Clap de fin pour le Salon automobile de Francfort

Publié le par

Le VDA allemand a confirmé que Francfort allait perdre l’organisation du Salon automobile IAA, qui devrait être relocalisé à Berlin, Hambourg ou Munich.

Le stand BMW lors de l'édition 2019 du Salon automobile de Francfort. (© BMW Group)
Le stand BMW lors de l'édition 2019 du Salon automobile de Francfort. (© BMW Group)

Le coup est rude pour la ville de Francfort, qui vient de se voir signifier par le VDA, l’Union de l’industrie allemande réunissant les constructeurs automobiles domestiques, le retrait du Salon IAA. Un événement que l’on croyait indéboulonnable il y a peu quand les groupes BMW, Daimler ou Volkswagen rivalisaient de puissance avec des halls cathédrales, reléguant les stands des autres constructeurs au rang de faire-valoir.

JPEG - 385.6 ko
Angela Merkel sur le stand de Volkswagen lors du dernier Salon de Francfort. (© Volkswagen)

L’IAA mettra le cap sur Berlin, Hambourg ou Munich

Las, un porte-parole du VDA vient d’indiquer que le Salon automobile allait être relocalisé à Berlin, Hambourg ou Munich, les candidatures de Cologne, Hanovre et Stuttgart n’ayant finalement pas été retenues. On imagine aisément l’émoi des élus de Francfort et du Main, qui voient une histoire longue de plus de soixante-dix ans se refermer et leur image d’opulente place forte financière se craqueler. Ils paient le prix fort d’une édition 2019 particulièrement décevante, marquée par l’absence de nombreux constructeurs et une baisse significative du nombre de visiteurs.

Detroit, Genève, Tokyo, Paris…

Pour les observateurs étrangers, il s’agit aussi d’un symbole fort qui confirme que l’industrie automobile est actuellement l’objet de mutations profondes prenant le tour de l’expérience toujours incertaine dans un accélérateur de particules. Au-delà du nombre croissant des acquisitions dans le secteur, de la multiplication des partenariats et de l’essor de nouveaux entrants, les traditionnels Salons automobiles en sont les stigmates les plus visibles. Songez à l’historique Salon de Detroit, aux États-Unis, contraint de changer son calendrier sous la pression du CES de Las Vegas. Songez aussi à l’iconique Salon de Tokyo, qui peine à retrouver son image de vitrine technologique riche en avant-premières. Songez encore au Salon de Genève, l’îlot suisse que tout le monde décrivait comme imprenable et qui doit composer pour la deuxième année consécutive avec des défections majeures (Citroën, Ford, Jaguar, Land Rover, Mini, Mitsubishi, Nissan, Peugeot ou encore Volvo). Songez bien sûr au Salon de Paris, « notre » Mondial, qui, s’il peut encore faire valoir un dense visitorat, cherche à mettre un terme à son érosion et avance à tâtons sur la voie d’un Paris Motion Festival.

Une concurrence protéiforme

La difficulté de ces grands Salons s’explique à l’aune de plusieurs éléments : l’émergence de nouveaux événements sur des marchés incontournables, Chine et Inde en tête ; la concurrence entre organisateurs de Salons (les exemples de New York et de Los Angeles sont intéressants à plus d’un titre) ; les arbitrages budgétaires des constructeurs, mis face à des défis technologiques colossaux et obligés de piloter leur transformation digitale ; l’évolution des usages du grand public. Cet écheveau ne sonne pas le glas des Salons automobiles, mais on peut convenir que l’élaboration d’une nouvelle recette gagnante n’est pas acquise. Dans ce contexte et à l’acmé d’un cycle de ROI-roi, les deux prochaines années s’annoncent décisives.

Mots clefs associés à cet article : CES, Detroit 2019, Salon de Genève 2019, Paris Motor Show , IAA 2019, Francfort 2019

Voir aussi :

A la une
Suivez-nous RSS Twitter Linkedin
Newsletter