Hertz se déclare en faillite aux États-Unis et au Canada

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Sans surprise, le groupe Hertz n’a pas pu éviter de se placer sous le régime américain des faillites, le fameux « Chapter Eleven ». Pour l’heure, les activités européennes ne sont pas concernées.

Depuis le début de la crise, Hertz affirme avoir déjà licencié plus de la moitié de ses effectifs mondiaux. (© DR/The Hertz Corporation)
Depuis le début de la crise, Hertz affirme avoir déjà licencié plus de la moitié de ses effectifs mondiaux. (© DR/The Hertz Corporation)

Comme nous l’annoncions au début du mois de mai, Hertz n’a pas pu faire de miracle. Le loueur doit se résoudre à se placer sous le régime des faillites aux États-Unis et au Canada. En cause, la crise sanitaire du Covid-19 et les mesures de confinement prises presque simultanément dans de nombreux pays qui ont réduit quasi à néant l’activité du groupe. D’une manière générale, tous les loueurs de courte durée sont en souffrance (Enterprise, Avis Budget, Europcar, Sixt…). Les plates-formes de VTC, leurs nouveaux concurrents, sont aussi très chahutées comme en a témoigné le plan de licenciements (3 700 emplois) annoncé sans égards par Uber.

Le 5 mai 2020, à la suite d’un défaut de remboursement, Hertz avait obtenu un sursis jusqu’au 22 mai. Las, cela n’a pas suffi à boucler le financement, tâche d’autant plus ardue que la reprise de l’activité reste très incertaine dans ce secteur, dépendant notamment des aéroports et des gares. En outre, le principal problème du groupe Hertz réside dans l’ampleur de sa dette (17 milliards de dollars environ), ainsi que dans la taille de sa flotte (plus de 600 000 véhicules environ). Le groupe a été déficitaire au cours de quatre exercices ces six dernières années.

>> À lire aussi : Hertz dans la tourmente

Depuis le début de la crise, Hertz affirme avoir déjà licencié plus de la moitié de ses effectifs mondiaux : 20 000 collaborateurs, principalement en Amérique du Nord.
Paul Stone, nouveau président-directeur général de Hertz (Kathryn Marinello ayant été mise à l’écart il y a quelques semaines) reste confiant, estimant que « le recours au chapitre 11 va protéger la valeur des actifs du groupe tout en donnant le temps nécessaire à la mise en place d’une nouvelle base financière plus solide pour réussir à traverser cette pandémie et pour mieux nous positionner ». Rappelons que le Chapter Eleven est un dispositif qui permet à une entreprise de se restructurer à l’abri des créanciers.

Toutefois, depuis Lehman Brothers, chacun sait que nul n’est véritablement « to big to fail ». Plusieurs experts affirment cependant que les autorités américaines seront très vigilantes sur ce dossier, ainsi que sur le secteur de la LCD, afin de veiller à ne pas laisser certaines failles s’ouvrir dans l’ensemble du marché automobile. En effet, une cession chaotique et précipitée de grandes flottes aurait un lourd impact sur le marché du VO. Or la location de courte durée est un débouché à soigner pour les constructeurs américains, qui y réalisent une part significative de leurs ventes.

Mots clefs associés à cet article : Hertz, Économie, Location de courte durée (LCD), Coronavirus Covid-19

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