Du transistor à l’intelligence artificielle : les systèmes multimédia font leur révolution

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Éléments de confort, jadis optionnels, apportant plus de valeur aux véhicules, les systèmes d’info-divertissement sont aujourd’hui incontournables. Pour rester dans la course, les constructeurs n’hésitent pas à jouer la surenchère sur la taille des écrans comme sur les fonctionnalités embarquées.

Le système MBUX de Mercedes permet de dialoguer avec son véhicule.
Le système MBUX de Mercedes permet de dialoguer avec son véhicule.

Impossible de s’en passer. Au même titre que certains équipements de sécurité comme l’ABS et l’ESP, proposés en option à leur sortie puis montés en série au fil du temps sur tous les véhicules, les systèmes multimédia ont su s’imposer dans les habitacles des autos. Ces objets combinant radio, lecteur de musique, GPS, téléphone et bien d’autres fonctions font désormais partie – sous des formes plus ou moins évoluées – de la dotation standard des véhicules. Exception faite bien sûr des modèles dits d’entrée de gamme ou de ceux positionnés sur des segments bien particuliers (minicitadines notamment). Pour comprendre cette évolution, il convient de faire un peu d’histoire.

C’est au début du XXe siècle, vers 1920, que les premiers postes de radio, fonctionnant uniquement à l’arrêt, ont été embarqués dans des véhicules. Après-guerre la formule s’améliore considérablement, et l’autoradio s’impose peu à peu aux automobilistes. Le progrès technologique aidant, les récepteurs s’enrichissent dans les années 1970 de lecteurs de cassettes audio. Un format rapidement supplanté par l’apparition des CD.

À l’aube de l’an 2000, c’est l’avènement de la musique numérique (formats MP3, WMA…) qui fait entrer les écrans dans les véhicules. Le XXIe siècle marque donc la naissance des systèmes multimédia, également appelés systèmes d’infotainment car associant, selon cet anglicisme, l’information (guidage GPS, conditions de circulation…) et le divertissement (radio, musique, etc.).

Le tactile envahit les véhicules

Démocratisés peu à peu, ces nouveaux équipements constituent désormais la signature technologique des constructeurs et prouvent leur capacité à innover autrement que sur le plan mécanique. Les constructeurs ne se contentent en effet plus d’intégrer les solutions proposées par les ténors du marché de la navigation (TomTom, Navteq, Garmin, etc.) mais développent leurs propres applications en partenariat avec eux ou avec d’autres géants du numérique comme Google.

Pour commander les différentes fonctionnalités offertes, les premiers systèmes multimédia ont fait appel à de nombreuses touches, mais les constructeurs ont eu l’idée de s’inspirer des nouvelles habitudes des citoyens, de plus en plus nombreux à utiliser ce qu’on appelait alors un téléphone à écran tactile. Cela va obliger les designers à faire évoluer le dessin des planches de bord puisque, d’une taille modeste, ces écrans vont grandir d’année en année.

Dans les cas les plus extrêmes, comme chez Tesla, ils occupent presque toute la place à bord. Sortie en 2013 sur le marché français, l’emblématique et luxueuse berline de la marque, la Model S, fait appel à une dalle de 17 pouces de diagonale installée en position verticale quand nombre de voitures – de gammes inférieures – proposent des écrans horizontaux plafonnant à 7 ou 8 pouces ! L’implantation verticale de l’écran sera d’ailleurs reprise par Volvo pour ses véhicules, ainsi que par Renault avec l’intégration du système R-Link 2, tablette tactile de 8 pouces intégrée dès 2015 sur la dernière génération de l’Espace avant d’être généralisée aux Mégane, Scénic, Talisman et Koleos.

D’autres comme le groupe Volkswagen restent fidèles à une présentation plus classique, horizontale, mais tendent à faire disparaître les touches physiques. Les versions les plus évoluées du système Nav Pro se commandent d’un geste de la main. Il suffit de positionner sa main devant l’écran, sans le toucher, puis de balayer vers la gauche ou la droite pour naviguer virtuellement dans les menus. La marque premium Audi a, elle, misé dans ses A6, A7, A8 sur un double écran tactile avec retour haptique, commandant aussi bien la climatisation que la navigation, la radio ou les réglages du véhicule, tandis que chez Seat on reste fidèle à un écran tactile de taille modeste mais équipé de l’assistant vocal Echo d’Amazon qui propose de dialoguer avec son automobile.

L’intelligence artificielle est bien réelle

La dernière nouveauté en date en la matière est le recours à l’intelligence artificielle (IA). Plutôt l’apanage des constructeurs premium comme Mercedes-Benz et BMW, cette technologie permet au conducteur de parler avec son véhicule. Chez Mercedes, cette fonctionnalité est apparue en 2018 non pas sur la limousine Classe S, mais sur la quatrième génération de Classe A, la compacte du constructeur. Et cela révolutionne l’expérience de conduite. Il suffit de dire "Hey, Mercedes !" pour activer cette fonctionnalité. Le véhicule répond alors : "Oui ? Que puis-je faire pour vous". Le conducteur ou ses passagers n’ont plus qu’à préciser leur requête : "Aller à la tour Eiffel" pour que le système lance le guidage ou une autre commande, car ce système appelé MBUX (Mercedes-Benz User Experience) s’enrichit continuellement. Il ainsi est possible de dire "J’ai froid" au lieu de "Active le chauffage" pour augmenter la température intérieure.

"En dehors du côté ludique et technologique, le système MBUX apporte un énorme avantage en termes de sécurité. Les collaborateurs peuvent parler avec leur véhicule plutôt que saisir des adresses à la main ou bien connaître la durée de leur trajet plutôt que naviguer dans des menus très complexes", détaille Pierre-Édouard Appeyroux, responsable des ventes flottes de Mercedes. Opter pour des véhicules équipés de ces dernières technologies est valorisant pour l’image de l’entreprise, tant auprès de ses salariés que de l’extérieur. Mais surtout c’est un "gage de bonnes valeurs résiduelles", conclut-il.

Mots clefs associés à cet article : Audi, BMW, Mercedes-Benz, Renault, Seat, Tesla, Infotainment, Intelligence artificielle, Assistant vocal

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