« Et si l’on parlait MaaS* ? »

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Chaque mois, Jean Zermati, observateur avisé du monde des flottes, nous livre son billet d’humeur sur l’actualité du secteur…

Jean Zermati ©Olivier Devillers
Jean Zermati ©Olivier Devillers

Les véhicules restent à l’arrêt, paraît-il, 90 à 95 % du temps. Les villes rejettent de plus en plus la voiture au nom du partage de la voirie et pour limiter la pollution. L’immobilier coûte de plus en plus cher, et il faut construire des parkings vides la nuit et pleins dans la journée de véhicules « ventouses ». Pourquoi l’automobile – et plus généralement la mobilité – ne seraient-elles pas concernées par les évolutions de tous les autres secteurs vers l’usage et non plus la possession ?

La « mobilité servicielle » doit donc devenir progressivement la majorité (pas la totalité bien sûr, il n’y a jamais une solution à toutes les questions) notamment grâce à l’auto-partage, c’est-à-dire au partage successif d’un véhicule. Cela permet d’utiliser le bon véhicule, correspondant le mieux (en type, en taille et en motorisation) à son besoin du moment. L’auto-partage a beaucoup d’avantages et peu d’inconvénients. Pour les inconvénients, citons une moindre attention portée par les conducteurs successifs au véhicule et l’impossibilité pour quiconque d’y laisser un paquet de chewing-gums ou de mouchoirs. Pour le premier, la fixation et l’application de règles strictes de contrôle préalable du véhicule, aidé par de nouveaux outils informatiques, avec des pénalités à la clé diminuent fortement les problèmes. Et comme ce sont toujours les mêmes qui abusent, une fois leur cas réglé, je ne prendrai pas le temps d’évoquer le second inconvénient.

Les avantages sont de nature sociale, écologique et financière. Sociale car la composante « usage privatif » (moyennant finance !) apporte aux salariés citadins notamment, motocyclistes ou plus modestes, des solutions alternatives de mobilité personnelle. Et quel meilleur moyen d’attirer aujourd’hui de jeunes talents que de leur montrer qu’ils s’apprêtent à intégrer une société ayant mis en œuvre les solutions courantes de demain ? Écologique car l’auto-partage est la meilleure façon de faire découvrir (donc d’utiliser) les véhicules électriques. C’est aussi le moyen d’utiliser un véhicule adapté si l’on est seul, à deux ou à quatre. Financière, mais ne vous y trompez pas : je ne parle pas ici d’une baisse majeure de la flotte. Baisse à terme il y aura, bien sûr, mais faible. Non l’impact financier est ailleurs. Sur le PRK d’abord. Les frais fixes du TCO restant importants, les kilométrages supérieurs réalisés grâce à l’auto-partage amélioreront fortement le bilan. Ensuite sur les frais de taxi et de traitement des IK, et même parfois sur les frais de location courte durée.

J’ai gardé pour la fin ce qui est, pour moi, l’avantage principal : l’accès d’un nombre bien plus grand de collaborateurs à la flotte. Imaginez qu’un collègue plutôt sédentaire demande un véhicule pour un déplacement ponctuel et s’entende répondre qu’il n’y en a pas de disponible. Quoi de plus frustrant alors pour lui que de « galérer » alors qu’à son départ, comme à son retour, dix véhicules sur le parking n’ont pas bougé ?

*« Mobility as a Service ».

Mots clefs associés à cet article : Autopartage, Mobilité durable, Nouvelles mobilités

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