Covid-19 : la filière automobile lourdement impactée

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Alors que la population doit respecter un strict confinement et que de nombreux commerces ont fermés pour endiguer la diffusion du Covid-19, le CNPA (Conseil National des Professions de l’Automobile) a fait le point sur la situation du secteur automobile. Et tenté de dissiper le flou…

Les sites d'entretien et le commerce d'équipements automobiles ne cesseront pas. © Clotilde Gaillard
Les sites d'entretien et le commerce d'équipements automobiles ne cesseront pas. © Clotilde Gaillard

La nuit de samedi à dimanche a été marquée par une mesure exceptionnelle, prise par le gouvernement, de suspendre l’activité des « lieux accueillant du public non indispensables à la vie de la Nation ». Suite à cette décision, les cinémas, bars, restaurants, musées et salles de spectacles doivent rester portes closes. De même, tous les examens du permis de conduire sont annulés jusqu’à nouvel ordre. Les commerces alimentaires, les pharmacies, les banques ainsi que les stations-services, eux, continueront de fonctionner jusqu’à nouvel ordre. Tout comme les services de transport, bien qu’en trafic réduit.

Préserver l’après-vente

Dans un pays presque à l’arrêt où le meilleur moyen de se déplacer demeure la voiture, le CNPA a toutefois soulevé l’importance de l’après-vente. Déjà à l’initiative d’un questionnaire participatif visant à remonter les difficultés des professionnels du secteur de l’automobile face à la propagation de la maladie, l’organisme se place donc à nouveau en intermédiaire de la filière auprès des pouvoirs publics.

Conscient que « l’urgence, absolue, impérative, est avant toute autre considération de protéger », le Conseil National des Professions de l’Automobile considère qu’il serait opportun de « maintenir des activités considérées comme essentielles à la mobilité ». Un appel entendu puisqu’un arrêté du 15 mars 2020, publié au Journal Officiel ce lundi 16 mars, autorise désormais à recevoir du public, les établissements suivants :

  • Entretien et réparation de véhicules automobiles ;
  • Commerce et réparation de motocycles et de cycles ;
  • Commerce d’équipements automobiles ;
  • Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé (stations-services) ;
  • Parcs de stationnement.

À noter que si les dépanneurs remorqueurs relèvent des code APE 45-20 A et 45-20 B, la réparation de véhicules industriels n’y figure pas expressément au titre des activités autorisées. « Cependant, le Code de la route ne donne pas de définition du véhicule automobile et cette activité relève du Code APE 45-20 B : entretien et réparation d’autres véhicules automobiles », souligne le CNPA. De même, « la location de véhicules automobiles ne figure pas expressément au titre des activités autorisées. Cependant, l’arrêté autorise la réception du public dans les établissements de location d’équipements et de biens, sans autre précision. »

D’autres sources d’inquiétude

Alors que le CNPA a tenu une réunion téléphonique avec les principaux ministres ce lundi, l’organisation patronale regrettait également de ne pas avoir reçu de consignes spécifiques concernant des sujets tels que « la livraison des VN et VO déjà vendus ». Avec ce nouvel arrêté, la situation se voit légèrement clarifiée car « les activités de vente de véhicules, (sauf motocycles et cycles) sont fermées au public sauf pour les activités de livraison et de retraits de commandes  », stipule-t-il.

Dans un communiqué paru ce matin, le CNPA assurait qu’il demanderait aussi « le gel intégral et immédiat de tous les projets de modification des réglementations en cours d’examen ou en prévision à l’échelle nationale et européenne » ainsi que l’examen des « mesures de solidarité intra-filière automobile. » Il semble là encore que la voix du CNPA ait porté puisque « un fond de solidarité a été créé pour toutes les entreprises de moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires qui rencontrent des difficultés pour des raisons sanitaires avec une perte de CA de 70% », rapporte l’organisme dans une lettre d’information dévoilée cet après-midi. « Alimenté par l’Etat et les régions, un forfait mensuel de 1 500 € sera attribué aux chefs d’entreprises sur simple demande. Il sera rehaussé selon les possibilités et au cas par cas », est-il ajouté.

D’autres moyens visant à rassurer les professionnels du secteur ont également été pris comme « un moratoire de six mois sur les crédits » , la mise en place du télétravail quasi généralisé et le report de la réforme de l’assurance chômage. De plus, l’objectif étant de limiter au maximum les licenciements, « le dispositif de chômage partiel sera ainsi sans limite. » Toutefois, il faudra attendre quelques jours et l’allocution du président ce soir à 20h pour voir ces mesures « se préciser et se stabiliser », met en lumière le CNPA. Qui mènera régulièrement des réunions téléphoniques avec les instances gouvernementales, le prochain comité stratégique de filière automobile ayant lieu mardi 17 mars à 9h.

Par ailleurs, le site internet du CNPA met quotidiennement à jour l’évolution de la situation et les réponses disponibles dans certaines situations, n’hésitez donc pas à le consulter en cliquant ici. L’Automobile & L’Entreprise reste également mobilisé pour vous informer de manière exhaustive et nous vous invitons à nous adresser vos questions via les réseaux sociaux.

Prenez soin de vous et de vos proches.

Mots clefs associés à cet article : Transports en commun, Marché Europe, Solutions mobiles, Coronavirus Covid-19

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