François Denis, directeur général d’Ubeeqo France : « L’année 2019 va être une année clé pour Ubeeqo »

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Filiale « auto-partage » d’Europcar Mobility Group, Ubeeqo s’apprête à monter en puissance grâce au service Mobilib’.

Depuis ce printemps, Ubeeqo déploie une nouvelle identité visuelle.
Depuis ce printemps, Ubeeqo déploie une nouvelle identité visuelle.

L’Automobile & L’Entreprise : Vous avez récemment été sélectionné par la Ville de Paris pour le service d’auto-partage Mobilib’. Pouvez-vous nous en dire plus ?

François Denis : La mairie de Paris a lancé un appel d’offres pour proposer un service d’auto-partage. Nous avons été sélectionnés avec trois autres opérateurs (ADA, Communauto et Drivy) pour occuper des places de stationnement en voirie. Nous avons récupéré la totalité des places équipées de bornes de l’appel d’offres (environ 750 places). Cela ne représente pas la totalité des bornes Autolib’, puisque la mairie de Paris a souhaité aussi qu’un certain nombre de ses bornes soient mises en libre-service pour que les personnes qui possèdent des voitures électriques puissent s’y recharger. Mais on peut dire que nous sommes le grand gagnant de cet appel d’offres dans la mesure où on gagne largement plus de places que les autres.

A&E : Comment va se passer la reprise des bornes Autolib’ ? Allez-vous mettre en place votre propre infrastructure ?

FD : Nous récupérons la concession d’un emplacement qui est équipé de bornes, avec la responsabilité de les refaire fonctionner. Mais nous ne garderons pas l’infrastucture Autolib’. Nous installerons de nouvelles bornes plus modernes, aux dernières normes, plus puissantes et équipées des bonnes prises.

A&E : Ubeeqo était jusqu’à présent un opérateur qui gérait essentiellement des véhicules thermiques. En remportant la totalité des places équipées de bornes et dédiées au service Mobilib’, votre flotte sera principalement rechargeable. Comment menez-vous ce véritable changement de paradigme ?

FD : Déjà, Europcar nous a permis de nous approvisionner en termes de véhicules de façon plus sereine que si nous avions été un acteur simple de l’auto-partage. Cela nous permet d’avoir de bons prix mais également les reins solides pour passer d’une flotte de 400 véhicules au début de l’année 2019 à 1 100 véhicules à la fin de l’année, dont 180 électriques purs et 533 hybrides rechargeables. La grande nouveauté, c’est que maintenant on va brancher nos véhicules. Sur la question des infrastructures, nous avons bien sûr fait appel à des experts externes. Mais c’est vrai que beaucoup de choses changent cette année, et nous sommes en ébullition pour faire face à ces changements.

A&E : La mairie de Paris avait lancé en 2016 le Service de véhicules partagés (SVP) pour stimuler l’auto-partage dans la capitale avec des places de stationnement dédiées et une identification spécifique. Zipcar, qui était l’opérateur qui avait remporté le plus de stationnements, a quitté Paris en début d’année. Selon vous, qu’est-ce qui fait que Mobilib’ réussira là où le SVP a échoué ?

FD : Le choix de Zipcar de quitter Paris pour se redéployer sur d’autres villes est une décision stratégique. Mais on ne peut pas dire que le SVP ait échoué. Les 38 véhicules que nous avions déployés sur les stationnements qui nous avaient été attribués tournent bien. En plus, ça nous a donné une visibilité très appréciable. C’est pour ça que, lorsque le nouvel appel d’offres est arrivé, nous y sommes allés franchement.

« Aujourd’hui le secteur de l’auto-partage est dans une phase d’investissement et a encore besoin d’être soutenu. »

A&E : Allez-vous revoir votre politique tarifaire avec Mobilib’ ?

FD : Nous n’allons pas changer fondamentalement notre grille tarifaire, dans la mesure où elle est aujourd’hui extrêmement attractive. Vous pouvez déjà louer un véhicule thermique à partir de 4 euros de l’heure, nous ne descendrons pas en dessous. En revanche, nous allons sûrement faire des adaptations concernant la location des véhicules totalement électriques.

A&E : Pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas, comment se décompose votre offre B to B ?

FD : Ubeeqo cible les entreprises à travers deux activités : l’activité de corporate carsharing, qui consiste à mettre en place en entreprise une flotte de véhicules partagés à travers un parcours digitalisé, et l’activité Ubeeqo for business, qui permet aux entreprises de louer nos véhicules disponibles en libre-service en région parisienne.

A&E : Quels sont vos arguments pour séduire les gestionnaires de flotte ?

FD : Il y a déjà notre parcours digitalisé, qui permet d’obtenir un véhicule en s’affranchissant des contraintes des loueurs conventionnels (horaires des agences, facturation centralisée, etc.). Pour les flottes internes, le ROI est assez évident avec une diminution substantielle de la flotte. Et il peut être optimisé en proposant aux collaborateurs de louer les véhicules le week-end, par exemple.

A&E : Est-ce rentable d’être un opérateur d’auto-partage ?

FD : Nous sommes aujourd’hui dans une situation où il faudrait brasser des volumes plus substantiels pour être rentable. Il faut atteindre une masse critique, mais il faut également avoir de la notoriété. L’année 2019 va être une année clé pour Ubeeqo en ce sens, puisque notre déploiement sur Mobilib’ va se traduire par une augmentation de notre flotte très importante et une visibilité accrue. Mais aujourd’hui le secteur de l’auto-partage est dans une phase d’investissement et a encore besoin d’être soutenu.

A&E : Trottinettes, vélos, voitures… Aujourd’hui, les acteurs fleurissent sur le marché de la mobilité urbaine. Pensez-vous que cette dynamique perdurera ?

FD : Ma vision, c’est que très certainement ce secteur ne fera pas exception à la règle et qu’il y aura des concentrations et des perdants. Nous sommes confiants sur ce sujet, car grâce à notre appartenance à Europcar Mobility Group nous pouvons envisager notre présence sur le long terme. Il y a également un autre phénomène, c’est la multiplication des acteurs qui regroupent différentes activités de mobilité. C’est aujourd’hui l’approche d’Europcar, qui cherche à être présent sur plusieurs marchés à travers des investissements un peu partout en Europe sur des secteurs très différents de son activité initiale, comme le scooter-partage.

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