L’utilitaire innove pour rester au cœur des villes

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De nouvelles générations de véhicules utilitaires légers émergent. Prioritairement électriques, elles devront être compatibles avec les contraintes réglementaires et environnementales de plus en plus strictes mises en œuvre dans les centres-ville.

Le problème est simple à exposer : il devient urgent pour les acteurs du monde du transport de personnes et de marchandises de trouver des solutions pour faire face aux décrets d’interdiction de circuler pris par les municipalités à l’égard des véhicules les plus polluants. Le périmètre des centres-ville, qui voit dans un premier temps s’appliquer cette mesure, devrait dans les années à venir s’élargir. Et les transporteurs devront s’adapter.

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«  Avec nos 66 agences, nos quatre métiers et nos 1 700 VUL en France, nous sommes en première ligne pour réfléchir à l’avenir du VUL en centre-ville » explique Christophe Bresch, responsable commercial grands comptes de Cogepart, l’un des leaders du transport de marchandises à destination des entreprises et des particuliers. « Aujourd’hui, poursuit-il, dès que l’électrique nous semble la solution, nous n’hésitons pas malgré l’investissement que cela représente. C’est ainsi que pour les centres-ville nous avons introduit dans notre flotte des Kangoo Z.E. Maxi qui font généralement au moins deux rotations par jour car leur charge utile reste limitée, 400 à 450 kg ». Cogepart reste à la pointe de la lutte contre les gaz à effet de serre et la première entreprise française de transport léger à signer la charte de réduction des émissions de CO2, en collaboration avec l’Ademe et la Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement de la région Provence Alpes-Côte d’Azur (DREAL Paca). Elle a récemment vu son label renouvelé, preuve que le green business est au cœur de ses engagements.

Mini-hubs et alternatives aux VUL

«  Pour offrir un service efficace à nos clients, précise Christophe Bresch, nous avons imaginé des mini-hubs, des bureaux avec des entrepôt/dépôts qui sont les points de départ des tournées. À proximité immédiate des centres-ville, ces hubs nous permettent aussi de nous adapter aux restrictions de circulation imposées par les municipalités. C’est ainsi que nous livrons le matin dans Montpellier Écusson, le quartier piétonnier de la préfecture de l’Hérault, et l’après-midi au cœur d’Aix-en-Provence ».

L’offre des constructeurs en matière de VUL électriques reste limitée même si elle se développe et qu’un tournant sera pris en 2019-2020 avec la commercialisation de nouveaux modèles, notamment chez les constructeurs allemands. Mais qu’attendent véritablement les gestionnaires de parc ? À écouter Hervé Foucard, chef du service technique des transports automobiles municipaux de la mairie de Paris, se projeter dans l’avenir n’est pas facile, mais c’est un impératif. Il faut, dit-il, anticiper. Dans une collectivité territoriale, les politiques doivent par conséquent prendre des décisions très en amont de la mise en œuvre des contraintes qu’ils ont… votées. Et de rappeler : « Pour les solutions que nous aurons à mettre en place pour les VUL, le choix des énergies dépend essentiellement des usages. » D’après lui, le thermique n’est pas définitivement condamné : le GNV qui pose cependant des problèmes de coût de maintenance, le GPL pour une très petite part, le bioéthanol (E85) et le biodiesel 100 % dont la distribution échappe aux pétroliers au profit de groupes agro-industriels, pourront être, encore un temps, des alternatives au 100 % électrique ou à l’hybride rechargeable (PHEV). «  Globalement, les TCO des véhicules à carburant alternatif vont augmenter. Mais pour que cette augmentation ne soit pas déraisonnable il faut que l’offre des constructeurs se diversifie, que les utilitaires 100 % électriques ou PHEV roulent beaucoup et sûrement plus de 100 kilomètres par jour en moyenne et qu’enfin leur charge utile soit équivalente à celle d’un véhicule diesel », nuance-t-il.

L’hydrogène « propre », une énergie pour demain

«  Nous devrons aussi, parallèlement, informer et responsabiliser les utilisateurs  », insiste Hervé Foucard. Le responsable se montre très intéressé par le 100 % électrique avec un prolongateur d’autonomie ; un petit moteur électrique autonome comme le 1.0 l de cylindrée qui équipe le Ford Custom en test à Londres. Quant à l’hydrogène, il ne fait aucun doute que cette énergie doit connaître un développement important. « Encore faut-il s’interroger sur sa source et privilégier l’hydrogène “ propre ”, celui qui est produit à partir d’électricité renouvelable par électrolyse de l’eau », précise-t-il.

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Les équipementiers et les constructeurs-carrossiers sont, eux aussi, très impliqués dans la recherche de solutions pour assurer l’avenir du VUL. C’est ainsi que Klubb France, premier fabricant français de nacelles élévatrices sur véhicules, a fait de l’engagement dans les technologies vertes une priorité et su conquérir des parts de marché en s’investissant dans une démarche environnementale et sociétale. « Nous sommes attentifs à l’énergie durable, et notre groupe a obtenu le label PM’UP, qui récompense les entreprises ayant une approche proactive sur le territoire français » rappelle Sabine Dorgan, directrice marketing et communication. Les recherches des ingénieurs de son bureau d’études permettent à Klubb de proposer à ses clients des versions totalement électriques ou des versions hybrides – électricité et carburant – de ses différents modèles.

Économiser du carburant et protéger l’environnement

« Toutes nos nacelles élévatrices sur porteurs peuvent être utilisées avec le moteur du véhicule éteint en ayant recours à notre technologie Green Pack. Cela permet d’économiser du carburant et de protéger l’environnement , pointe Sabine Dorgan. Nous avons développé cette technologie depuis 2004, et c’est une option disponible sur de nombreux produits comme la nacelle K20 que nous montons sur le Renault Kangoo et qui a été adoptée par des opérateurs de télécoms intervenant dans les centres-ville. » Klubb va plus loin et a récemment lancé trois nouvelles nacelles 100 % électriques sur des fourgons tronqués, le Nissan eNV200 et le Renault Master Z.E., mais aussi le Goupil G4. Écologiques et très compactes, ces nacelles dédiées aux travaux en hauteur en milieu urbain permettent à toutes les entreprises et tous les services publics engagés dans une approche écoresponsable d’opérer sans bruit et sans émissions polluantes. « Le marché est en train de s’adapter aux nouvelles contraintes environnementales. Nous travaillons en étroite collaboration avec des constructeurs automobiles comme Nissan, Renault, Mercedes-Benz ou encore PSA afin de concevoir les meilleures nacelles pour leurs prochains modèles électriques », indique Sabine Dorgan.

Adapter le VUL aux nouveaux usages, un impératif !

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Cette collaboration avec l’ensemble des constructeurs est la raison d’être du groupe Gruau, qui adapte leurs produits et les transforme pour créer de nouvelles fonctionnalités liées à l’usage des clients professionnels. «  Nous continuons à innover sur les usages traditionnels, mais réfléchissons désormais à des innovations de rupture » témoigne Patrick Gruau, président du leader européen de la carrosserie sur véhicule utilitaire. Aussi, pour assurer l’avenir du VUL en centre-ville, le groupe travaille dans au moins deux directions. Si le VUL électrique apparaît comme une solution — Gruau a conçu l’Electron à cet effet et transforme tous les modèles existants des constructeurs —, l’industriel entend surtout mettre à la disposition des professionnels de nouveaux outils avec un double objectif : aller au plus près du client pour livrer et prendre la marchandise tout en améliorant la productivité de l’utilisateur du VUL. C’est ce que permet par exemple le véhicule Home Delivery Solution (HD Solution), qui a été mis au point par la cellule G’Innov du carrossier. Son ergonomie respecte la chaîne du froid tout en séparant les denrées suivant leur température de consigne, ce qui permet de gagner sur les temps de chargement et de déchargement.

« Nous voulons également optimiser la charge utile de nos véhicules  », poursuit Patrick Gruau. L’éco-conception est ainsi devenue une priorité pour Gruau, et la mise en œuvre de la norme WLTP l’y encourage puisqu’elle associe la masse du véhicule à la consommation de son moteur. Pour les bennes, par exemple, l’utilisation de l’aluminium et d’autres nouveaux matériaux deviendra la règle. Patrick Gruau en est convaincu : le VUL restera incontournable, mais il devra être adapté aux usages qui sont en train de voir le jour et aux nouvelles «  règles du jeu » mise en place dans les villes. « C’est très exactement notre métier », conclut-il.

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