« Être souple dans son catalogue et sa car policy pour absorber les soubresauts du marché »

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Expert de la gestion de flotte depuis plus de trente ans, Yann Guillaud accompagne les entreprises dans l’optimisation de leur parc automobile. Alors que le secteur fait face à plusieurs bouleversements (WLTP, transition énergétique, restrictions et nouvelles dispositions réglementaires), il partage ses plus précieux conseils.

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Yann Guillaud,expert de la gestion de flotte, associé du cabinet Euklead.
L’Automobile & L’Entreprise : Pouvez-vous nous présenter Euklead ?
Yann Guillaud :
Euklead est un réseau national constitué d’un peu plus de trente associés spécialistes. Le cabinet travaille à l’optimisation des coûts au niveau des frais généraux : les frais bancaires, l’assurance, les déchets, les charges sociales et bien sûr la flotte automobile.

A&E  : Quel service proposez-vous aux entreprises pour la gestion de flotte ?
YG :
L’analyse du poste flotte automobile est une affaire de sur mesure. Nous prenons le temps de comprendre les besoins de nos clients, de réaliser un audit détaillé du parc automobile et d’analyser les modes de gestion. Nous élaborons avec eux leur car policy, leur catalogue de véhicules, un mode de gestion et étudions leur politique de déplacements dans son intégralité. Nous sommes aussi amenés à mettre en place des solutions alternatives comme la gestion mutualisée de parcs. Afin d’accompagner leur politique de développement durable, nous intégrons également à nos missions une analyse carbone des flottes automobiles.

A&E : Le marché B to B a été extrêmement dynamique au premier semestre de l’année. Quelle analyse en tirez-vous ?
YG :
Au second semestre l’an dernier, les entreprises ont été très prudentes. On nous promettait du sang et des larmes à cause de l’évolution des normes et de l’entrée en vigueur du WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures), qui a un impact direct sur les rejets de CO2, donc sur la fiscalité des véhicules. Certaines ont sûrement attendu et se retrouvent aujourd’hui obligées de renouveler leur parc. On remarque aussi que la tendance est à l’augmentation du nombre de véhicules en parc.

A&E : Pourtant la place de la voiture tend à se réduire significativement.
YG :
Oui, mais les entreprises tentent de s’adapter en renouvelant leur parc ou en faisant entrer de nouveaux véhicules dans leur flotte, de manière plus raisonnée et réfléchie. Le temps du « tout diesel » est terminé. Les gestionnaires de parc ont accepté de segmenter leur catalogue en fonction de l’usage, du kilométrage… La recherche de solutions pour une utilisation mutualisée des véhicules est aussi plus présente avec une demande qui ne cesse de croître depuis cinq ans. Enfin, n’oublions pas que le désamour de la voiture est plutôt un phénomène strictement citadin. Les entreprises, surtout les plus importantes en taille, ne sont pas forcément situées en ville et ont toujours besoin de véhicules pour les déplacements de leurs collaborateurs.

A&E : Les gestionnaires de parc s’inquiètent de l’entrée en vigueur des mesures WLTP en 2020. Comment s’y préparer ?
YG 
 : Nous leur conseillons de ne pas s’affoler et de mixer différentes motorisations pour ne pas plonger tête baissée dans une solution ou dans une autre. Il s’agit de mettre en place un catalogue et une car policy qui ne soient pas figés afin d’absorber les soubresauts du marché. Aujourd’hui, certains loueurs pressent leurs clients d’adopter de l’électrique parce que leurs parcs sont très majoritairement diesel. Ils font donc baisser les valeurs résiduelles sur les motorisations qui les intéressent le moins et les augmentent pour l’hybride ou les motorisations 100 % électriques en dépit de la réalité du marché. Le danger est donc de constituer un catalogue uniquement axé sur les modèles dopés actuellement. Car, d’ici à deux ans, un nouveau marché de l’occasion se mettra en place, mais les véhicules ne se vendront pas au meilleur prix. Pour compenser les pertes, les loueurs augmenteront leurs tarifs et seront forcés de baisser les valeurs résiduelles, ce qui aura une incidence directe sur les loyers. L’impact pourra aussi être humain, car les collaborateurs risquent de se voir contraints de changer de catégorie de véhicule. Cela peut mettre le feu socialement à l’entreprise.

Pour lire l’intégralité de cette interview RDV dans le n°248 (août/septembre 2019) de L’Automobile & L’Entreprise

Mots clefs associés à cet article : Flotte, Gestion de parc, WLTP

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