« Compte mobilité » : l’appli pour se déplacer autrement

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Les habitants de la métropole Mulhouse Alsace Agglomération ont désormais la possibilité d’emprunter, juste avec leur smartphone, tous les modes de transport existant sur ce territoire.

Le compte mobilité permet d'avoir accès à tous les modes de transport en commun.
Le compte mobilité permet d'avoir accès à tous les modes de transport en commun.

Adieu tickets papier, coupons de réduction et autres cartes magnétiques. Depuis mi-septembre, Mulhouse Alsace Agglomération réinvente la mobilité urbaine. Contrairement à d’autres agglomérations, le territoire haut-rhinois n’a pas décidé de rendre ses transports en commun gratuits. Non. La collectivité locale a choisi d’innover et de se démarquer de ses pairs en lançant le « compte mobilité ».

Il s’agit d’une application mobile, disponible sous Android et iOS, permettant aux usagers d’emprunter n’importe quel mode de transport (tramway, bus, vélos et voitures en libre service…) et de régler leur stationnement à l’aide de leur smartphone. En moins de trois mois, elle a déjà été téléchargée plus de 1 500 fois. Ce sont « des utilisateurs très actifs, pas juste des bêta-testeurs » insiste Denis Rambaud, le vice-président de Mulhouse Alsace Agglomération en charge des mobilités urbaines.

Une première en Europe

L’aboutissement de ce projet a nécessité quatre années de réflexion, comme le confesse l’élu : « Après la mise en service du prolongement du tramway à Mulhouse, nous souhaitions inventer quelque chose de nouveau afin de faciliter l’accès des citoyens à l’ensemble des moyens de transports existants. Mais nous ne savions pas comment faire. » Denis Rambaud était toutefois familier du concept de « MaaS ».
Derrière cet acronyme anglais signifiant « mobility as a service » se cache l’idée d’effectuer le plus rapidement possible un trajet d’un point A vers un point B, et ce, quels que soient les moyens de transports utilisés (rail ou route, privés ou publics). « De plus, nous ne voulions pas dresser les gens les uns contre les autre comme, par exemple, les automobilistes contre les cyclistes », précise-t-il.

L’idée du compte mobilité a germé après de nombreuses discussions réunissant plusieurs acteurs. « Des tables rondes ont été organisées avec des entreprises du secteur des transports et des panels d’usagers, explique Denis Rambaud. Très rapidement, Mulhouse Alsace Agglomération, en tant qu’autorité organisatrice des mobilités (AOM) sur son territoire, s’est imposée comme chef d’orchestre du projet car nous ne pouvions pas laisser une entreprise privée nous proposer une solution clés en main et nous ne voulions pas que les données des clients soient exploitées par des tiers. »

Les frais de développement de l’application ont d’ailleurs été partagés entre plusieurs acteurs. « Sur environ 700 000 euros engagés, l’Agglo, le ministère des Transports, l’Europe ont participé, tout comme le groupe Transdev [dont la filiale Solea est l’actuel exploitant du réseau de bus et trams de Mulhouse, ndlr], Citiway et la Caisse des dépôts », détaille-t-il.

En outre, les prestataires référencés au sein de l’application ne paient pas pour voir leurs services y figurer. « Tant qu’elles œuvrent dans le secteur de la mobilité, nous sommes neutres sur le choix des entreprises présentes. Il n’y a aucun accord commercial passé avec l’Agglo », explique Denis Rambaud. Le vice-président de Mulhouse Alsace Agglomération en charge des mobilités urbaines reconnaît toutefois que certaines structures ont adapté leur politique commerciale à destination des utilisateurs de l’application. À titre d’exemple, il n’est plus nécessaire de verser un dépôt de garantie avant d’emprunter l’un des véhicules proposés en auto-partage par l’opérateur Citiz.

« Une aventure gagnant-gagnant »

Du point de vue de l’élu, le compte mobilité est avant tout « une aventure gagnant-gagnant ». Du côté des opérateurs, « chacun reste maître de sa facturation et de sa politique tarifaire. Mais ils ont tous intérêt à proposer la meilleure offre aux usagers pour les fidéliser puisqu’ils sont virtuellement abonnés à tous les systèmes de mobilité existant sur le territoire ». En moins de trois mois, le service de vélos partagés Vélocité, mis en place par JCDecaux, et le service d’auto-partage instauré par Citiz auraient été deux fois plus sollicités qu’à l’accoutumée.

Du côté des usagers, les bénéfices sont « l’accès facilité à un plus grand nombre de moyens de transport, un gain de temps et un gain d’argent », résume Denis Rambaud. Le compte mobilité étant un bouquet dématérialisé, les utilisateurs s’affranchissent de la logistique inhérente à l’achat et au stockage de tickets et autres abonnements. En outre, ils ont la possibilité de définir un budget mensuel (révisable à la hausse ou à la baisse à tout moment) à ne pas dépasser. L’application, qui enregistre leur consommation en temps réel (par exemple une demi-heure de location de vélo), leur envoie alors une notification dès qu’ils s’approchent du plafond fixé.

« De nouveaux services en 2019 »

Revers de la médaille pour Mulhouse Alsace Agglomération, afin de rester attractif, le compte mobilité est condamné à évoluer en permanence, yant en termes d’ergonomie que de services proposés. Pour coller toujours plus au concept de Maas, l’application devrait s’enrichir, au cours de l’année 2019, d’un calculateur d’itinéraire. Ce service permettra aux usagers de visualiser leur parcours, de choisir les modes de transport qu’ils souhaitent emprunter. Ils auront également accès à certaines informations relatives au trafic (embouteillages, perturbations de lignes…) et aux horaires de passage des lignes de transport en commun.

Dans un futur un peu plus éloigné, les habitants de ce territoire pourraient également avoir accès, juste avec leur smartphone, aux lignes TER desservant la région Grand Est (réservation de billets TER et intégration tarifaire des différentes gares de l’agglomération). Mulhouse Alsace Agglomération envisage par ailleurs d’intégrer au compte mobilité l’accès aux taxis. L’application permettant déjà de régler le stationnement dans certains parkings mulhousiens, Denis Rambaud espère qu’un jour elle offrira également aux possesseurs ou utilisateurs de véhicules électriques la possibilité de régler la recharge de leurs batteries.

Mots clefs associés à cet article : Transports en commun, Collectivités, Multi-modalité, Application

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