Europcar au bord de la faillite

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L’Etat français orchestre un plan de sauvetage du loueur Europcar Mobility Group, déjà fragilisé avant la crise du coronavirus. Des négociations sont en cours avec plusieurs banques et Eurazeo, actionnaire de référence.

Depuis son entrée en Bourse en 2015, le titre d’Europcar a perdu plus de 70 % de sa valeur. (DR / Europcar Mobility Group)
Depuis son entrée en Bourse en 2015, le titre d’Europcar a perdu plus de 70 % de sa valeur. (DR / Europcar Mobility Group)

Derrière un chiffre d’affaires en légère progression, les résultats financiers 2019 d’Europcar Mobility Group n’étaient pas immaculés, comme en témoignaient certains indicateurs : dette de 880 millions d’euros, résultat net dégradé de 35 % entre 2019 et 2018, taux d’utilisation de la flotte de 76 %. Caroline Parot, présidente directrice générale d’Europcar, avait d’ailleurs revu les prévisions 2020 à la baisse. La crise du coronavirus, qui rime à un arrêt total de l’activité pour les loueurs, aura fait le reste. Fin mars, Moody’s avait déjà dégradé la note d’Europcar et le 7 avril 2020, des mouvements d’échanges anormaux avaient été identifiés autour du titre. Dans la foulée, Le Monde révélait que qu’Europcar Mobility Group négociait, avec le soutien de l’Etat, un plan de sauvetage, afin d’éviter la liquidation.

Caroline Parot, CEO d'Europcar. (DR / Europcar Mobility Group)
Caroline Parot, CEO d’Europcar. (DR / Europcar Mobility Group)

Un montage complexe

Appuyé par le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), entité rattachée à Bercy soutenant les grandes entreprises en difficulté, Europcar négocie actuellement un prêt de liquidités de 223 millions d’euros auprès d’un pool de banques. Un accord pourrait être trouvé dans les prochains jours, mais on imagine aisément que les négociations sont tendues, surtout que l’actionnariat d’Europcar est éclaté et disparate.
Au total, 16 banques internationales sont susceptibles d’intervenir dans le tour de table, dont les principaux grands établissements français et l’Etat n’y est pas étranger. Frileuses en dépit de la garantie publique de BpiFrance à hauteur de 90 % du montant prêté, les banques « rechignaient à prendre le risque sur les 10 % restants », selon Le Monde. De son côté, l’actionnaire principal, Eurazeo, qui détient 29,9 % du capital serait disposé à faire sa part pour peu que toutes les parties prenantes fassent la leur. Rappelons qu’en fin d’année dernière, Eurazeo avait déclaré vouloir sortir du capital d’Europcar Mobility Group, n’excluant de céder sa participation entièrement.

12 000 emplois en jeu

« L’idée, c’est de traverser cette crise violente au mieux en se mettant en mesure de préserver l’intégrité de nos périmètres et l’emploi », a déclaré un porte-parole d’Europcar en attendant une communication officielle. Europcar opère dans plus de 140 pays avec une flotte de plus de 330 000 véhicules et compte plus de 12 000 employés.
Le 23 mars 2020, le groupe avait lancé un warning, voyant son activité stoppée sur tous les grands marchés mondiaux, et annoncé la mise en œuvre d’un « plan extraordinaire de réduction des coûts et de préservation des liquidités ». Cela n’aura pas suffi, car la structure financière du groupe était trop affaiblie, notamment ses périmètres de crédits.

Mots clefs associés à cet article : Europcar, Banque, LCD, Flotte, Économie, Nouvelles mobilités, Coronavirus Covid-19

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