Global Bioenergies veut relancer le biocarburant

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Avec ses carburants pouvant être obtenus à partir de sources renouvelables, l’entreprise française ambitionne de relancer la filière des biocarburants.

Il y a un tiers d'essence renouvelable dans cette Audi A4 non modifiée.
Il y a un tiers d'essence renouvelable dans cette Audi A4 non modifiée.

S’affranchir des énergies fossiles en utilisant des ressources céréalières, l’idée est séduisante. Mais les contraintes d’adaptation des moteurs essence et les confrontations avec la demande alimentaire ont fait mourir dans l’œuf ce qui s’annonçait comme la révolution du bioéthanol, du nom de cet agrocarburant. Or il se pourrait que les agrocarburants n’aient pas dit leur dernier mot…

Fondée en 2008, l’entreprise française Global Bioenergies fait partie des rares acteurs de cette industrie à adopter un positionnement qui pourrait bien changer la donne. Grâce à des procédés de fermentation sophistiqués, elle est en mesure de transformer des déchets agricoles en hydrocarbures. Mieux encore, les carburants obtenus peuvent être mélangés à un taux élevé à de l’essence et être utilisés sans adaptation du véhicule.

Sans entrer dans les détails, l’entreprise est ainsi parvenue à produire de l’isobutène, molécule clé de la combustion, à partir de glucose contenu dans des déchets agricoles comme de la mélasse de betterave, du bois résiduel ou de la paille. Cette molécule est ensuite combinée à d’autres éléments pour produire deux types de carburant : de l’hydrogène pour produire de l’isooctane ou de l’éthanol pour synthétiser de l’ETBE. Dans les deux cas, les solutions obtenues peuvent être mélangées à de l’essence tout en respectant la norme EN228 qui définit le carburant apte à l’utilisation dans les véhicules.

Première mondiale

Comme pour prouver que cette énergie n’est pas une chimère, Global Bioénergies a convié la presse le 5 avril dernier sur le circuit de Linas-Montlhéry pour une démonstration grandeur nature avec son partenaire Audi. Devant les caméras et les objectifs des photographes, un représentant de la société a versé un bidon de son carburant renouvelable dans un réservoir aux deux tiers plein de sans-plomb d’une Audi A4 non modifiée. Un détail qui a son importance puisque le bioéthanol ne peut pas être introduit à plus de 10 % dans un carburant sans que des modifications mécaniques soient nécessaires sur le véhicule. Global Bioénergies souhaitait ainsi prouver sa capacité à dépasser le « mur de mélange » en faisant rouler une voiture standard avec un carburant composé à environ 33 % d’essence renouvelable.

Cette première mondiale pose les ambitions de l’entreprise. Après plusieurs démonstrateurs, une unité de production d’une capacité de 30 000 à 50 000 tonnes devrait sortir de terre en France à l’horizon 2021. Il faut dire qu’avec des débouchés dans les transports automobiles mais aussi aériens, ainsi que dans l’industrie pétrochimique, le projet attire des partenaires financiers aussi variés que l’Ademe, qui cofinance le projet au travers des investissements d’avenir, et Cristal Union, une coopérative sucrière qui voit là une valorisation de ses déchets et excédents de production.

Mots clefs associés à cet article : Biocarburant

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