Des loueurs pleins d’ardeurs

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Alors que certains secteurs automobiles peinent à relancer leur activité, durablement impactée par la crise sanitaire, d’autres domaines amorcent une belle reprise voire poursuivent une tendance de croissance significative. C’est le cas du monde de la location, en LLD tout particulièrement. De quoi envisager, pour ces acteurs, le futur sous de propices auspices.

ALD Mobility Center. © ALD
ALD Mobility Center. © ALD

Les chiffres ne trompent pas. Même si la hausse du marché de la LLD au premier trimestre 2021 apparaît moins notable que celle du marché automobile global, celui-ci ayant littéralement sombré lors de la période du premier confinement de 2020, elle n’en reste pas moins positive. Selon les chiffres du Sesamlld, parus au début du mois de juin dernier, les loueurs longue durée ont même enregistré une évolution de 21 % d’immatriculations par rapport à la même période l’an passé. Avec 141 480 mises en circulation enregistrées sur les trois premiers mois de l’année, cela représente d’ailleurs 26,6 %des immatriculations du marché automobile national et 58,4 % des immatriculations des véhicules d’entreprise.

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Stéphane Crasnier. Crédit : Alphabet

Pour autant, le contexte était loin de garantir une solidité de l’exercice annuel final puisque, comme le rappelle Stéphane Crasnier, directeur général d’Alphabet France, « deux phénomènes se sont télescopés : la crise du Covid et l’évolution des changements réglementaires. Or, les deux combinés ont mis une pression d’ordre économique et sociétale très forte sur nos clients. » Pour résister, la première des mises en place opérée par la filiale de BMW a été la digitalisation. En second lieu, le développement de services en lien avec l’électrification et la souplesse des contrats a permis « que l’année 2020 [soit] plutôt bonne, car la LLD est une bonne valeur refuge en période de crise », admet le directeur général d’Alphabet France.

Résistance et endurance

Une capacité de résilience qui se retrouve chez la plupart des loueurs. Ainsi, « malgré ce contexte sanitaire inédit, en 2020, Arval France a vu sa flotte croître de 1,5 % pour atteindre 339 765 véhicules loués, contre 334 699 véhicules à fin décembre 2019 » démontre Margy Demazy, au poste de directeur commercial d’Arval France. L’entreprise ambitionne même de « dépasser les 400 000 véhicules loués avant 2025 dont 100 000 véhicules électrifiés. »

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Margy Demazy. Crédit Arval

« De manière générale, la flotte mondiale a eu tendance à stagner mais en France, elle a augmenté grâce à un portefeuille de commandes important » confirme de son côté Cyril Châtelet, directeur commercial et marketing de LeasePlan France. Le travail
des équipes est également resté soutenu puisqu’« il a fallu accompagner les gestionnaires de parcs avec la mise en place de prolongation de contrats permettant de diminuer les charges locatives. Pour les plus petites entreprises, le report des loyers a généré une activité commerciale très dense. Et puis nous avions aussi des clients comme Engie, Veolia, Orange, Suez ou La Poste dont l’activité ne s’est pas arrêtée, même pendant période de confinement  » fait valoir Guillaume Maureau, directeur général adjoint chez ALD Automotive. Des sociétés pour qui il a fallu continuer à mettre à disposition des véhicules de remplacement et des solutions d’entretien.

Accompagnement longue durée

On le comprend donc, les professionnels étant le cœur de cible des loueurs, leur équilibre économique induit la prospérité ou non du prestataire qui en dépend. De ce fait, « nous avons essayé de les accompagner en aménageant leurs contrats au cas par cas », souligne Philippe Mellier. Une adaptation et une personnalisation du service « qui nous a permis de resserrer les liens avec nos clients qui ont connu des difficultés pendant cette période », observe Margy Demazy. Car « les questions qui se sont posées n’ont pas été les mêmes selon les typologies de parcs » pointe Cyril Châtelet.

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Cyril Châtelet. Crédit LeasePlan

« Alors que les Grands Comptes ont bien entamé leur transition énergétique, les TPE/PME attendent un conseil concernant le recalibrage de leurs flottes et de la flexibilité » remarque aussi Stéphane Crasnier. Face à cette hétérogénéité, de nombreux sites physiques ont vu le jour bien que la distanciation sociale soit devenue la norme. Ainsi, « les centres AlphaRent n’ont pas pour objectif premier la visibilité mais sont une réponse aux besoins de proximité des clients », justifie le directeur général d’Alphabet France.

Chez Leasys, le déploiement des Mobility Stores a la même raison d’être puisqu’avec l’offre de location par abonnement CarCloud, « il nous faut un maillage assurant des points de chute partout sur le territoire pour permettre le retour des véhicules là où le client le désire » avance Denis Vitellaro, directeur général de Leasys Rent.

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Denis Vitellaro. Crédit : Leasys

D’ailleurs, cette extension n’en est qu’à ses débuts vu que « nous allons continuer à rayonner au travers du réseau constructeur Stellantis [maison mère de Leasys, ndlr] et que nous prévoyons un total d’environ 350 centres d’ici 2022. » Une présence en local qu’assurent aussi les 17 Mobility Centers d’ALD étant donné qu’ « il est fondamental de rester abordables pour tous les clients, même ceux qui ne sont pas passé au tout-numérique », défend Guillaume Maureau. Une approche pragmatique validée par Philippe Mellier et Cyril Châtelet, pour qui « la digitalisation n’est qu’un outil pour développer le contact et passer plus de temps sur l’accompagnement de fond. »

Vaste Remue-méninge

Cette captation des tendances, déjà initiées « pré-Covid », a donc été fortement accélérée par la crise sanitaire tout en faisant émerger, en parallèle, les nouvelles aspirations du marché. « Les clients B to B ont besoin de flexibilité entre un jour et 72 mois », constate Gérard de Chalonge. « D’où un axe de travail pour accentuer notre offre de LMD » ajoute-t-il. Mais les automobiles ne seraient alors plus les seuls objets de mobilité concernés.

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Gérard de Chalonge. Crédit Athlon

Avec l’éclosion des ZFE, scooters, quads, trottinettes et vélos peuvent désormais être loués. Preuve en est avec le lancement de l’offre Athlon BikeLease ou « The Journey Goes On » par Arval. « De fait, nous ne sommes plus sur des problématiques exclusivement liées au véhicule de fonction [et] cela ouvre des perspectives pour de nouvelles solutions à une cible élargie », s’enthousiasme Margy Demazy, qui envisage un parc de 15 000 vélos loués en 2025 – chiffre défini par le plan stratégique Arval Beyond. Si les professionnels sont un public à chérir, les particuliers ne doivent cependant pas être négligés. « C’est une opportunité de croissance importante pour Arval depuis quelques années. Nous avons d’ailleurs une structure dédiée à ce segment de clientèle car l’usage prend le pas sur la possession » admet la directrice commerciale d’Arval France, fière de ce principe multi-canal.

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Philippe Mellier. Crédit Fraikin

Une agilité assimilée pour rebondir au plus haut car, avec cette crise, « nous avons pris conscience que nous étions une industrie stratégique et donc de l’importance de mettre notre expertise au service de l’organisation d’un monde d’après différent, et pas seulement à cause du Covid » affirme Philippe Mellier, confiant dans son « secteur à haut potentiel. »

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le n°267 (juillet 2021) de L’Automobile & L’Entreprise.

Mots clefs associés à cet article : ALD Automotive, Arval, Athlon, LeasePlan, Fraikin, Flotte, Vélo, PME, Grands comptes, Location en longue durée (LLD), Zones à Faibles Emissions (ZFE), Coronavirus Covid-19, Leasys

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