« Cette année va être assez incroyable pour Skoda », assure Dorothée Bonassies, directrice générale de Skoda France

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À la tête de la branche française de Skoda depuis un an, Dorothée Bonassies nous livre son analyse de la marque qui monte du groupe Volkswagen.

« Cette année va être assez incroyable pour Skoda », assure Dorothée Bonassies, directrice générale de Skoda France

L’Automobile & L’Entreprise : Vous avez pris vos fonctions en mars 2018. Dans quel contexte avez-vous trouvé Skoda et quel bilan tirez-vous de cette première année ?

Dorothée Bonassies : L’année 2018 a été une année record pour Skoda avec 32 000 livraisons. La marque a progressé de près de 20 % par rapport à 2017. Côté flottes, nos volumes ont augmenté de 25 %. Cette très belle dynamique se poursuit depuis le début de l’année, et à fin mars nous affichons une croissance de 12 % de l’ensemble de nos livraisons sur un marché automobile globalement stagnant. Ces résultats sont une source de grande satisfaction et complètement en ligne avec les objectifs que nous nous étions fixés.

A&E : L’année 2019 s’amorce donc bien. Sur quelle actualité la marque va-t-elle pouvoir s’appuyer pour maintenir ce rythme de croissance ?

DB : Cette année va être assez incroyable pour Skoda avec trois lancements. Le premier sera la Scala dès la fin avril, pour une entrée dans les showrooms mi-juin. On arrive sur le segment de la berline compacte avec une belle voiture sur laquelle on ambitionne de réaliser 2 400 livraisons et 3 100 prises d’ordres dès cette année. En année pleine, nous visons les 4 000 livraisons. Le deuxième lancement concernera la Superb, qui va être restylée. Notre berline haut de gamme est vraiment plébiscitée par les sociétés et les VTC. Elle tient très bien sa place dans un segment en décroissance. On souhaite ainsi préserver un volume de 3 000 livraisons de Superb cette année. Pour avoir vu ce restylage, je peux vous dire que les équipes de la marque ont réussi à la faire encore plus belle qu’elle ne l’était, ce qui est une performance. Ce restylage va également appuyer son côté statutaire. Puis, la fin d’année sera marquée par l’arrivée du Kamiq. Le dernier de notre famille de SUV sera le plus petit et nous permettra de nous attaquer au segment des SUV urbains, qui explose.

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A&E : Le marché des SUV de segment B est déjà bien pourvu. Qu’est-ce que le Kamiq va apporter de plus ?

DB : Je pense que c’est l’élégance du Kamiq qui va lui permettre de sortir du lot. C’est un positionnement qui n’est pas encore exploité sur ce segment. Le Kamiq représente un grand enjeu pour nous car il devrait être dès l’année prochaine le modèle de notre gamme le plus vendu avec presque 10 000 unités. La maison-mère a donné la priorité à la France puisqu’elle nous alloue un important volume disponible dès le lancement, à la mi-octobre.

A&E : Même question pour la Scala. Va-t-elle réussir à faire oublier l’échec de la Rapid ?

DB : La Rapid est un gros succès pour Skoda puisque c’est le deuxième modèle de la gamme le plus vendu au monde. Mais ce n’était pas une voiture conçue pour cibler l’Europe de l’Ouest. Avec la Scala, on part sur quelque chose d’adapté aux consommateurs occidentaux. C’est un concentré de ce qu’il y a de mieux chez chacune de ses concurrentes. Elle peut compter sur son design volontaire à l’extérieur, son intérieur particulièrement réussi, sa qualité de finition, sa technologie et toujours sur une habitabilité poussée avec notamment le coffre le plus grand du segment pour séduire l’Europe de l’Ouest.

A&E : Quels sont vos objectifs pour 2019 ?

DB : Cette année devrait encore être record. Après les 32 000 livraisons de l’année dernière on est actuellement bien partis pour atteindre les 37 000 unités. D’ailleurs, nous étions initialement partis sur un objectif de 36 000 mais je pense qu’il sera dépassé. En parts de marché, nous avons déjà gagné 0,2 point. Sur les flottes, la progression est vraiment marquée avec 1,7 % de part de marché. L’autre bonne nouvelle, c’est que cette croissance se fait sur des canaux sains : le marché particulier, qui progresse de 0,3 point, pour atteindre les 1,5 %. Nous sommes parmi les dernières marques sur les marchés tactiques, ce qui veut bien dire que nous sommes sur une dynamique sûre de progression. Notre objectif est d’atteindre les 2 % de part du marché global pour 2021. Mais je pense que nous allons y arriver avant.

A&E : Difficile désormais d’évoquer une marque du groupe Volkswagen sans parler d’électrification. Quelle est votre feuille de route à ce sujet ?

DB : Nous allons arriver sur ce créneau dès le début de l’année prochaine avec la Citigo électrique. Cela ne sera pas une copie de la e-up ! actuelle puisqu’elle sera équipée d’une nouvelle batterie qui devrait lui permettre de parcourir 300 kilomètres. Plus d’informations seront révélées. Le deuxième modèle sera une version hybride rechargeable de la Superb.

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Enfin, l’année prochaine sera révélé notre premier SUV électrique, le Vision EV. C’est un modèle qui sera davantage axé sport que la gamme actuelle de Skoda. Il a été présenté au réseau lors d’une convention à Londres à laquelle j’assistais, et je peux vous dire qu’il y a eu un grand frisson dans la salle. C’est vraiment un modèle beaucoup plus sportif et émotionnel qui va marquer encore plus l’évolution de l’image et de la notoriété de la marque. C’est un vrai virage qui va nous permettre d’aller chercher une clientèle plus jeune, à la recherche de produits innovants. En fait, ce qui est reproché à Skoda c’est sa rationalité. Désormais on cherche à mettre plus d’émotion, tout en gardant nos forces, et ça se retranscrira sur l’électrique.

A&E : Seat a récemment été choisi au niveau du groupe Volkswagen pour développer une nouvelle plate-forme commune. Pourquoi pas Skoda ? Plus généralement, quel est le rôle de la marque au niveau du groupe ?

DB : Il n’y a pas de problème de désamour du groupe vis-à-vis de Skoda. Au contraire, il lui donne les clés du marché indien, qui présente l’un des plus gros potentiels. Skoda sera la marque mise en avant sur ce marché et va développer des modèles spécifiques qui seront utilisés par le groupe là-bas. D’une manière générale, la marque est mise en avant à l’international, et cela se traduit en termes de volumes puisque les livraisons devraient atteindre 1,3 million d’unités cette année contre 1,253 million en 2018. C’est donc l’une des marques phares du groupe avec en plus une profitabilité parmi les meilleures des constructeurs généralistes.

A&E : La parité ne semble pas exemplaire dans l’industrie automobile. Y aurait-il des leviers pour que les femmes y soient plus représentées ?

DB : Je vais parler de ce que je connais, c’est-à-dire de Skoda en France. Dans nos équipes, nous avons 40 % de femmes. Nous ne sommes donc pas loin de la parité, et cette répartition est effective à tous les niveaux de poste. Ce n’est pas quelque chose que je prends comme un objectif, ça s’est fait comme ça, avec les talents qui ont rejoint nos équipes. Je quitte, par exemple, une réunion marketing, et ce sont trois femmes qui ont pris le micro pour s’exprimer. Je pense donc que c’est une question de talent. Ces femmes en ont. Elles sont attirées par notre groupe et par l’image de bienveillance et de générosité de notre marque.

A&E : Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaitent faire carrière dans l’automobile ?

DB : J’ai le sentiment que tout est une question de volonté, d’ambition. Que vous soyez un homme ou une femme, si vous voulez accéder à des postes qui vous font envie, qui vous font plaisir, allez-y ! Vous pouvez le faire. je pense que les entreprises du secteur automobile donnent leur chance à chacun. Notre groupe fonctionne comme ça : montre-moi que tu as le talent, et toutes les portes te seront ouvertes. Peut-être que les femmes commencent à afficher leurs ambitions. Peut-être qu’on était un peu trop timides avant. Maintenant, il faut y aller, montrer que l’on a envie, qu’on va y arriver, qu’on va apporter quelque chose et faire grandir l’entreprise. Les femmes qui travaillent dans cette industrie, contrairement aux clichés que l’on peut avoir, affirment qu’elles sont reconnues et écoutées, épanouies. C’est un secteur qui ouvre grand ses bras sans qu’il soit pour cela nécessaire d’être un amoureux de la voiture. Les activités sont tellement différentes. Il existe très peu de secteurs où les champs des possibles sont aussi larges.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans le n° 245 de L’Automobile & L’Entreprise

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