« L’écosystème de l’électromobilité est rentable aux Pays-Bas »

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Le président-directeur général d’EVBox, Kristof Vereenooghe, nous livre ses analyses sur le développement des véhicules électriques, en précisant que certains freins vont se lever en France, notamment l’équipement des copropriétés.

© Kristof Vereenooghe, CEO d'EVBox (DR)
© Kristof Vereenooghe, CEO d'EVBox (DR)

Questions à Kristof Vereenooghe, président-directeur général d’EVBox (infrastructures de charge) et d’Everon (logiciels, plateforme cloud…)

Que représente EVBox dans le monde actuellement sous l’angle des infrastructures ?
Nous avons implanté 150 000 points de charge dans le monde, dont 5 000 de charge rapide. Sur cet ensemble, nous assurons la gestion de 45 000 points de charge. Le groupe est aujourd’hui présent dans 70 pays.

Quels sont les principaux marchés de croissance dans les années à venir ?
Les marchés porteurs sont l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie, dont la Corée du Sud. En France, il y a encore un gros potentiel de développement et nous sommes bien positionnés, notamment grâce à Engie, un soutien de la première heure.

À l’heure où ils envisagent de se diversifier, considérez-vous les constructeurs comme des concurrents ?
Les constructeurs ne sont pas des concurrents et nous travaillons d’ailleurs main dans la main avec eux en marque blanche pour les questions relatives à la charge à domicile.

« Paris est un cimetière de bornes de recharge »

Pensez-vous que les flottes vont être un des principaux leviers de croissance pour le marché des VE ?
Effectivement, le segment des flottes sera un driver clé de la croissance à venir. Cela va encore être accentué par l’extension des zones zéro émission dans les grandes agglomérations. Dans une ville comme Amsterdam, c’est déjà le cas, et cela fonctionne pourtant très bien. Ce sera donc un mouvement général dont il ne faut pas avoir peur. Cela va aussi s’appliquer aux véhicules utilitaires pour toutes les problématiques liées aux derniers kilomètres. C’est positif pour la pollution urbaine et c’est aussi viable au niveau du TCO.

Est-il réaliste de vouloir déployer deux réseaux d’infrastructures, bornes de recharge et stations hydrogène, simultanément en Europe ?
Au premier chef, il ne faut pas opposer les deux solutions, qui s’orientent vers le but recherché, le « zéro émission ». À mes yeux, l’hydrogène a surtout des perspectives pour les industries qui perdent beaucoup d’énergie dans leur fonctionnement et dans les transports lourds, véhicules industriels, bateaux, etc. Pour les véhicules légers, qui prendront de surcroît de nouvelles formes en ville, je pense que la solution 100 % électrique est la plus indiquée.

Où situez-vous la France par rapport à des pays comme les Pays-Bas ou la Belgique, par exemple ?
Les Pays-Bas sont clairement les plus avancés des trois. Cela s’explique parce qu’il y a énormément de véhicules de fonction et par le fait que les pouvoirs publics ont été volontaires pour mettre en œuvre un réseau de bornes accessible. Le marché est arrivé à maturité et le business de la charge y est rentable, comme l’ensemble de l’écosystème de l’électromobilité. Une ville comme Amsterdam en est la meilleure illustration. En France, les perspectives de développement sont encore vastes, car du retard a été pris à cause de deux freins : l’inertie pour équiper les copropriétés et les approximations stratégiques sur le déploiement des bornes publiques. J’ai coutume de dire que Paris est un cimetière de bornes de recharge… La Belgique est entre les deux et a aussi un important potentiel devant elle.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Mobilité durable, Marché Flottes, Mobilités, Bornes de recharge

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