L’écotaxe va-t-elle faire son retour pour les poids lourds ?

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Président LR du conseil départemental de l’Essonne, François Durovray vient de présenter un rapport sur les mobilités en grande couronne d’Île-de-France. Appelant à un « plan Marshall » dans le domaine des transports, il fait ressurgir un vieux sujet qu’on pensait enterré : une écotaxe sur les poids lourds.

Si elle refait son apparition, cette taxe se répercutera-t-elle sur les prix des marchandises transportées ? © Erich Westendarp/Pixabay
Si elle refait son apparition, cette taxe se répercutera-t-elle sur les prix des marchandises transportées ? © Erich Westendarp/Pixabay

« La région-capitale, une métropole-monde, ne peut fonctionner durablement avec un système de transport à deux vitesses. » Regrettant que les investissements en matière de transports ne se concentrent que sur « l’hyper-centre parisien et de la petite couronne », François Durovray s’est donc attelé à la rédaction d’un rapport s’intéressant à la mobilité sur l’ensemble du territoire d’Île-de-France, grande couronne comprise.

Président LR du conseil départemental de l’Essonne, il a donc rédigé – avec sept parlementaires essonniens, dont trois appartenant à la majorité, deux encartés LRM, un centriste et le candidat malheureux à la mairie de Paris, Cédric Villani – un texte recensant 46 projets ferroviaires ou routiers de transports en commun programmés mais jamais concrétisés par manque de moyens. Un travail produit, semble-t-il, après une demande informelle émanant du cabinet du ministre délégué chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Et qui agite surtout le spectre d’une écotaxe poids lourds, à deux jours de la présentation de la loi climat en Conseil des ministres.

Vers une nouvelle montée au créneau ?

Pour financer ce qui apparaît comme un « plan Marshall des mobilités », les huit élus régionaux ont notamment préconisé l’instauration d’une « écotaxe ciblant les poids lourds et les véhicules utilitaires légers ». Intégrant le « principe de pollueur-payeur », celle-ci « favoriserait un rééquilibrage des conditions de concurrence entre le fret routier et ferroviaire » tout en réhabilitant et modernisant le réseau autoroutier. Une contribution supplémentaire qui devrait aussi « généraliser la mise en place de voies express de transports collectifs le long des axes autoroutiers » mais qui risque de ne pas passer auprès des principaux intéressés.

L’idée d’une écotaxe n’est en effet pas nouvelle. Elle a fait son apparition en 2007, lors du Grenelle de l’Environnement, et son impopularité a connu son apogée en 2013, quand François Hollande a tenté de la mettre en place. Soulevant l’ire des « Bonnets rouges » en Bretagne, l’initiative a finalement été abandonnée trois mois plus tard… avant de refaire surface au bout de sept ans, dans un contexte de crise sanitaire et économique.

Malgré la révolte des routiers que l’écotaxe avait suscitée à l’époque, les auteurs du rapport sont donc convaincus que les portiques, qui existent encore, pourraient aujourd’hui servir et participer à l’entretien et au développement des infrastructures de transports. D’ailleurs, pour éviter la polémique née de la précédente écotaxe, qualifiée d’« échec avant tout politique, aussi bien sur le plan financier, industriel qu’environnemental », cette dernière devrait se voir renommer « contribution poids lourd ». Ce serait ensuite aux régions de décider, ou non, si elles désirent l’appliquer à leur échelle.

Mots clefs associés à cet article : CO2, Transport routier, Ecotaxe, Environnement

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