Environnement : l’Europe revoit ses objectifs d’émissions de CO2

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Comme l’annonçait l’AFP samedi, la Commission européenne entend accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE pour 2030. Actuellement fixé à - 40 %, elle va proposer aux Etats de viser une diminution d’« au moins 55 % ».

Trop ambitieux pour certains, trop timide pour d’autres, cet objectif révisé promet en tout cas d’intenses débats. © Marcin Jozwiak/Unsplash
Trop ambitieux pour certains, trop timide pour d’autres, cet objectif révisé promet en tout cas d’intenses débats. © Marcin Jozwiak/Unsplash

Le temps est compté pour la planète. Bruxelles semble en avoir pris conscience en indiquant ce week-end avoir décidé de réhausser les ambitions en termes de dépollution de l’Europe. Selon une dépêche de l’AFP, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dévoilera le nouveau chiffre de réduction des émissions de CO2 « lors de son discours de l’état de l’Union, au Parlement européen la semaine prochaine. » Il est cependant déjà certain que les attentes, comprises dans le projet de la "loi Climat" (présentée le 4 mars dernier), se situeront entre 50 et 55 % à l’horizon 2030.

Neutralité carbone en 2050 ?

Il faut dire que le but ultime de cet accord climatique commun est d’atteindre la neutralité carbone de l’UE d’ici à 2050. Par conséquent, un abaissement des rejets de CO2 dans une décennie, établi à 40 % par rapport au niveau de 1990, paraissait bien trop peu contraignant. En optant pour un durcissement des objectifs, Ursula von der Leyen assume donc de faire de l’enjeu environnemental une priorité, autant économique que géostratégique, du Vieux Continent.

Pour autant, nombre d’ONG estime que, pour que l’Europe s’inscrive dans la dynamique nécessaire à la concrétisation d’une absence totale d’émissions de CO2 en 2050, il faudrait plutôt tabler sur - 60 ou - 65 %.

Contestations en fond

Quoi qu’il en soit, pour que la volonté de Bruxelles ne demeure pas un vœu pieux, toutes les industries des états membres de l’UE vont être mises à contribution. Le secteur de l’automobile en tête. Interrogée par l’AFP, une porte-parole de la Commission européenne a ainsi admis qu’une révision des législations en lien avec le climat, dont le système d’échanges de quotas d’émissions (SEQE), était envisagée pour juin 2021. Il se pourrait également que les normes environnementales européennes soient encore renforcées pour les nouvelles voitures. Sans oublier que la Commission compte sur le développement de nouveaux carburants plus écologiques et l’arrivée de davantage de voitures électriques sur le marché pour remplir ses statistiques.

Trop ambitieux pour certains, trop timide pour d’autres, cet objectif révisé divise en tout cas et promet d’intenses débats pour la mi-octobre, date à laquelle il doit être entériné. Le Parlement européen, lui, semble pousser dans le sens d’une « propreté » accrue. Le plan de relance post-covid, adopté cet été par les 27 et qui accordent une part importante aux investissements verts et vertueux, le confirme aussi. À voir si le pari pourra être viable sur la durée et donc tenu.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, CO2, Pollution, Marché Europe, Environnement, Commission Européenne

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