Chez Peugeot, le taux de transformation augmente avec les véhicules électriques

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Dans un post, Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque Peugeot et de PSA Retail, donne quelques précisions sur sa vision de ce qu’il appelle « la révolution électrique ».

© PSA Groupe
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« La rapidité et l’ampleur de la transition vers un monde automobile électrique sont remarquables et tandis que les émissions de CO2 moyennes par km en Europe se situent entre 115 et 120 grammes, la réglementation a posé une limite à 95 g/km depuis le premier janvier 2020 », écrit Jean-Philippe Imparato dans un post rédigé en anglais sur LinkedIn, avant de poursuivre : « Les choses n’avaient jamais changé aussi rapidement dans l’histoire de l’automobile. (…) Et ce n’est qu’un début ». Il fait ensuite référence aux objectifs encore plus ambitieux de 2030 et parle volontiers de « révolution électrique », formule plus forte que mutation ou transition.

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Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque Peugeot et de PSA Retail.

Le VE n’est pas cantonné au rôle de deuxième véhicule du foyer

S’il affirme que Peugeot est bien positionné pour atteindre ces objectifs, il pointe aussi du doigt que qu’il y a encore un écart important entre les objectifs de la Commission européenne sur les infrastructures de charge des véhicules et la réalité. Revendiquant une approche « customer centric », il explique que c’est pour cette raison que Peugeot a décidé d’accompagner tous ses clients optant pour un modèle électrique avec une solution de charge au domicile. L’objectif est de ne pas parasiter l’expérience électrique avec des problèmes matériels. D’ailleurs, un service de leasing a été conçu pour donner accès aux clients « électriques » à un véhicule thermique en cas de besoin spécifique, essentiellement lié à l’autonomie. « De nombreux experts avançaient que le véhicule électrique serait parfaitement indiqué pour être le deuxième véhicule du foyer. Mais aujourd’hui, on ne saurait exclure que ce soit l’inverse qui soit vrai », assène-t-il avec son art consommé de la punchline.

Taux de transformation de haute volée

Au sein de la marque, les premiers pas dans l’électrification sont prometteurs. Ainsi, Jean-Philippe Imparato met en exergue que les objectifs de ventes de la e-208 ont été dépassés en 2019 (105 %). Des objectifs qui étaient pourtant assez ambitieux. « Sur un total de 14 000 essais routiers, nous avons enregistré un taux de conversion de 38 %, à rapporter à un taux traditionnel de l’ordre de 20 % pour des modèles thermiques ! », détaille-t-il. Au final, Jean-Philippe Imparato s’appuie sur les retours d’expérience des clients pour s’approprier un slogan déjà entendu : « le véhicule électrique, l’essayer, c’est l’adopter ».

La difficulté de rester cohérent et sincère

En lisant ce post, on ne peut s’empêcher de penser aux sorties de Carlos Tavares, président du groupe PSA, sur le véhicule électrique  : « Le fait que les autorités nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant. Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge ? Comment est-ce que nous allons produire plus d’énergie électrique propre ? Comment faire pour que l’empreinte carbone de fabrication d’une batterie du véhicule électrique ne soit pas un désastre écologique ? Comment faire en sorte que le recyclage d’une batterie ne soit pas un désastre écologique ? ».
D’aucuns objecteront que ces propos ont été tenus il y a plus de deux ans lors du Salon automobile de Francfort. Certes, mais Carlos Tavares est revenu à la charge à plusieurs reprises depuis sur ce sujet.

Le Peugeot Landtrek, un pick-up à gros moulin diesel...

En outre, simultanément à la publication du post de Jean-Philippe Imparato, Peugeot annonce le lancement en 2020 du pick-up Landtrek. Un modèle dédié au « marché des pick-up une tonne » et réservé à l’Amérique latine et à l’Afrique, car, pour parler à l’ancienne, son gros moulin diesel ne passe naturellement pas les normes européennes.
En somme, et il ne s’agit nullement d’une spécificité de Peugeot, tous les constructeurs étant logés à la même enseigne à quelques très rares exceptions près, on réalise à quel point les groupes automobiles sont écartelés au gré des marchés et des demandes des clients. Ce qui complique les choses pour établir des argumentaires de ventes impossibles à prendre en défaut et pour orchestrer une communication qui ne soit pas soupçonnable d’insincérité ou porteuse d’un double fond intranquille…

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