« Karhoo a un rôle d’agrégateur de solutions de mobilités et de facilitateur »

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Questions à Edmund Read, directeur général de Karhoo.

Edmund Read, directeur général de Karhoo.
Edmund Read, directeur général de Karhoo.

L’Automobile & L’Entreprise : Pouvez-vous revenir sur la genèse de Karhoo et sur son positionnement dans l’écosystème des mobilités ?
Edmund Read :
Karhoo a été créée en 2017 en se positionnant comme une place de marché, initialement assez proche de Uber. L’application agrégeait déjà les offres de taxis, de VTC et comme certains nouveaux entrants, elle a connu une très forte croissance, une trop forte croissance en fait et elle a perdu l’équilibre. Rachetée par deux investisseurs français et Renault, elle a pu rebondir et assurer le financement de sa croissance. Son positionnement est exclusivement BtoB, ou BtoBtoC, et nous parvenons à faire dialoguer différentes plateformes pour proposer des transports à la demande. C’est un positionnement atypique, en marque blanche, qui nous différencie de Uber ou Freenow, qui sont très fragmentés dans leur réalité locale.

A&E : Comment se porte votre activité en France, sachant que la crise sanitaire a naturellement bousculé les équilibres du marché ?
ER :
Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur des partenariats très solides, avec la SNCF, avec booking.com, avec des opérateurs voyagistes et des assureurs-assisteurs de premier plan, comme IMA ou Fidelia par exemple. Dès lors, si la crise du coronavirus a naturellement perturbé l’activité, nous avions cette base robuste et nous avons pu accompagner la reprise depuis quelques mois. Notre valeur ajoutée se situe au niveau du « dispatch management system », avec notre expertise d’intégration et d’amélioration permanente.

A&E : Que vous apporte le fait d’appartenir au groupe Renault ?
ER :
En créant Mobilize, Renault a clairement affiché sa volonté d’être aux avant-postes des solutions de mobilités et nous faisons naturellement partie de cette vision. Une vision à long terme qui nous permet de nous projeter sur des perspectives de développement durable. Notre maîtrise technologique nous permet de nous adapter à différentes configurations sur différents marchés et nous sommes donc présents en Europe, mais aussi aux Etats-Unis depuis trois mois. Nous nouons aussi de nombreux partenariats avec des villes et des aéroports, plus de 170 à ce jour, y compris en Chine. Avec des équipes en Italie, en Espagne, en France, en Pologne et aux Etats-Unis, Karhoo a une dimension internationale et Mobilize est un point d’ancrage très fiable.

A&E : Au-delà des taxis et des VTC, quelles sont vos perspectives de développement ?
ER :
Sur notre cœur de cible, les taxis et les VTC, nous avons un rôle d’impulsion, puis de générateur de volume. C’est cet effet volume, parfaitement géré par nos outils technologiques, qui fait la différence. Par ailleurs, nous cherchons à nous ouvrir aux solutions de micromobilité, l’autopartage, les scooters partagés, les trottinettes, etc. On peut faire un parallèle avec la plateforme Amadeus, mais en tant que plateforme gestionnaire de mobilités.

A&E : Comment envisagez la transition énergétique et comment pouvez-vous la favoriser ?
ER :
Il nous revient de privilégier les solutions le plus écologiques ou d’aider nos partenaires à s’engager dans cette voie. L’électrification des véhicules constitue naturellement un levier d’action prioritaire et le mouvement est lancé sur de nombreux marchés.

A&E : Que répondez-vous à ceux qui pointent le fait que les entreprises de votre nature peinent à trouver la clé de la rentabilité ?
ER :
Nous sommes des entreprises jeunes qui évoluent dans de nouveaux secteurs. Il faut un peu de patience avant d’éprouver un business model. J’ai connu ça par le passé en travaillant pour des entreprises comme Skype ou Just-Eat, par exemple. Il y a deux choses à garder à l’esprit. D’une part, nous n’avons pas de flottes de véhicules, donc nos coûts fixes sont réduits. D’autre part, notre technologie nous permet de nous déployer très rapidement dans plusieurs configurations. Sans rentrer dans les détails techniques, c’est la force des API ouvertes et de notre mode SaaS.

A&E : Pour quelles raisons avez-vous réalisé des livres blancs à destination des flottes de taxis et de VTC ?
ER :
Nous constatons que certaines flottes ont peur de nous… Elles nous assimilent à Uber et pensent que nous allons capter leurs datas et faire pression sur les prix. Nous voulons donc expliquer ce que nous faisons vraiment, notre rôle d’agrégateur de solutions de mobilités et de facilitateur. Notre valeur ajoutée est avant tout technologique et nous connectons les taxis et les VTC aux clients. C’est ce principe d’intermédiation que nous devons mettre en avant pour rassurer ceux qui nous voient encore comme des prédateurs.

Mots clefs associés à cet article : Taxi, VTC, Karhoo, Interview

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