Quelles évolutions pour les flottes d’entreprise françaises et européennes ?

Publié le par

La nouvelle édition du Baromètre des flottes de l’Arval Mobility Observatory (ex-OVE) permet d’obtenir une vision globale des pratiques françaises et européennes en matière de gestion de flotte… avec de nombreuses surprises à la clé.

(image d'illustration © Ruffa Jane Reyes / Unsplash)
(image d'illustration © Ruffa Jane Reyes / Unsplash)

Aucune flotte automobile ne ressemble à une autre. Ni en France, ni en Europe. Cependant, de grandes tendances en matière de gestion de parc peuvent se dégager pays par pays. Ce que s’emploie régulièrement à observer l’Arval Mobility Observatory et à restituer via son Baromètre annuel des flottes.*.

« [L’édition 2020 de] cette enquête, menée auprès de 5 600 entreprises européennes (dont 312 en France), confirme les changements profonds attendus pour les prochaines années en matière de choix énergétiques ou de nouvelles mobilités. Des tendances que la crise de la Covid-19 ralentira peut-être dans les mois à venir, mais ne remettra pas en cause sur le long terme », note en préambule l’ex-Observatoire du véhicule d’entreprise.

En ce qui concerne la gestion de flotte dans l’Hexagone, l’Arval Observatory Mobility a relevé les quatre grandes tendances suivantes.

Un mode de financement privilégié

Quand vient l’heure de renouveler des véhicules ou d’en faire entrer de nouveaux en parc, les entreprises et gestionnaires français privilégient un mode de financement parmi ceux existants. La location longue durée (LLD) est adoptée par 39 % des entreprises françaises. « Un score supérieur de dix points à la moyenne européenne (29 %). Hors de l’Hexagone, les entreprises privilégient globalement les achats comptants ou à crédit », souligne le Baromètre. Toutefois, ces deux modes de financement arrivent en deuxième position des pratiques françaises (26 %), loin de devant la LOA et le recours à un crédit auto classique.

« La location longue durée devrait encore accroître son implantation dans les années à venir, 50 % des entreprises ayant l’intention d’y faire davantage appel dans les trois ans, alors qu’elles n’étaient que 44 % à s’exprimer dans ce sens en 2019. Cette part atteint 64 % chez les entreprises de 1 000 employés et plus », précisent les auteurs.

Lente transition énergétique

« En France, la transition énergétique est actée dans les entreprises, mais toutes ne la conduisent pas à la même vitesse », avertit le Baromètre. Ainsi, 51 % des entreprises françaises interrogées (contre 31 % des entreprises européennes) estiment que « la norme WLTP va les contraindre à faire évoluer leur mix énergétique ». Dans le même temps, un tiers des structures sondées (33 %) « envisage de relever le seuil de CO2 » contre seulement 15 % à l’échelle européenne.

Ainsi, «  la part du diesel dans les parcs à trois ans est anticipée supérieure à celle du reste de l’Europe (55 % contre 49 %). En conséquence, le potentiel des énergies alternatives apparaît plus limité en France (55 % des entreprises les utilisent ou les envisagent à trois ans contre 62 % en Europe) », est-il indiqué.

Quid des véhicules électriques ? Bonne nouvelle, selon le Baromètre, «  la France compte autant d’entreprises équipées que l’Europe mais les “ non équipées ” se montrent encore particulièrement réfractaires à cette technologie ». Les principaux freins à l’investissement évoqués étant : le prix des véhicules, le réseau de rechargement et l’offre de véhicules. « À l’avenir, la France pourrait ainsi se retrouver distancée par d’autres pays », avertissent les auteurs de l’étude.

La télématique

S’il y a bien une spécificité française en matière de gestion de flotte automobile, c’est celle-là : la forte méfiance et la résistance des entreprises et gestionnaires face à la télématique. Les données issues de l’étude menée par Kantar sont claires : 28 % des entreprises françaises ont adopté des solutions télématiques, contre 33 % des entreprises européennes.

Trois principales raisons sont mises en avant parmi les utilisateurs de boîtiers :

  • l’amélioration de la sécurité des conducteurs (37 %) ;
  • la localisation des véhicules, l’amélioration de leur sécurité (36 %) ;
  • l’amélioration du comportements des conducteurs (34 %).

Inversement, deux freins empêchent le déploiement de ces technologies :

  • le sentiment d’intrusion que procurent ces outils (62 % des répondants) ;
  • la crainte de la non-acceptation par les employés (54 % des sondés).

Quid des nouvelles mobilités ?

La France s’est dotée d’une loi d’orientation des mobilités afin d’encourager les citoyens à abandonner le réflexe du « tout-voiture ». Pour faciliter les déplacements des salariés, un forfait mobilité – sorte de subvention versée aux collaborateurs – a même vu le jour.

« Un quart des entreprises autorisent les solutions de mobilité dans leur politique automobile. Il s’agit avant tout des transports publics (31 %) et du covoiturage (30 %) Ces politiques sont dans la moyenne de celles observées au niveau européen. La location moyenne durée arrive en troisième position en France des solutions utilisées (24 %). Elle est aussi la solution dont l’impact potentiel sur une réduction des tailles des flottes est le plus fort. Quant aux mobilités innovantes telles que le vélo (9 %), le budget mobilité (13 %) ou la carte mobilité (12 %), elles restent plus marginales en France », relèvent les auteurs.

* Méthodologie :

Enquête menée par Kantar du 10/1/2020 au 11/2/2020 auprès de 312 entreprises dont la flotte inclut au moins un véhicule (VP ou VUL). Panel composé de 30 % d’entreprises employant moins de 10 salariés, 20 % d’entreprises employant de 10 à 99 salariés, 27 % d’entreprises employant de 100 à 999 salariés, 20 % d’entreprises employant plus de 1 000 salariés.

Enquête menée dans les mêmes conditions auprès de 5 600 entreprises (4 794 en Europe) dont la flotte inclut au moins un véhicule et dans 20 pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Brésil, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Russie, Suède, Suisse et Turquie.

Mots clefs associés à cet article : LLD, Achat, Crédit classique, Marché Flottes, Marché France, Marché Europe, Gestion de parc, Télématique, Arval Mobility Observatory, énergies alternatives

Voir aussi :

A la une
Suivez-nous RSS Twitter Linkedin
Newsletter