Clément Molizon (Avere) : « Les entreprises peuvent accélérer le verdissement du parc français »

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L’Automobile & L’Entreprise : Le plan de relance automobile [présenté fin mai, ndlr] accorde une large place à la mobilité électrique. Comment l’interprétez-vous, sachant que l’Avere était associée aux discussions ?

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Clément Molizon est responsable des relations institutionelles de l’Avere-France.(© Avere)
Clément Molizon : Durant le [premier] confinement, nous avons beaucoup travaillé en lien avec Bercy et les membres du Gouvernement pour définir ce plan de relance et la part accordée aux véhicules électriques. Il faut souligner que tout le monde était aligné sur l’importance de l’électromobilité, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé. Les organismes professionnels qui demandaient des aides pour les véhicules thermiques étaient dans leur rôle, avec mesure. Les aides pour les véhicules électriques sont logiques, dans la mesure où les réglementations, comme CAFE, n’ont pas été modifiées ou reportées. Les objectifs de verdissement subsistent.

A&E : Les aides reviennent toutefois à leur niveau de 2018. Il n’y a pas d’évolutions majeures, n’est-ce pas ?

CM : Nous aurions mauvaise grâce de ronchonner, car les aides accordées représentent des montants élevés. Effectivement, on peut nourrir le petit regret de l’aide de 5 000 euros pour les entreprises, alors qu’on aurait pu revenir aux 6 000 euros. Mais il y a [eu] le second volet du plan en septembre et de nouvelles voies à explorer. Notamment le levier de l’amortissement et celui du verdissement de la TVA. Sans oublier tous les autres véhicules, VI, bus, deux-roues motorisés, etc.

A&E : Vous évoquez les entreprises. Faites-vous partie de ceux qui pensent qu’elles auront le premier rôle dans la reprise ?

CM : Nous sommes persuadés que ce canal sera un ressort névralgique pour que la reprise ait de la vigueur. Ce sont aussi les entreprises qui peuvent accélérer le verdissement du parc.

A&E : Le plan de relance prévoit une nouvelle fois un large déploiement des infrastructures de recharge. Peut-on imaginer que ce ne soit pas un nouveau rendez-vous manqué ?

CM : Le plan présenté par le Gouvernement prévoit en effet l’implantation de 100 000 bornes de recharge d’ici à fin 2021. En fait, c’est très ambitieux, car la feuille de route que nous avions nous fixait cet objectif pour la fin de 2022 ! Il va donc falloir passer à la vitesse supérieure, ce qui va dans le bon sens. Mais il convient néanmoins de garder à l’esprit qu’il y a des délais administratifs incompressibles, notamment dans la chaîne des autorisations. D’une manière générale, ce développement dispose des fondations nécessaires à sa réussite. Primo, les budgets sont débloqués, via les aides d’Advenir et le Turpe. Secundo, le risque peut être garanti par la Banque des Territoires [une direction de la Caisse des dépôts et consignations créée en mai 2018, ndlr]. Tertio, Enedis joue son rôle pour les raccordements, même si le principe de non-discrimination prime pour les GRD.

A&E : Quels sont vos dossiers prioritaires pour la suite ?

CM : Au-delà du second volet du plan de relance, il y a bien sûr Advenir, doté de 100 millions d’euros au lieu de 20 millions, pour favoriser la mise en service de 40 000 bornes de charge. En parallèle, nous avons un programme de sensibilisation des collectivités et des syndics. Pour accompagner au mieux les besoins, nous allons aussi créer un Observatoire des usages de la recharge. Nous allons également suivre les décrets d’application de la LOM, il en manque encore une dizaine. Bref, le programme est chargé, et nous devrons faire preuve d’agilité pour attribuer des ressources où ce sera le plus utile selon le scénario de la relance.

Entretien initialement publié dans le numéro 257 de L’Automobile & L’Entreprise.

Mots clefs associés à cet article : Electromobilité, Marché Flottes, Marché France, Véhicule électrifié , Avere-France

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