FMMC : La télématique au service de la gestion de parc

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Dans le strict respect des règles sanitaires en vigueur, L’Automobile & L’Entreprise a eu le plaisir d’organiser, début juillet, la dernière rencontre de la saison du Fleet & Mobility Managers Club dans un format présentiel pour appréhender l’attractivité des solutions de télématique pour les gestionnaires de parc. Si les gains attendus peuvent être nombreux et significatifs, tous les spécialistes s’accordent sur l’importance clé de l’étape préparatoire de l’expression de besoins.

Dans le strict respect des règles sanitaires, retour en présentiel avec une belle assemblée pour cette dernière édition de la saison du FMMC. (© Alexis Goudeau / A&E)
Dans le strict respect des règles sanitaires, retour en présentiel avec une belle assemblée pour cette dernière édition de la saison du FMMC. (© Alexis Goudeau / A&E)

Le sujet de la télématique revient régulièrement au premier plan lorsqu’il est question de l’évolution de la gestion de flotte, mais force est de reconnaître que ces produits peinent encore à s’imposer dans les choix des gestionnaires de parc. Le marché français est même connu pour être un des plus frileux si on le compare à ses principaux voisins européens, le Royaume-Uni ayant par exemple allègrement franchi le pas.

Si on se réfère à une étude récente (2020) de l’Arval Mobility Observatory et de Kantar, on constate que seulement 28 % des entreprises françaises ont adopté une solution de télématique, contre 33 % en moyenne en Europe. Le décrochage est davantage marqué au sein des entreprises dont la flotte comprend au moins un véhicule utilitaire léger (19 % contre 28 % en Europe). Les différences se creusent aussi en fonction de la taille des entreprises : les entreprises de 10 à 99 salariés sont 21 % à recourir à la télématique, contre 31 % en Europe, alors que pour les entreprises de 1 000 employés et plus, la différence entre la France et l’Europe s’établit à 15 points (35 % à rapporter à 50 %).

Le principal frein au déploiement de ces solutions au sein des flottes françaises reste un sentiment d’intrusion, souvent mal perçu par les salariés. « En France, c’est une réserve culturelle, comme on le vérifie aussi à propos de la vidéosurveillance », résume Cécile Vernudachi.

Dissocier télématique et géolocalisation

Toutefois, cette peur du flicage, pour employer un terme un brin familier mais qui résume bien la situation, peut être contournée et c’est à ce stade qu’intervient le rôle névralgique de la préparation d’un projet de télématique au sein d’une entreprise. « Chaque décideur doit définir son réel besoin d’opter pour une solution de télématique, car cela peut être choisi pour de mauvaises raisons. Ce n’est pas l’outil de gestion de parc, c’est une brique de cet ensemble. La direction doit s’impliquer, en étroite concertation avec le personnel, pour établir une cartographie des tâches, un audit qualitatif, qui permettront de définir les bons objectifs à atteindre », détaille Yann Guillaud.

De gauche à droite : Yann Guillaud, Cécile Vernudachi, Mathieu Charpentier et Laurent Verdier.(© Alexis Goudeau / A&E)
De gauche à droite : Yann Guillaud, Cécile Vernudachi, Mathieu Charpentier et Laurent Verdier.(© Alexis Goudeau / A&E)

Laurent Verdier précise qu’il ne faut pas assimiler télématique à géolocalisation et que les solutions d’Océan sont souvent déployées sans géolocalisation. En rappelant aussi que le sujet est encadré par des lois et qu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. Mathieu Charpentier explique d’ailleurs que chez JC Decaux, pionnier de la télématique, adoptée depuis 24 ans, c’est une offre sans géolocalisation qui a été retenue, sauf pour le cas des Cyclocity. La télématique est utilisée sur les véhicules de service, mais pas encore sur les véhicules de fonction.

À propos de cadre légal, Cécile Vernudachi précise que l’ancien régime de la CNIL, NS 51, a été remplacé par le RGPD : « Il faut réaliser une analyse d’impact sur les salariés, ce qui peut être confié au délégué à la protection des données, en lien avec les représentants du personnel. Une fois dressée la cartographie des risques il faut envisager les mesures associées et l’employeur doit bien informer les collaborateurs des droits d’accès, de rectification, etc. Si la démarche est concertée et rigoureuse, il n’y a rien d’insurmontable et il faut savoir que la CNIL propose un logiciel gratuit aux entreprises pour ce processus ».

Les gains attendus des solutions télématiques

Comme le soulignent de concert Laurent Verdier et Mathieu Charpentier, l’outil télématique doit être adapté à des cas d’usage et n’a rien d’un monolithe : « C’est comme avec Excel, vous n’utilisez jamais toute la solution, mais les fonctions dont vous avez besoin pour atteindre des objectifs définis ». Parmi les gains attendus, le volet financier est intéressant, avec une réduction du poste budgétaire « carburants », des gains de productivité et des économies de charges, notamment via le passage aux AEN au réel. Mathieu Charpentier certifie que les apports de la télématique sont mesurables et qu’il est aujourd’hui difficile d’envisager de faire marche arrière chez JC Decaux.

En outre, tous nos experts s’accordent pour dire que les solutions de télématique peuvent aider à piloter le verdissement des flottes, à l’agenda de toutes les entreprises, y compris les « petites », non visées par le cadre des quotas, mais concernées par les ZFE-m. En l’espèce, c’est le choix des données à exploiter qui permet de guider ses choix et d’affiner ses actions. Un point important car nos experts soulignent qu’il faut savoir filtrer pour ne pas se noyer dans les flux de datas et conserver une démarche constructive, basée sur des usages et focalisée sur des cibles.

C’est ce que retient Yann Guillaud en concluant sur le caractère évolutif de la télématique qui doit accompagner la stratégie de gestion de flotte. Il milite d’ailleurs volontiers pour des offres plus modulaires et flexibles en prévenant que le coût des solutions de télématique n’est pas neutre : « il faudrait dépoussiérer les offres du marché et tendre vers des abonnements plus évolutifs. En effet, entre le matériel et les frais de gestion, vous arrivez rapidement à 30 euros par mois, a minima. Sans parler des prestations des loueurs ou des fleeters. Il serait plus intéressant d’avoir des offres plus finement segmentées, avec un coût d’abonnement variable selon les besoins réels des gestionnaires de parc ». Un degré de maturité qui devrait être prochainement atteint, car l’essor des véhicules connectés devrait bénéficier à une plus large diffusion de la télématique en France et sous l’effet d’une concurrence plus aiguisée, les packages se feront plus précis et flexibles.

Mots clefs associés à cet article : Géolocalisation, Télématique embarquée, Club, Fleet & Mobility Managers Club

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