Europe : les émissions de CO2 à leur plus haut niveau depuis 2014

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En augmentation pour la troisième année consécutive, le taux de rejet de CO2 des véhicules neufs européens a atteint un pic en 2019. Selon les données de Jato Dynamics, il faut remonter à six ans pour trouver des résultats aussi élevés.

Si les choix des acheteurs s’avèrent déterminants dans la propreté du marché automobile européen, l’implication des constructeurs ne l’est pas moins. © Crédit European Union
Si les choix des acheteurs s’avèrent déterminants dans la propreté du marché automobile européen, l’implication des constructeurs ne l’est pas moins. © Crédit European Union

Alors que ce jeudi 5 mars s’inscrit comme le jour où la France a épuisé son quota d’émission de gaz à effet de serre pour l’année, l’organisme Jato Dynamics nous apprend une autre nouvelle peu réjouissant pour la planète. En plus de ce « découvert climatique », on s’aperçoit que les mesures prises par les instances gouvernementales n’ont en effet pas réussi à endiguer un autre phénomène environnemental préoccupant. Celui qui atteste que la production de CO2 par l’industrie automobile continue de progresser d’année en année.

Le Portugal sort triomphal, la Grèce s’enlise et la France stagne

En 2019, les émissions moyennes pondérées en volume de CO2 pour les 23 grands marchés européens correspondaient à 121,8 g/km (sous le régime NEDC). Un chiffre qui n’avait pas été égalé depuis 2014 et ses 123,3 g de CO2/km. Il fallait cependant s’attendre à ce triste retour en arrière puisque, après avoir connu une baisse entre 2014 et 2016 (où les taux d’émissions étaient tombés à 117,8 g/km), la part de rejet de CO2 des véhicules neufs européens ne cessait de croître.

Cette percée se révèle, qui plus est, soutenue par quatre des cinq principaux marchés européens. L’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne affichent en effet des moyennes plus élevées en 2019 qu’en 2018, allant de 0,8 g/km supplémentaire pour nos voisins germains à 3,0 g/km pour nos amis transalpins. La France, elle, parvient à rester dans le vert de justesse en enregistrant 0,9 g de CO2/km en moins. Tandis que la Grèce, à l’inverse du Portugal qui signe la plus forte réduction de ses émissions avec 22 g de moins sur la balance, se montre particulièrement gourmande. Nos concitoyens hellènes sont ainsi passés de 111,4 g de CO2/km à 116, soit une plus-value de 4,6 g.

L’influence du mix énergétique sur les résultats

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Si, malgré une réglementation punitive à l’encontre du diesel, l’Europe peine à stopper la fuite par le haut de son CO2 c’est que cela est « dû à l’incitation de conduire des véhicules essence à émissions de CO2 plus élevées », avance l’organisme Jato. Une idée appuyée par l’analyste Felipe Munoz, pour qui « comme prévu, la combinaison de moins d’immatriculations de diesel et de plus de SUV a continué d’avoir un impact sur les émissions. »

De même, le nombre de VE en circulation en Europe se révèle encore trop marginale pour renverser la courbe montante des émissions de CO2. Certes, En 2019, 1,28 million de véhicules électrifiés a été immatriculé sur les marchés de l’Europe des 23. Rapporté à un volume global de 15,75 millions d’unités (pour l’Europe des 27), c’est même la meilleure performance depuis 2007. Néanmoins, le mix énergétique ne semble pas encore assez diversifié entre diesel et voitures électriques pures pour compenser cette tendance haussière. Contrairement à celui constaté au sein des parcs automobiles de la Suède ou des Pays-Bas. Qui, eux, ont enregistré d’importantes améliorations de leurs niveaux d’émissions de CO2.

« Ces résultats soulignent davantage la nécessité pour l’industrie d’adopter des véhicules électriques à un rythme rapide pour atteindre les objectifs d’émissions », souligne Felipe Munoz. Avant toutefois d’ajouter, un brin pessimiste : « Nous ne prévoyons aucun changement à cette tendance à moyen terme. »

Toyota toujours premier de la classe, BMW et Opel méritent des encouragements

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Si les choix des acheteurs s’avèrent déterminants dans la propreté du marché automobile européen, l’implication des constructeurs ne l’est pas moins. Engagé à proposer des véhicules à faibles émissions, le japonais Toyota conserve donc sa pole position dans le top 20 des marques les plus vendues. Toyota a également connu la plus forte baisse (- 2,3 g/km) depuis 2018, suivi par le français Citroën (- 1,7 g/km). Pour Felipe Munoz, le cas Toyota apparaît d’ailleurs pertinent puisque le constructeur « n’offre pas de voitures 100 % électriques » dans sa gamme mais est « toujours en avance sur ses homologues européens qui ont plus de plans d’électrification que de produits réels. »

Au regard de ses observations, Jato Dynamics nous donne cependant une raison d’espérer que les marques concrétiseront leurs projets de verdissement lorsque l’on voit les efforts fournis par Opel et BMW. Ces derniers ont en effet su réviser leur notes et perdus chacun plus d’un gramme d’émission de CO2. Un bon point pour le labeur mais peut encore mieux faire. D’autant que l’industrie automobile aura à surmonter bien d’autres défis majeurs cette année, tels qu’un repli des ventes et l’imposition de malus plus coercitifs.

Mots clefs associés à cet article : Diesel, Véhicule électrique, CO2, Pollution, Marché France, Marché Europe, Véhicule neuf (VN), Environnement

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