est sensible depuis trois ans environ. L’hydrogène (on parle toujours de véhicules électriques soit dit en passant, mais avec un système de pile à combustible) nourrit à nouveau les attentes d’une industrie à la fois soucieuse et sommée de réduire son empreinte environnementale. Mais attention, on parle maintenant d’hydrogène « vert ». Haro sur l’hydrogène produit à partir d’énergies fossiles et dont le bilan carbone global est plutôt piètre (ça ne vous rappelle rien ?). L’effort est porté vers l’hydrogène décarboné, irréprochable d’un point de vue environnemental et qui garde bien des vertus pour les transports (adaptable à des véhicules lourds, large autonomie, avitaillement très rapide, possibilité de stocker l’électricité, y compris au niveau local, etc.).

La France réunit tous les atouts nécessaires pour réussir

Si certains pays sont plus avancés que la France (Chine, Corée-du-Sud, Japon, certains États américains, sans prétendre à l’exhaustivité), le terrain hexagonal n’est pas une friche. Les 190 membres qui constituent aujourd’hui l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (Afhypac) en sont la meilleure illustration, prometteur attelage entre les univers du privé et du public.

De grands groupes comme Michelin (Symbio), Plastic Omnium, Faurecia, Air Liquide ou Total sont aux avant-postes, et certaines régions ou villes déploient volontiers des expérimentations (Zero Hydrogen Valley en Rhône-Alpes, Grand Paris, Belfort, Auxerre…). Chacun sait que la matière grise abonde en France sur ces technologies, le CEA en étant un excellent exemple.

Ce ne sera pas de trop pour tenter de lever certains freins qui entravent le développement de l’hydrogène. On pense notamment au coût de l’hydrogène « propre » ou au réseau d’avitaillement pour l’heure insuffisant, pour dire le moins. Au-delà du plan à deux ans qui vient d’être dévoilé, son prolongement (sept milliards d’euros sur dix ans) sera aussi précieux. Barbara Pompili, ministre de la Transition énergétique, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, devraient dévoiler ce second volet avant la mi-septembre.

Mots clefs associés à cet article : Hydrogène, Gouvernement, Bruno Le Maire, Premier ministre, énergies alternatives, Ministère de la Transition écologique et solidaire, Jean Castex, Barbara Pompili

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