L’illusion d’un regain des ventes d’utilitaires sur le marché Europe

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En mars 2021, les immatriculations de véhicules utilitaires neufs dans l’Union européenne ont bondi de plus de 95 % selon l’ACEA. Un essor salutaire qui se doit toutefois d’être tempéré puisque celui-ci s’explique par la faible base de comparaison de l’année dernière, mars 2020 étant marqué par le premier confinement.

La dynamique de reprise se consolide notamment grâce à l’apport des véhicules utilitaires légers, dont les ventes de mars 2021 dans l'UE ont plus que doublé. © Markus Winkler / Pxhere
La dynamique de reprise se consolide notamment grâce à l’apport des véhicules utilitaires légers, dont les ventes de mars 2021 dans l'UE ont plus que doublé. © Markus Winkler / Pxhere

Comme le marché automobile européen global, celui des VU de mars 2021 affichent une hausse à deux, voire trois chiffres dans certains pays. De quoi rattraper un mois de février morose, qui n’avait par exemple vu le segment des utilitaires progresser de seulement 1,2 % par rapport à l’an passé ? Pas vraiment. Car si les immatriculations de véhicules utilitaires au sein de l’UE ont bondi de 95,3 % en une année, atteignant 204 046 unités, c’est en raison de la dégringolade enregistrée à la même période de 2020. À l’époque, les ventes plafonnaient à un peu plus de 100 000 mises à la route sur l’ensemble du Vieux continent, des résultats moins bas qu’en avril 2020 mais jamais vu en 2019.

Concernant les quatre principaux marchés européens, l’Italie ayant été parmi les premiers pays à imposer des restrictions strictes pour contrer la pandémie en 2020, il est donc celui qui a connu la plus importante augmentation (+ 215,3 %), suivi de la France (+ 166,7 %), de l’Espagne (+ 151,7 %) et de l’Allemagne (+ 34,2 %). Si l’on observe néanmoins l’évolution au cours du premier trimestre 2021, le marché des véhicules utilitaires de l’UE a progressé de manière plus contenue, de + 21,6 % avec 501 703 unités immatriculées. Dans le détail des performances par région, le top 4 suit le même classement avec l’Italie (+ 38 %), la France (+ 32,6 %), l’Espagne (+ 11,1 %) et l’Allemagne (+ 4,9 %).

Les fourgonnettes en tête du convoi

La dynamique de reprise se consolide notamment grâce à l’apport des véhicules utilitaires légers (de moins de 3,5 tonnes), dont les ventes de mars 2021 dans l’UE ont plus que doublé par rapport aux niveaux observés en 2020, (+ 107,5 % et 172 288 unités). Les volumes du mois dernier ont d’ailleurs dépassé ceux de mars 2019, lorsque 165 455 fourgonnettes ont été mises en circulation. De même, en mars 2021, trois des quatre plus grands marchés de la région ont enregistré des hausses à trois chiffres sur ce créneau : l’Italie (+ 268,9 %), la France (+ 183,3 %) et l’Espagne (+ 168,7 %). L’Allemagne, ayant conversé un équilibre plus stable sur le long terme, dévoile quant à elle une croissance moindre mais solide (+ 36,4 %). Un chiffre au-dessus de la moyennes européenne depuis le début de l’année puisque, de janvier à mars, les immatriculations de véhicules utilitaires légers ont cru de 23,6 %.

Un peu à la traîne, le segment des véhicules utilitaires lourds (16 tonnes et plus) immatriculés dans l’Union européenne a progressé de 56,8 % pour atteindre 24 695 unités. Et, une fois n’est pas coutume, c’est la Pologne qui a enregistré la plus impressionnante évolution avec + 127,3 %. Derrière l’Allemagne (6 224 unités) et la France (3 952), le pays décroche même le titre de troisième marché de l’UE en termes de volume avec 2 991 camions immatriculés.

Enfin, si les utilitaires moyens et lourds (plus de 3,5 tonnes) ont affiché une hausse de 51,8 % entre mars 2020 et mars 2021, les ventes de bus et autocars neufs sont celles ayant la moins florissante expansion. En mars 2021, les immatriculations de ces véhicules dans l’Union européenne étaient 7,7 % plus élevées qu’à la même période l’an dernier. Sur les trois premiers mois après de l’année, la demande européenne a même régressé de 12,6 %, avec 6 560 unités. Les quatre principaux marchés de l’UE dévoilent, pour leur part, des résultats mitigés et disparates. Ainsi, si les immatriculations ont augmenté en France (+ 58,8 %) et en Italie (+ 6,1 %), elles se sont contractées sur les marchés allemand (- 13 %) et espagnol (- 1 %) en mars 2021. De janvier à mars 2021, la situation apparaît encore plus dégradée avec des pertes pour l’Espagne (- 38,9 %), l’Allemagne (- 20,8 %) et l’Italie (- 13,8 %). Seule la France parvient à maintenir sa jauge de croissance dans le positif, mais de peu (+ 3,8 %).

Mots clefs associés à cet article : Minibus, Véhicule utilitaire léger (VUL), Marché Europe, Camion, Utilitaire, ACEA

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