Emmanuel Macron plébiscite la Convention citoyenne pour le climat

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Au lendemain de la vague verte des élections municipales, assortie d’un échec pour LREM, Emmanuel Macron a livré ses arbitrages sur les 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Il n’en met de côté que trois, dont la bombe à retardement des 110 km/h sur autoroutes.

Emmanuel Macron n'a rejeté que trois des propositions présentées par la Convention citoyenne pour le climat. (© DR/RF)
Emmanuel Macron n'a rejeté que trois des propositions présentées par la Convention citoyenne pour le climat. (© DR/RF)

Dimanche 28 juin 2020 au soir, après les nombreuses victoires des Écologistes aux élections municipales et les mauvais résultats du parti LREM, sur fond d’une inquiétante abstention, le président de la République avait promis des « réponses fortes, à la hauteur des enjeux et des attentes » sur l’environnement. Dès aujourd’hui, lundi 29 juin 2020, il avait effectivement l’occasion de donner un signal en recevant les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) pour répondre à leurs propositions. Malgré des controverses parfois déjà naissantes, Emmanuel Macron a finalement retenu toutes les propositions, à l’exception de trois d’entre elles, qualifiées de « jokers ».

110 km/h sur autoroutes : « Ne pas s’abîmer dans la polémique »

La création d’une taxe de 4 % sur les dividendes des entreprises supérieurs à 10 millions d’euros est mise de côté, au même titre que la réécriture du préambule de la Constitution française, même si Emmanuel Macron estime qu’il faudra introduire les notions de biodiversité, d’environnement et de lutte contre le changement climatique dans cet article premier. Par ailleurs, la proposition de baisser à 110 km/h la vitesse maximale sur autoroutes est abandonnée. C’est pourtant un levier mécanique pour réduire les émissions de CO2, mais chat échaudé craint l’eau froide. Et, sans citer les Gilets jaunes, le Président a justifié sa décision en affirmant qu’il ne voulait pas que les travaux de la convention « s’abîment dans une polémique ».

Un avertissement pour le secteur automobile

Au chapitre de l’automobile, la CCC dénonce « l’autosolisme ». Elle propose par exemple de généraliser le forfait mobilité durable, de réformer le système des indemnités kilométriques et d’augmenter la dotation du Fonds vélo à 200 millions d’euros par an. Le réaménagement de l’espace public ne doit pas favoriser l’usage de la voiture individuelle, et d’autres modes de transport pourraient bénéficier d’aides (le train, hors TGV notamment). Le malus des véhicules les plus polluants pourrait aussi être sévèrement durci, tandis que les véhicules neufs émettant plus de 110 g/km de CO2 pourraient être interdits dès 2025.

Nous aurons l’occasion de revenir en détail sur ces propositions, certaines étant réellement fondées et pertinentes. Mais une chose est sûre : le secteur automobile ne doit pas les juger fanfaronnes et peut se préparer au pire, voire à la mauvaise foi. Les résultats des élections sont aussi là pour rappeler l’avertissement.

15 milliards d’euros supplémentaires pour la conversion écologique


Toujours est-il que « toutes les propositions seront transmises au Gouvernement ou au Parlement ou directement au peuple français », a rappelé Emmanuel Macron, n’excluant pas la voie référendaire sur certains sujets. Quelques propositions pourraient trouver leur traduction réglementaire rapidement, via le plan de relance ou un projet de loi spécifique. En outre, Emmanuel Macron a indiqué que 15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans seraient injectés pour la conversion écologique. Enfin, le Président a annoncé une réforme du Conseil économique, social et environnemental, « qui fera du Cese la chambre des conventions citoyennes », actant qu’il y aura d’autres conventions citoyennes sur d’autres sujets.

Mots clefs associés à cet article : Marché France, Économie, Gouvernement, Transition énergétique, Véhicule électrifié , énergies alternatives

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