Entretien avec Jean-Marc Prince, directeur de Volkswagen Group Fleet Solutions

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Jean-Marc Prince, le directeur de Volkswagen Group Fleet Solutions, revient sur la bonne année 2017 du groupe et envisage son avenir entre WLTP, diesel et électrique.

Jean-Marc Prince, directeur de Volkswagen Group Fleet Solutions.
Jean-Marc Prince, directeur de Volkswagen Group Fleet Solutions.

L’Automobile & L’Entreprise : Quel bilan faites-vous de l’année 2017 pour les ventes aux entreprises ?

Jean-Marc Prince : Dans une année assez concurrentielle, nous avons continué à progresser avec 110 000 commandes en 2017, soit 9 000 de plus qu’en 2016. C’est un nouveau record pour nous. Même chose pour les livraisons, qui ont bondi avec 102 000 véhicules cumulés, soit 2 500 de plus que l’année précédente. Ces bons résultats sont le fruit d’un travail de longue haleine avec notre réseau. Les nouveautés produits ont aussi joué leur rôle : le Tiguan et la Polo chez Volkswagen, le Kodiaq chez Skoda, l’Ateca et l’Arona chez Seat.

A&E : Qu’est-ce qui vous manque pour séduire les grands comptes ?

J-MP : Nous sommes référencés dans les car policies des grands comptes, mais la concurrence des constructeurs français est très dure. Nous répondons à des appels d’offres, mais souvent nous n’arrivons pas à dépasser la phase des négociations. Ce sont des comptes qui ne nous sont pas accessibles politiquement. Mais nous ne baissons pas les bras, on chasse sur tous les terrains, et nous ne nous interdisons rien. La seule limite c’est la rentabilité du business.

A&E : Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour 2018 ?

J-MP : Nous voulons poursuivre sur cette dynamique de croissance. Nous visons entre 115 000 et 120 000 commandes en capitalisant sur nos nouveaux produits en année pleine : le Volkswagen T-Roc, la nouvelle Seat Ibiza, le Skoda Karoq. Il y a aussi le lancement de l’Audi Q3, la nouvelle A1… Des produits qui sont particulièrement vecteurs de ventes chez nous.

A&E : La nouvelle norme WLTP (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure) est un sujet d’inquiétude pour les responsables de parc. Comment vous préparez-vous en interne ?

J-PM : Nos ingénieurs sont en train de réhomologuer les voitures, c’est un travail titanesque. Jusqu’à la fin de l’année nous allons immatriculer en NEDC ou en NEDC corrélé. Nous commencerons les immatriculations WLTP à partir de l’année prochaine. Nous souhaitons communiquer au plus vite sur toutes ces nouvelles valeurs, sûrement autour de cet été.

A&E : Quand allez-vous communiquer à ce sujet auprès de vos clients ?

J-PM : Nous voulons communiquer au plus vite sur ces valeurs. Ce qui intéresse nos clients, c’est l’évolution des émissions de CO2. Il y a aussi l’aspect fiscal qui entre en ligne de compte. Nous ne savons pas comment le Gouvernement va réagir. Peut-être va-t-il réévaluer le barème malus/bonus, peut-être va-t-il y avoir une nouvelle grille de TVS ?… Tout cela va s’ajuster d’ici à l’année prochaine.

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L’Audi e-tron, ici sous la forme de prototype, sera le premier véhicule électrique du renouveau du groupe Volkswagen.
A&E : Le groupe Volkswagen a un gros projet d’électrification (80 nouveaux modèles électrifiés dans les différentes marques, dont 50 exclusivement électriques, d’ici à 2025). Comment allez vous procéder pour vendre ces véhicules à des entreprises ?

J-PM : Jusqu’à récemment, les entreprises restaient sceptiques vis-à-vis des véhicules électriques à cause de leur faible autonomie. Cette question est de moins en moins d’actualité aujourd’hui avec des véhicules qui proposent une autonomie de plus en plus élevée, comme la future Volkswagen I.D, qui devrait bénéficier d’une autonomie allant de 400 à 600 kilomètres. Une autre interrogation se pose maintenant dans les entreprises : les infrastructures. C’est pour cela que le groupe Volkswagen s’est investi avec d’autres constructeurs afin d’installer 400 chargeurs rapides le long des autoroutes en Europe.

« La diminution du diesel face à l’essence est visible sur le marché des particuliers mais pas encore dans le milieu des entrprises »

A&E : Les motorisations thermiques sont toujours dominantes dans les flottes. Est-ce que vous observez une diminution du diesel face à l’essence ?

J-MP  : Si cette mutation est visible sur le marché particulier, elle ne l’est pas encore dans le milieu des entreprises. C’est une question de coût : jusqu’à 15 000 kilomètres, une voiture essence est intéressante d’un point de vue économique. Au-delà, cela ne vaut pas le coup. Les choses évolueront peut-être quand la récupération de la TVA sur l’essence rattrapera celle sur le diesel. Après, si on interdit aux motorisations diesel de rouler dans certains centres-ville, il y a fort à parier que des entreprises basculeront vers l’essence, puis vers l’électrique.

A&E : Comment imaginez-vous le mix énergétique des flottes dans dix ans ?

J-MP : Une chose est certaine : dans dix ans, il y aura plus de véhicules électriques dans les flottes d’entreprise, peut-être entre 25 % et 30 %. Mais la montée de l’électrique ne signifie pas la fin du diesel. Je pense que cette motorisation a encore de beaux jours devant elle, notamment parce que nous travaillons sur des moteurs Diesel de plus en plus propres.

Mots clefs associés à cet article : Audi, Seat, Skoda, Volkswagen, Marché Flottes

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