François Bayrou et l’automobile d’entreprise

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L’Automobile & L’Entreprise se devait d’interroger un certain nombre de candidats à l’élection présidentielle de 2012 sur les thèmes de l’automobile en général et en entreprise, de la préservation de l’environnement et de la sécurité routière en entreprise. Nous vous livrons ici le compte-rendu de notre deuxième rencontre, avec François Bayrou cette fois. À suivre naturellement pour les autres candidats !

Politique vis-à-vis du secteur de l’automobile (industrie, recherche & développement, plan(s) de soutien ou non, emploi, délocalisations…) ?
Le secteur automobile, c’est plus d’un million de personnes, au moins 1 % du PIB et 15 % de la R&D. C’est dire son importance stratégique pour toute notre économie. C’est dire aussi si les pouvoirs publics ne peuvent se désintéresser de son avenir. Il faut donc conforter cette industrie, non pas avec des mesures “ coup de pouce ” à court terme et à effet d’aubaine réduit, mais par le biais d’une politique de vision qui favorise l’innovation et la recherche, et une politique de réarmement de la production française car nous perdons chaque jour des parts de marché précieuses.

Un seul exemple : en 2005, Volkswagen et Renault fabriquaient le même nombre de voitures en France et en Allemagne, soit 1 200 000 voitures à l’époque. Il n’y a pas longtemps, il y a sept ans. Cette année, Renault a baissé sa production en France de 1 200 000 à 440 000 véhicules, et Volkswagen a augmenté sa production en Allemagne de 1 200 000 à 2 100 000 véhicules. 2 100 000 pour les uns, 440 000 pour les autres ! C’est à cela qu’il faut s’attaquer, et je proposerai deux choses : un label “ fabriqué en France ”, qui indiquera la part du produit provenant de notre sol afin de revaloriser notre image de marque nationale ; une loi d’orientation pour la recherche dont une des priorités sera la voiture propre.

Fiscalité (notamment celle concernant les véhicules d’entreprises : TVS, récupération partielle de la TVA sur les véhicules personnels comme en Allemagne… et taxes “aménagées” sur les véhicules fonctionnant avec des carburants alternatifs (GPL, GNV, E85), idem que pour les électriques et les hybrides) ?
Vous posez là des questions importantes, notamment la question de la convergence fiscale entre l’Allemagne et la France, pour ce qui concerne par exemple les véhicules les moins polluants. Car la fiscalité incitative a évidemment un rôle dans les décisions stratégiques de production. C’est évidemment nécessaire. Mais le plus urgent, c’est de parer au risque mortel pour notre pays que sont la dette et les déficits.

Le prix des carburants, la TIPP (flottante ou pas)…
Le prix du carburant a un impact significatif sur le pouvoir d’achat des Français. Si lorsque les prix du pétrole augmentent, cela est reflété sur les prix à la pompe pour le consommateur, alors il faut que cette répercussion ait lieu aussi dans les périodes de baisse des prix.

Sécurité routière ?
• Promotion d’actions de sensibilisation et de formation pré et post-permis :
Les efforts de sensibilisation devraient être accrus en particulier en matière d’alcoolémie, qui reste encore la première cause de mortalité au volant, ainsi que sur l’usage du téléphone portable.
• Poursuite de la répression routière : Il s’agit pour moi de tout faire pour réduire le nombre de morts et de blessés sur la route. Ce n’est pas une question de statistiques, c’est question de vies et de familles détruites.
• Poursuite du développement des radars (automatiques ou non) : les radars fixes ont permis de baisser le nombre très significatif des excès de vitesse, à l’origine d’un très grand nombre d’accidents. Mais je suis aussi très favorable aux radars pédagogiques. Les radars-tronçons et les indicateurs de vitesse devraient être développés.

Maintien d’objectifs chiffrés pour les forces de l’ordre ?
La culture du chiffre, cela ne veut pas dire grand-chose. Je crois que nous devons avoir une politique de sécurité routière adaptée aux territoires, avec la prise en compte par les forces de l’ordre d’une cartographie des risques.

Poursuite de la délégation de fonctions répressives à des entreprises privées (radars automatiques, stationnement, amendes) ?
Un apport significatif viendra surtout des progrès de la technologie, qui incluent une généralisation des systèmes anti-démarrage en cas d’alcoolémie excessive, mais aussi des systèmes d’aide à la conduite et au respect de la réglementation.

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