Covid-19 : le groupe Renault ne devrait pas être renationalisé

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Jean-Dominique Senard, président de Renault, estime qu’une renationalisation du groupe ne sera pas nécessaire pour franchir l’épreuve de la crise du coronavirus. Mais le groupe devrait faire appel aux garanties de l’État français, et des heures difficiles s’annoncent.

Jean-Dominique Senard estime que Renault ne passera pas par la case nationalisation pour surmonter une période particulièrement difficile. (© Renault/Yves Forestier)
Jean-Dominique Senard estime que Renault ne passera pas par la case nationalisation pour surmonter une période particulièrement difficile. (© Renault/Yves Forestier)

Interrogé par Le Parisien-Aujourd’hui en France sur une éventuelle renationalisation de Renault pour passer le cap de la crise du coronavirus et de ses effets négatifs sur l’activité économique, Jean-Dominique Senard, son président, a rétorqué : « Ce n’est pas à l’ordre du jour. »
Et de rappeler : « Souvenez-vous de 2008-2009 », pendant la crise financière et économique mondiale partie du secteur américain de l’immobilier et des subprimes, « nous n’avions pas eu à en arriver là. Pourtant la situation était également très difficile ». Jean-Dominique Senard était alors à la tête de Michelin, et chacun se souvient que PSA avait eu besoin d’une intervention de l’État français.
Même si « nous n’en menions pas large à l’époque, il n’y a pas eu besoin de renationalisation. Et vous avez vu d’ailleurs comment cela s’est retourné ? Parce qu’il ne faut pas s’y tromper : le jour où la conjoncture redevient plus favorable, dans l’industrie automobile, cela peut être extrêmement rapide et fort ». Un message positif sur la capacité du secteur automobile à rebondir avec vigueur qu’il ne faut pas perdre de vue, même s’il peine à convaincre dans la nasse actuelle. Sans aller jusqu’à l’extrémité de la nationalisation, Renault pourrait solliciter des garanties auprès de l’État, comme le président EmmanuelıMacron en a annoncé le principe.

Effondrement des commandes en France et en Europe

Rappelons que la semaine dernière, comme l’essentiel des constructeurs, Renault a dû fermer ses usines dans presque toute l’Europe, dont douze en France. De surcroît, les réseaux commerciaux sont paralysés dans l’Hexagone, mais aussi en Espagne et en Italie. La chute des commandes des clients s’avère sans surprise spectaculaire, avec parfois – 90 %, selon Jean-Dominique Senard. Cette crise tombe particulièrement mal pour le groupe Renault, qui venait de voir ses comptes passer dans le rouge en 2019 et qui envisageait de sévères mesures de restructuration, n’excluant rien, notamment sur le volet socialement sensible des fermetures d’usines. Jean-Dominique Senard ne veut pourtant pas parler d’année zéro et il rappelle aussi qu’il y aura une reprise, ce qui est déjà le cas pour les usines en Chine et en Corée-du-Sud, après des semaines de gel de la production, sans oublier la Turquie et la Russie.

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Luca de Meo va rejoindre la direction générale de Renault en pleine crise, début juillet 2020. (© Renault)

Mots clefs associés à cet article : Renault, Marché France, Marché Europe, Véhicule neuf (VN), Économie, Coronavirus Covid-19

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