Et si on reparlait d’auto-partage ?

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Chaque mois, Jean Zermati, observateur avisé du monde des flottes, nous livre son billet d’humeur sur l’actualité du secteur…

Jean Zermati (© Olivier Devillers)
Jean Zermati (© Olivier Devillers)

La transition du secteur automobile ne porte pas sur le thermique ou l’électrique. Non elle porte sur le passage d’une logique de possession à une logique d’usage. Cette transition a déjà modifié la musique, Spotify, le cinéma, Netflix, l’immobilier, le flex office. Pourquoi l’automobile échapperait-elle à cette évolution de nos comportements, de nos contraintes et de nos modes de vie ?

Le marché s’est développé sur quelques sociétés pionnières qui se sont lancées il y a bien longtemps. Elles ont offert plusieurs visibilités à de petites start-up apportant la solution informatique. D’une part la visibilité d’une croissance forte et régulière avec un client important ; d’autre part la visibilité auprès d’autres potentiels clients. La croissance de l’auto-partage est faible aujourd’hui, les grosses flottes qui y viennent ne sont pas forcément convaincues de l’intérêt de cette solution. Mais il faut bien faire comme tous les autres. Les projets mettent jusqu’à dix-huit mois pour aboutir. Ils passent par des « tests » à faible volume et des demandes spécifiques. En fait, la croissance se fait davantage auprès des ETI et récemment des collectivités. Les tailles de flotte sont limitées, mais les décisions se prennent en moins de six mois, et la demande est plus générique.

L’auto-partage a démarré avec des équipements ajoutés dans le véhicule (lecteur de badge, calculateur…) et un logiciel de gestion pour gérer les réservations et les fonctionnalités du système. Comme pour la télématique embarquée, où les constructeurs ont repris la main autour de 2015 pour installer eux-mêmes les boîtiers, il en sera de même (dès 2020 ?) pour l’auto-partage avec des boîtiers uniques adaptés à cet usage. Les constructeurs deviendront alors des fournisseurs de données auprès d’agrégateurs dont la qualité du logiciel déterminera la valeur de leur solution. Sans oublier évidemment ni la sécurité informatique, point clé parmi les critères de sélection, ni l’intégration de l’intelligence artificielle.

Mais si l’auto-partage est au cœur de toutes les discussions n’oublions pas que le leader européen (Mobility Tech Green) ne gère « que » 7 100 véhicules dans 7 pays avec 60 clients. Ce qui est très loin des leaders de la LLD.

Demain pour ces start up de l’auto-partage, il faudra gérer, avec vous gestionnaires de flotte, la mobilité au-delà des véhicules, c’est-à-dire les flottes partagées de vélos, de scooters et même de trottinettes, en accès direct ou logées dans les véhicules pour effectuer le dernier kilomètre.

Mots clefs associés à cet article : Flotte, Autopartage, Gestion de parc, Environnement, #ConnectFleet

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