Europcar sauvé par l’État français

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Europcar Mobility Group a finalisé 307 millions d’euros de nouveaux financements pour consolider ses liquidités et survivre à la crise. Les négociations ont été âpres pour obtenir 220 millions d’euros auprès d’un pool de banques, un prêt garanti à 90 % par l’État français.

Les soutiens financiers d'Europcar sont internationaux. (DR / Europcar Mobility Group)
Les soutiens financiers d'Europcar sont internationaux. (DR / Europcar Mobility Group)

Après Fnac-Darty et Air France, Europcar est donc le troisième grand groupe à avoir obtenu un prêt bancaire garanti par l’État français. Par voie de communiqué, Europcar Mobility Group annonce « la mise en place d’un plan de financement, destiné non seulement à sécuriser ses liquidités pour faire face à la crise liée à la pandémie de Covid-19, mais aussi à répondre aux besoins anticipés de financement de sa flotte et aux besoins du groupe pour un redémarrage rapide de ses activités ».

Puis de détailler le montage : « Tout d’abord, un emprunt de 220 millions d’euros, signé avec les principales banques françaises et internationales du groupe, bénéficiant d’une garantie de l’État français à 90 % via Bpifrance (“ Prêt Garanti par l’État ”). Par ailleurs, de nouvelles lignes de financement pour les filiales espagnoles du groupe (Europcar Espagne et Goldcar Espagne), d’un montant total de 67,25 millions d’euros, signées ces deux dernières semaines avec Bankia et BBVA, bénéficiant d’une garantie de 70 % de l’État espagnol. Enfin, une tranche supplémentaire de RCF de 20 millions d’euros (pour porter cette ligne de financement de 650 à 670 millions d’euros), mise en place par des banques françaises ; celles-ci ayant obtenu une garantie d’Eurazeo par le biais d’une sous-participation en risque. »

Un doute plane sur les emplois

Le financement garanti par l’État français a une durée initiale d’un an, avec une option d’extension jusqu’à cinq ans (mai 2026). Il s’accompagne de deux conditions principales : pas de paiement de dividendes en 2020 et 2021 et une réduction significative de l’endettement net du groupe. Aucune condition relative à la sauvegarde des emplois n’est stipulée (le groupe emploie 12 000 personnes).

Incertitudes sur la reprise de l’activité

« Tous ces nouveaux financements, en complément des financements existants, ont été structurés en tenant compte de la situation actuelle de la pandémie afin de permettre au groupe de faire face aux impacts significatifs que celui-ci subit sur son activité, résultant des mesures de confinement et de restrictions de voyage partout où le groupe opère, et de permettre également une reprise progressive des activités après la crise du Covid-19 », précise le communiqué. Avant d’ajouter : « Le groupe est toujours en négociation dans d’autres pays dans lesquels il opère, en vue d’éventuels prêts avec garantie d’État, pour renforcer ses liquidités dans le cadre global de ses financements. »
Bank of America Merrill Lynch International, Banque européenne du Crédit Mutuel, BNP Paribas, Crédit Agricole Corporate and Investment Bank, Crédit du Nord, Crédit Industriel et Commercial, Deutsche Bank Luxembourg S.A., Goldman Sachs Bank Europe SE, HSBC France, ING Bank N.V. (French branch), Natixis et Société Générale sont intervenues en tant que banques prêteuses.

Rothschild & Co, Darrois Villey Maillot Brochier et Gide sont intervenus en qualité de conseils d’Europcar Mobility Group et White and Case comme conseil des banques.
Précisons que le groupe était en difficulté avant la crise du Covid-19, et on peut rappeler que le titre a perdu plus de 60 % de sa valeur depuis le début de l’année.

Mots clefs associés à cet article : Europcar, LCD, Économie, Aéroport, Gare, Coronavirus Covid-19

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