Gestion de flotte : quels outils pour quels usages ?

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Les acteurs affluent sur le marché des logiciels de gestion de flotte. Une offre florissante qui peut vite perdre les gestionnaires qui souhaitent s’équiper. Nos éclaircissements.

Gestion de flotte : quels outils pour quels usages ?

Auparavant proposés par quelques acteurs historiques, les logiciels de gestion de flotte font aujourd’hui partie de l’argumentaire de prestataires variés. S’il est difficile de trouver des chiffres témoignant de ce phénomène, l’actualité est en revanche assez riche sur ce sujet. Alors que 2017 avait été marquée par le lancement de deux solutions par des poids lourds du secteur des flottes – Total GR Analytics et Arval Total Fleet – et l’arrivée sur le marché de Chevin, un spécialiste britannique du logiciel de gestion de flotte, 2018 voit les acteurs de la télématique se positionner avec des plates-formes capables d’intégrer plus de données que les simples remontées des boîtiers. Suivideflotte.net, Waykonect sont autant d’exemples d’acteurs de la télématique qui ont intégré à leur vocabulaire commercial le logiciel de gestion de flotte. Sans compter les constructeurs, qui comptent bien exploiter la data remontant de leurs véhicules toujours plus connectés pour proposer de nouveaux services différenciants à leurs clients. C’est le cas de Renault avec ses services Pro + ou de Mercedes et ses solutions Pro Connect.

Il faut dire que le contexte se prête à une montée en puissance de ces outils. « Aujourd’hui à très court terme, tous les coûts de la flotte automobile vont augmenter : les valeurs résiduelles sur le diesel s’effondrent, celles sur l’essence ne montent pas, la fiscalité va exploser… Les gestionnaires ont plus que jamais besoin de maîtriser leurs coûts » affirme Laurent Hauducoeur, directeur commercial de Traxall, le nouveau nom d’ERCG. D’autant que les flottes utilisent encore peu ces outils. « On estime le taux d’équipement autour de 12 % en France. Bien entendu ces outils sont davantage déployés dans les grandes flottes. Mais, malgré tout, on est sur un taux d’équipement extrêmement bas. La marge de progression est donc considérable », poursuit Laurent Hauducoeur. Un constat partagé par Julien Rousseau, P-DG de suivideflotte.net. « Il y a un déficit d’équipement sur les flottes intermédiaires, celles qui forment l’entre-deux entre les grands comptes et les flottes gérées à la main sur Excel », confirme-t-il.

À cela, on peut ajouter l’évolution des modes de consommation. « C’est un sujet stratégique parce que tous les acteurs du secteur automobile vont voir leur business traditionnel évoluer profondément. Pour anticiper ces évolutions, ils essaient d’intégrer du service et de la valeur ajoutée à leurs offres » explique Maxime Sartorius, fondateur de Direct Fleet qui édite Fleetnote, une plate-forme web de gestion de flotte proposée en freemium (un socle de base gratuit mais des fonctionnalités avancées payantes).

Des solutions hétérogènes

Mais tous les outils se valent-ils ? Face à cette effervescence de l’offre, que reste-t-il aux outils des pure players ? Pour les différents acteurs, l’antagonisme des solutions n’est pas vraiment existant. « Loin de nous concurrencer, les télématiciens sont plutôt des partenaires pour nous. Ils ne proposent pas du tout les mêmes solutions que les nôtres » affirme Xavier Dunoyer de Segonzac, responsable marketing de l’éditeur GAC Technology.

Un point de vue partagé par le télématicien suivideflotte.net. « Nous n’avons pas la prétention de dire qu’on va concurrencer les éditeurs. Nous sommes là en intermédiaire en proposant une plus-value sur des parcs entre 50 et 500 véhicules », résume Julien Rousseau. Qui ajoute : « Nous avons des données pertinentes qui émanent des véhicules, notamment grâce à la dernière génération de boîtiers. Nous sommes capables de remonter du kilométrage réel, les prochaines maintenances du véhicule et toute la partie défauts. Nous venons alimenter la gestion de parc avec cette donnée fraîche. »

L’arrivée d’acteurs comme Total, Arval ou ALD ne semble pas non plus inquiéter les éditeurs. « Les acteurs qui proposent une solution de gestion à côté d’une prestation de base auront toujours des problèmes pour gérer la multiplicité des fournisseurs et la captivité de leurs clients », explicite Maxime Sartorius. « La plus grande capacité des solutions des éditeurs de logiciel, c’est de pouvoir gérer tous les loueurs et les prestataires » enchérit Laurent Hauducoeur.

Et demain ?

Malgré ce leadership assumé, les éditeurs prennent garde de ne pas se reposer sur leurs acquis. Leur principale arme reste l’innovation. « Le gros sujet en ce moment, c’est la donnée. À travers nos outils, on s’est retrouvé avec des millions de données et on a voulu aller plus loin grâce à l’intelligence artificielle. Elle va nous permettre de faire de l’automatisation » explique Xavier Dunoyer de Segonzac. Il détaille : « Par exemple, dans l’application mobile que nous nous apprêtons à sortir il y aura un chatbot. Ce système auto-apprenant va se nourrir de toutes les questions pour pouvoir alimenter les réponses derrière. L’idée c’est d’autonomiser la relation entre le conducteur et le gestionnaire. Par exemple, un collaborateur qui aura besoin de changer de pneus pourra poser la question et se verra indiquer la marche à suivre sans que le temps du gestionnaire ait été mobilisé ».

Chez Traxall, c’est l’évolution des mobilités qui sera le prochain axe de réflexion. « Les responsables de parc ont un socle de fonctions liées à la mobilité des collaborateurs. À côté de ça, on sent qu’il y a une demande croissante sur les différents modes de mobilité. Demain, le gestionnaire voudra avoir dans un même outil pas exclusivement les véhicules mais également tout ce qui peut être auto-partage et mobilité alternative » prédit Laurent Hauducoeur.

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