Comment l’Etat veut aider les fonderies automobiles à tourner la page ?

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Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie, et le Comité stratégique de filière (CSF) Automobile, représenté par son président Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, ont validé, lundi 26 avril 2021, l’avenant du contrat de la filière du CSF automobile. Au-delà d’un volet spécifique à l’électromobilité, il comprend d’importantes dispositions pour les fonderies.

Un fonds de 50 millions d’euros va être mis en place pour accompagner la reconversion des salariés du secteur automobile, dont les fonderies. « L’Etat y versera 30 millions d’euros, les constructeurs Renault et Stellantis 10 millions chacun, et les régions seront invitées à y participer », détaille Bruno Le Maire. Alors que plusieurs fonderies ont été placées en redressement judiciaire, ce fonds exceptionnel fait partie d’un « plan d’actions spécifique visant à accompagner les transitions de la filière de la fonderie automobile ».

Trop concentrés sur les métaux ferreux

Rappelons que trois équipementiers automobiles de la Vienne et de l’Indre, des filiales du groupe Gupta totalisant quelque 850 salariés, ont été placés en redressement judiciaire le 20 avril 2021. Dans l’Aveyron, l’unique repreneur de l’équipementier Sam a annoncé début avril qu’il retirait son offre. Dans le Jura, la fonderie automobile MBF est placée en redressement depuis novembre 2020 et sa situation doit être analysée cette semaine par le tribunal de commerce de Dijon.

« Notre outil de production est trop petit, trop dispersé sur le territoire. Nous sommes trop concentrés sur les métaux ferreux alors même que nous savons qu’ils vont être moins utilisés dans les véhicules électriques », met en exergue Bruno Le Maire, avant d’ajouter : « Tout cela doit nous amener à réfléchir à un meilleur accompagnement de ces entreprises et des salariés et à anticiper les difficultés plutôt que de les subir ».

Concrètement, il s’agit de soutenir les investissements pour la compétitivité et la diversification : « Au titre du plan de relance, les acteurs de la fonderie automobile ont déjà pu bénéficier de plus de 13,4 millions d’euros d’aides publiques qui sont venues soutenir 35,3 millions d’euros d’investissements productifs en France ».

L’Etat compte aussi promouvoir des démarches de consolidation du secteur, notamment grâce à la nomination par la PFA d’une personnalité qualifiée. « Le Fonds Avenir Automobile 2 (FAA2), d’une taille maximale de 525 millions d’euros, pourra intervenir pour renforcer les fonds propres des sous-traitants automobiles dans leurs projets de consolidation ».

Un enjeu social sensible

Alors que plusieurs échéances électorales se précisent, l’Etat veut également « accompagner la reconversion des salariés. L’étude prospective de l’observatoire de la métallurgie sur les emplois et compétences de la filière automobile sera prolongée par une analyse des écarts de compétences à combler entre les métiers en déclin et les nouveaux métiers, afin de proposer des formations adaptées aux salariés exposés à la perte d’emploi. Une déclinaison territoriale de l’étude menée dans le cadre de l’EDEC Auto (Engagement de développement des emplois et des compétences) sur les emplois dans la fonderie sera engagée pour identifier les emplois menacés et les emplois à pourvoir dans les bassins d’emplois les plus directement concernés par les acteurs de la fonderie les plus fragilisés. La mobilisation des dispositifs existants, comme Transitions collectives, sera renforcée, et un fonds exceptionnel d’accompagnement et de reconversion des salariés, doté de 50 millions d’euros avec un apport de 20 millions d’euros des constructeurs, viendra également soutenir les projets de reconversion des salariés licenciés dans le secteur automobile. Les modalités de mise en œuvre seront précisées dans les toutes prochaines semaines ».
Ces mesures sont directement liées aux territoires.

Mots clefs associés à cet article : Renault, Économie, Stellantis

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