Faut-il s’inquiéter pour Nissan ?

Publié le par

Nissan a présenté de mauvais résultats trimestriels et se trouve contraint à un deuxième profit warning pour l’exercice fiscal. Le mal semble profond, ce que ne dément même pas la nouvelle direction.

Nissan lance un plan d'économies drastique à l'échelle du groupe, afin de maintenir les nécessaires investissements sur les technologies du futur. (© Nissan)
Nissan lance un plan d'économies drastique à l'échelle du groupe, afin de maintenir les nécessaires investissements sur les technologies du futur. (© Nissan)

Après des années fastes, qui avaient notamment permis à l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi de devenir le premier groupe automobile mondial en volume, devant Volkswagen et Toyota, Nissan est entré dans une spirale négative et ne parvient pas à en sortir. Le groupe vient de présenter de mauvais résultats commerciaux pour le troisième trimestre de son exercice fiscal 2019-2020. Au plan commercial, les volumes de ventes sont en baisse sur tous les grands marchés (Japon, Chine, Europe et Etats-Unis). La traduction financière est immédiate et le constructeur affiche une perte nette de 218 millions d’euros sur le troisième trimestre fiscal. Le free cash flow est aussi passé dans le rouge.

Nissan perd du terrain sur tous les grands marchés

JPEG - 4 Mo
Makoto Uchida, CEO de Nissan, reconnaît que la situation commerciale et financière de Nissan s’est dégradée avec plus d’ampleur que prévu.

Sur les neuf premiers mois de l’année (soit du 1er avril au 31 décembre), Nissan affiche une piteuse marge opérationnelle de 0,7 %, tandis que le bénéfice net n’est que de 320 millions d’euros. Sur la même période, les ventes de Nissan ont enregistré un net repli de 8,1 % (3,7 millions de véhicules), aucun marché important n’échappant à la règle : - 9,1 % aux Etats-Unis (980 000 d’immatriculations), - 6,9 % au Japon (381 000) et - 16,2 % en Europe (395 000). Sur les autres marchés, la baisse est de 11,5 % (547 000), et en Chine (où les calculs s’opèrent sur une base calendaire et non fiscale), la stabilité est de mise, mais sur un marché baissier. La Chine est le premier marché de Nissan en volume, mais l’affaire du coronavirus pourrait compliquer les choses, dans la mesure où plusieurs usines sont encore à l’arrêt.

Le taux de distribution le plus faible depuis la grande crise !

Dans ce contexte, Nissan révise donc une deuxième fois ses prévisions annuelles à la baisse, avec en point d’orgue, un résultat opérationnel quasiment divisé par deux (- 43,3 %) ! Les actionnaires sont prévenus que le dividende sera très bas, revenant au niveau de la grande crise. Les perspectives commerciales sont moins sombres et le groupe table sur 5,05 millions de ventes sur l’année, soit une dégradation de 3,6 % par rapport à ses objectifs de novembre.

Une restructuration à la hache

Ce recul simultané sur l’ensemble des marchés et la révision sévère des résultats attendus tendent à démontrer que Nissan fait face à un problème structurel. Makoto Uchida, le nouveau président-directeur général de Nissan, ne se dérobe pas : « Notre performance s’est dégradée, plus encore que ce que nous avions anticipé. Il faut prendre des mesures pour pouvoir continuer à investir sur l’avenir ». Pour de nombreux observateurs, Nissan paye la facture d’une mauvaise gestion industrielle, d’un plan produits discutable ou encore d’une baisse de la qualité. Le groupe mène d’ailleurs une supervision de ses sites industriels, incluant une remise à niveau des usines sous exploitées. Reuters évoque même la fermeture actée de deux usines d’envergure. Dans le même temps, la gamme est passée au crible et 10 % des modèles vont disparaître, tandis que la marque Datsun va cesser ses activités en Indonésie. Les investissements et les différents programmes vont aussi être réexaminés. Nissan confirme par ailleurs son plan de restructuration massif portant sur 12 500 suppressions d’emplois dans le monde. Selon Reuters, 4 300 emplois supplémentaires pourraient disparaître. L’une des priorités sera de remettre à flots les activités aux Etats-Unis (politique plus stricte sur les stocks, les remises, etc.), un marché où les marges étaient auparavant généreuses. Autant d’efforts qui doivent permettre de ne pas amputer les nécessaires investissements sur les technologies d’avenir, notamment l’électrification. Makoto Uchida dévoilera un nouveau plan d’entreprise en mai 2020, histoire de tenter de rassurer les places de marché et de tourner la page Carlos Ghosn, l’affaire ayant réellement nui à l’efficacité de la gouvernance de Nissan, aux dires de plusieurs experts.

JPEG - 2.8 Mo
Le marché américain constitue l’une des priorités de Nissan, qui y réalisait auparavant d’importantes marges.

Mots clefs associés à cet article : Infiniti, Nissan, Berline, Pick-up, SUV, Économie, Véhicule électrifié , énergies alternatives

Voir aussi :

A la une
Suivez-nous RSS Twitter Linkedin
Newsletter
Recherche
NOS EVENEMENTS
    Guide Fiscal 2019

    Le guide de la fiscalité des véhicules d’entreprises, édition 2019, est l’outil indispensable.

    Guide Fiscal 2019
    COMMANDER