Covid-19 : Fin de partie pour la marque SsangYong ?

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La marque coréenne SsangYong lutte pour sa survie depuis de longs mois et pensait avoir trouvé un sauveur avec Mahindra. Las, le groupe indien vient d’annuler sa promesse d’investissements, à cause de la crise du coronavirus, ce qui pourrait précipiter la chute de SsangYong.

DR / SsangYong Motor Company
DR / SsangYong Motor Company

SsangYong Motor Co. a annoncé qu’il vendrait des actifs non essentiels pour rester à flots, après que Mahindra & Mahindra Ltd., qui détient 74,65 % des parts de SsangYong, a mis fin à son plan d’injection de capitaux, justifiant cette décision difficile par l’impact économique du coronavirus. Le Covid-19 a en effet des conséquences très sévères sur le marché automobile indien et Mahindra a déploré un effondrement de ses ventes en mars (- 88 % !). Début 2020, Mahindra avait promis d’injecter près de 400 millions d’euros pour financer un plan de relance pour SsangYong sur trois ans, envisageant un retour à la profitabilité à un horizon 2022-2023.
Mais sous l’effet de la crise du coronavirus, le conseil d’administration de Mahindra vient donc d’annuler ce plan d’investissement, débloquant simplement une enveloppe d’urgence de 30 millions d’euros pour que SsangYong puisse poursuivre ses opérations quelques mois et trouver une autre solution. Pawan Goenka, directeur général de Mahindra & Mahindra, a notamment fait appel à la Korea Development Bank (KDB), un établissement financier d’Etat, pour évoquer une aide exceptionnelle à SsangYong.

Mauvais résultats commerciaux et financiers

Dans le rouge depuis 2017, SsangYong voit aussi ses performances commerciales se dégrader : ventes mondiales en baisse de 6,5 % en 2019, à 132 799 véhicules (dont 14 627 ventes en Europe, à - 10 %). En France, sous la houlette d’Hervé Collignon et avec quelque 70 points de vente, la marque a écoulé 700 véhicules en 2019, pénalisée par le malus, phénomène encore amplifié par le passage au WLTP. A l’échelle mondiale, sur les trois premiers mois de l’année, la situation a encore empiré : 24 139 unités, soit - 31 %.

Suspendu à une intervention de l’état indien

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Le concept-car SsangYong e-siv qui préfigurait l’électrification de la gamme. (DR / SsangYong Motor Company)

Dès lors, difficile d’être optimiste pour cette marque atypique, surtout que sa priorité devait être l’électrification de sa gamme courte (Rexton, Korando, Tivoli, Musso et XLV). Le SUV Korando en version électrique devait ainsi être présenté au salon automobile de Genève, annulé pour cause de coronavirus. Sauf intervention de l’état coréen, SsangYong aura du mal à assurer sa survie, surtout que le constructeur a déjà pris des mesures drastiques vis-à-vis de son personnel (suspension de certaines prestations sociales, réduction des salaires et des primes de fin d’année…).
Créée en 1954, SsangYong est distribuée dans 107 pays via un réseau de plus de 1 300 opérateurs agréés. En Europe, la marque a fait ses débuts en 1996 et s’articule autour de 800 distributeurs répartis dans 29 pays. Malgré quelques phases positives, ses ventes y sont toujours restées confidentielles et son parc roulant est estimé à 300 000 unités.

Mots clefs associés à cet article : SsangYong, Mahindra, Économie, Véhicule électrifié , Salon de Genève 2020, Coronavirus Covid-19

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