Et si l’abonnement automobile devenait la norme ?

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Selon une récente étude du Boston Consulting Group (BCG), l’Europe a le potentiel pour devenir le plus grand marché d’abonnement automobile. Une nouvelle façon de consommer la mobilité que certains ont déjà adopté.

capture d'écran - lynkco.com
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Constructeurs, distributeurs ou encore loueurs sont en recherche constante de relais de croissance. À l’heure où les alternatives à la voiture et à sa propriété pure et simple se multiplient, ce n’était qu’une question de temps avant que les abonnements automobiles n’apparaissent, poussés par le développement du numérique.

Une étude du cabinet BCG estime d’ailleurs que d’ici à dix ans, ce nouveau mode de consommation pourrait facilement devenir un marché de 30 à 40 milliards de dollars. Soit 15 % des ventes de voitures neuves sur la base d’un volume de 5 à 6 millions de véhicules d’abonnement. Récemment, «  ce marché a commencé à gagner du terrain auprès des consommateurs et des investisseurs, alors que les modèles commerciaux continuent d’évoluer et qu’un nombre croissant de fournisseurs affinent leurs formules pour rivaliser », analyse l’étude. Jusqu’à présent, l’Europe reste le plus grand marché en termes de revenus.

L’abonnement automobile : kesako ?

Concrètement, les abonnements partagent beaucoup de caractéristiques avec la location et le crédit-bail, mais davantage de prestations y sont incluses. Le consommateur paie des frais mensuels pour une voiture, et dans son loyer la plupart ou tous les coûts (sauf le carburant) sont inclus (entretien, réparations, assistance routière, frais d’immatriculation, assurance et taxes). La période d’engagement peut varier d’un à plusieurs mois ou par tranches annuelles d’un à deux ans ou plus. En règle générale, comme pour les opérateurs téléphoniques, plus l’engagement est long, plus les frais mensuels sont bas. En promettant ainsi des économies de temps, une facilité d’achat et d’usage du véhicule, l’abonnement automobile semble avoir de sérieux atouts pour séduire. Le Boston Consulting Group ajoute : « Du point de vue du consommateur, les abonnements automobiles sont une proposition attrayante par rapport à l’achat d’une voiture, car ils offrent commodité, flexibilité et un engagement minimal. Le client évite le coût initial substantiel de l’achat d’une voiture, ainsi que les autres coûts cachés de la propriété ».

Ce qui existe à l’heure actuelle

Pour le moment, les offres d’abonnement ne sont pas du tout homogènes. Certains fournisseurs de mobilité proposent plusieurs marques et modèles, allant même jusqu’à y inclure la micro-mobilité. Le groupe de distribution BYmyCAR vient d’ailleurs d’annoncer l’arrivée de Jean-Hugues Delvolvé, anciennement chez CGI Finance, afin de prendre la responsabilité d’une nouvelle business unit, Financement et services par abonnement. D’autres, comme les constructeurs, se concentrent sur leur gamme. Parmi les lancements récents, on peut citer Lynk&Co, Toyota avec sa filiale Kinto ou encore Renault avec Mobilize. Enfin, certains se spécialisent dans des segments (premium ou de masse, véhicules électrifiés...) comme Michelin avec Watéa sur le VU électrique, ou permettent aux clients d’échanger leur voiture contre un autre type de véhicule sans frais supplémentaires (par exemple, échanger le SUV contre une décapotable à l’arrivée des beaux jours).

Depuis 2015, « plus de 700 millions de dollars de capital-risque ont été investis dans des start-up d’abonnement automobile », souligne l’étude BCG. Huit des dix jeunes pousses disposant d’au moins 1 million de dollars de fonds propres sont d’ailleurs basées en Europe. Aussi, le Vieux Continent détient le potentiel pour être le plus grand marché d’abonnement. Aux États-Unis, les programmes d’abonnement pour les véhicules neufs sont généralement gérés par des équipementiers. Enfin, en Chine, ce modèle a suscité peu d’intérêt jusqu’à présent.

Mots clefs associés à cet article : Renault, Toyota, Entretien, Assurance, Abonnement, Lynk & Co

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