Gruau : le carrossier sous le coup d’une procédure de sauvegarde

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Le leader de la transformation de véhicules utilitaires a essuyé un revers de trésorerie qui l’a poussé à se placer en procédure de sauvegarde avant Noël.

La procédure de sauvegarde a pour but de donner un sursis à une entreprise afin de remettre de l’ordre dans ses comptes.
La procédure de sauvegarde a pour but de donner un sursis à une entreprise afin de remettre de l’ordre dans ses comptes.

L’année 2020 ne commence pas sous les meilleurs auspices pour l’entreprise familiale Gruau. Alors que le groupe industriel jouit de cent trente ans d’expérience et de savoir-faire dans le VU – anniversaire célébré en juillet dernier – , il doit aujourd’hui faire face à de récentes difficultés financières. Une situation qui a mené la société à solliciter son placement en procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Nantes, lundi 23 décembre.

Le maître-mot : sérénité

Sans aller jusqu’à la cessation de paiements, la procédure de sauvegarde a pour but de donner un sursis à une entreprise afin de remettre de l’ordre dans ses comptes. Cela débute par une période d’observation de six mois renouvelable, jusqu’à dix-huit mois maximum, durant laquelle deux administrateurs judiciaires sont nommés aux côtés de la direction. Cette mesure drastique mais nécessaire au maintien commercial de Gruau s’appliquera à l’ensemble des sociétés françaises et européennes du groupe, soit 1 600 salariés sur 21 sites.

Pas de quoi s’affoler cependant, tient à faire savoir la société. Qui rappelle dans une note que, « de manière pratique, le placement en sauvegarde ne change rien aux opérations ni à la qualité des prestations ». « Il y a une vraie sérénité au sein du groupe  », nous assure même un représentant de l’entreprise. Pour cause : cette mesure de protection financière n’engendrera aucune perte de salaire pour les collaborateurs de la firme.

« Deux événements imprévisibles »

Mais comment Gruau a-t-il pu en arriver à cette éventualité ? À cause de « deux événements imprévisibles », a indiqué une source proche du dossier à l’AFP. Le groupe a en effet subi la « brutale » révision à la baisse d’une commande d’un constructeur due à l’entrée en vigueur de la réglementation WLTP.

Un revirement avec de lourdes conséquences puisque, pour ce marché, Gruau avait réalisé des investissements structurels importants sur son site et siège social de Laval. Notamment l’installation d’une ligne de peinture coûtant 4 millions d’euros. Une déconvenue à laquelle s’est ajouté un ralentissement du marché export découlant de l’embargo américain. Et voilà le carrossier français qui en pâtit…

Toutefois, l’entreprise familiale se veut confiante pour l’avenir puisque son chiffre d’affaires devrait rester stable cette année (environ 280 millions d’euros) et qu’elle dispose toujours d’un solide carnet de commandes « prises, réalisées et livrées comme à l’accoutumée ». Preuve en est : en novembre, Gruau signait un accord de partenariat avec l’équipementier automobile slovaque Voltia visant à distribuer une version rehaussée du e-NV200, fourgon électrique de Nissan. On souhaite donc au leader de l’aménagement de VU de remonter la pente au plus vite afin de mener à bien son Projet 2022.

Mots clefs associés à cet article : Gruau, Véhicule utilitaire léger (VUL), Carrosserie, Aménagement de fourgon

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