Électrification des flottes : « Le phénomène est bien en marche » estime François Piot, de l’AMO

Publié le par

L’Arval Mobility Observatory (AMO) organisait ce mardi 20 octobre une conférence sur le thème de son dernier livre, intitulé : Le véhicule électrique est-il si vertueux ? Une vaste question qui a notamment donné l’occasion de revenir sur le baromètre des flottes 2020 et sur la transition énergétique entamée dans les parcs automobiles des entreprises.

François Piot lors de la conférence AMO « Le véhicule électrique est-il si vertueux ? » (capture d'écran)
François Piot lors de la conférence AMO « Le véhicule électrique est-il si vertueux ? » (capture d'écran)

«  Le confinement a sans doute accéléré la transition énergétique vers une mobilité plus verte et plus durable » a estimé Guillaume Saint, Global Automotive Practice Lead chez Kantar TNS, en ouverture de cette matinée de débats. Pour avoir mené l’étude 2020 du baromètre des flottes, il a rappelé que cette année 54 % des gestionnaires de parc avaient affirmé avoir démarré leur transition énergétique en prenant la direction d’un parc automobile plus écologique et électrifié.

Une étape qui nécessite un consensus à plusieurs niveaux. Déjà entre les gestionnaires de flotte et les dirigeants de l’entreprise, mais aussi entre la direction d’une société et ses collaborateurs. La deuxième condition est sans nul doute celle d’une offre réelle répondant aux motivations et aux besoins des utilisateurs. Enfin, l’éco-système doit être efficace, réunissant les efforts de toutes les parties prenantes comme les énergéticiens, la voirie, les infrastructures, la puissance publique et les régulateurs.

L’hybride rechargeable, « une réponse transitoire »

L’ensemble de ces acteurs travaille aujourd’hui de concert pour tenir les objectifs fixés par le Gouvernement. Et l’on remarque déjà que, sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables ont connu une forte augmentation (+ 141 %). « Une première ! » note François Piot, président de l’AMO, en pointant également du doigt les 35 000 immatriculations réalisées par les entreprises sur la période. Sur 116 000 véhicules immatriculés au global, les flottes représentent ainsi 30 % de ce marché. « Et si les parts de marché restent faibles par rapport à celles de l’essence et du diesel, la tendance à l’augmentation est très importante, notamment pour les véhicules hybrides rechargeables », insiste-t-il.

D’ailleurs, le plan de relance impulsé par le Gouvernement à la sortie du confinement a déclenché un intérêt tout particulier pour ces modèles. Ainsi, les entreprises ambitionnent à 55 % de s’équiper en hybrides rechargeables, contre 42 % qui préféreront le 100 % électrique. François Piot commente : « Le véhicule hybride rechargeable n’a pas toutes les qualités vertueuses du véhicule électrique mais il rassure par rapport au frein de l’autonomie. Sous réserve qu’il soit utilisé comme il le faut, c’est une façon de s’habituer au sujet et d’engager la transition de manière rassurante. Fondamentalement, le véhicule hybride rechargeable n’est pas l’avenir, mais il apporte une réponse transitoire tout à fait intéressante et encouragée par le bonus alloué. »

« Chacun doit faire sa part »

Ainsi, le président de l’AMO en est certain : la transition énergétique des flottes est en marche, et tous les freins à l’adoption du véhicule électrique sont en train de s’estomper. « Maintenant, chacun doit faire sa part, complète François Piot. Les particuliers doivent accepter de changer leurs habitudes, et ils vont le faire progressivement. Les entreprises doivent être encouragées à mettre en place un plan de mobilité (PDM) qui leur permettra d’y voir un peu plus clair sur leurs besoins et sur les moyens à mettre en œuvre. Elles ont aussi une charge très importante en termes d’équipements et doivent aider leurs salariés à se recharger sur site, mais aussi chez eux. Les plans de recharge sont également une bonne chose, et il faudra que les énergéticiens et les pouvoirs publics tiennent leurs promesses ; un vrai challenge pour ne pas décevoir. Enfin, l’État a son rôle à jouer en donnant l’exemple car il est très en retard sur ses propres objectifs de verdissement du parc public. Il a aussi tout intérêt à adopter une politique fiscale stable et pluriannuelle, que nous appelons de nos vœux, pour permettre aux gestionnaires de flotte de choisir plus sereinement leurs véhicules et d’avoir une politique d’achat plus éclairée. »

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Borne de recharge, Bonus-malus, Véhicule hybride rechargeable

Voir aussi :

A la une
Suivez-nous Twitter Linkedin Facebook
Newsletter