L’Union européenne rechigne au financement public des voitures propres

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D’une part les pays de l’Union européenne sont plutôt réticents vis-à-vis du financement public des voitures propres. D’autre part, les ministres des Transports refusent de rendre 10 % des bornes de recharge obligatoirement accessibles au public. La nécessité de diversifier l’utilisation des carburants est largement partagée au sein de l’Union européenne. En janvier 2013, le commissaire européen au Transport, Sliim Kalaas, a proposé de multiplier par dix le nombre de stations de ravitaillement et de points de recharge pour les sources d’énergie alternatives comme l’électricité, l’hydrogène ou le gaz naturel. Cependant lors du Conseil des ministres des Transports, lundi 11 mars, plusieurs États se sont opposés aux financements publics pour la réalisation de ces objectifs d’ici à 2020. Ils refusent notamment de rendre obligatoire l’accès au public de 10 % des bornes de recharge. « Il est normal et naturel pour des États membres qui doivent augmenter leurs impôts de s’inquiéter aussi des coûts » a déclaré le ministre irlandais des Transports, Leo Varadkar, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Il a ajouté qu’il était aussi normal pour les États « de soulever des questions sur les calendriers éventuels et le nombre de bornes de recharge nécessaires… Des questions se posent également sur la technologie en constante évolution » a-t-il poursuivi. « Personne ne veut investir des montants importants alors que les technologies utilisées pourraient assez rapidement devenir obsolètes  » a-t-il enfin ajouté. La Commission propose une distance de 300 kilomètres maximum entre deux stations de ravitaillement pour les moteurs à hydrogène et de 400 kilomètres pour les gaz naturels liquéfiés (GNL) sur les grands axes de transport. De plus ces stations en GNL seraient installées dans 10 % des plus grands ports d’Europe. Une distance maximale de 150 kilomètres entre les stations de ravitaillement est aussi prévue pour les véhicules fonctionnant au gaz naturel comprimé (GNC). Cette distance rassurerait les conducteurs de ce type de véhicules (1 million). Pour les véhicules électriques, l’UE souhaite, dans la lignée des projets de production de voiture à faibles émissions de CO2 fixés par chaque État membre, augmenter drastiquement le nombre de recharges.
Ainsi, en France, le nombre de bornes de recharge devrait passer de 1 600 en 2012 à 970 000 en 2020. L’Allemagne passerait de 1937 à 1,5 million et le Royaume-Uni, de 703 à 1,22 million. Mais les chances d’atteindre ces objectifs d’ici à 2020 sont de plus en plus minces en dépit du constat commun de réduire la dépendance européenne vis-à-vis du pétrole*. Le maintien de la compétitivité européenne est aussi en jeu alors que les États-Unis, la Chine ou le Japon sont de plus en plus présents sur le marché des voitures propres.
« Je crois qu’il est évident que nous devons réexaminer les échéances fixées par la Commission, quitte à éventuellement ajuster les objectifs » a déclaré Marcella Smyth, lors de la conférence de presse de la présidence irlandaise. Toujours selon Mme Smyth, l’Irlande est sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs de transports propres « mais d’autres États estimaient les objectifs trop ambitieux. » Le commissaire Kalaas a précisé : « Nous n’envisageons pas la mise à disposition ou l’utilisation de grandes quantités de fonds publics pour ces propositions. » La majorité des 10 milliards d’euros nécessaires au projet devraient provenir du secteur du transport. Une taxe sur les ventes de carburant fossile est une piste à explorer. Pour rappel, d’ici à 2050, la stratégie de la Commission européenne prévoit de réduire d’au moins 60 % les émissions de carbone issues des transports par rapport aux niveaux de 1990. Mais selon Mme Archer « l’envol des voitures à très faible consommation de carbone ne sera pas sans un développement complémentaire des infrastructures de recharge ou de ravitaillement . » La présidence irlandaise a indiqué qu’elle publierait un rapport d’étape relatif aux transports propres d’ici à la fin du mois de juin.
* À noter que les transports sont en Europe dépendants à 94 % du pétrole (dont 84,3 % sont importés) et représentent 12 % des émissions de CO2.
Source : Euractiv.fr

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