Carlos Tavares entre rêve américain et cauchemar chinois

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A l’occasion d’une conférence organisée suite à l’annulation du Salon automobile de Genève, le président de PSA, Carlos Tavares, est revenu sur les succès de son groupe, mais aussi sur les défis qui lui sont aujourd’hui proposés.

Carlos Tavares affirme que PSA respecte d'ores et déjà la cible d'émissions de CO2, 93 g, qui lui a été assignée en 2020. (© PSA Communication / Dominique Pizzalla)
Carlos Tavares affirme que PSA respecte d'ores et déjà la cible d'émissions de CO2, 93 g, qui lui a été assignée en 2020. (© PSA Communication / Dominique Pizzalla)

Au-delà de la crise du coronavirus et des problèmes d’approvisionnement qu’elle pourrait poser si la situation venait à durer (pour l’heure, hormis en Chine naturellement, les sites de PSA tournent à plein régime, même si des solutions sont recherchées pour contourner les 4 % d’approvisionnements venant de l’Empire du Milieu), Carlos Tavares s’est surtout réjoui des résultats obtenus en Europe. « Notre carnet de commandes est très bien rempli et nous devons donc relever le défi de la production », souligne-t-il, tout en ajoutant à propos des objectifs d’émissions de CO2 : « Pour l’exercice 2020, la cible assignée à PSA est de 93 grammes et nous nous y tiendrons. Nous avons déjà respecté cet objectif en janvier et en février et nous le ferons chaque mois de l’année. Nous n’avons pas une approche de moyenne annuelle, car nous anticipons des pratiques agressives de certains concurrents en fin d’année, à partir du moment où ils ne seront pas dans les clous ».

Les véhicules électriques deviendront-ils mainstream ?

Les ventes de modèles électriques (BEV ou PHEV) oscillent entre 10 et 20 % selon les modèles et les semaines, ce qui correspond aux ambitions du groupe, mais Carlos Tavares reste prudent par rapport à un réel essor de la demande : « Pour l’heure, nous constatons que les acheteurs sont engagés, manifestant un parti-pris citoyen ». Impossible de savoir avec certitude si cet élan deviendra mainstream. Parallèlement, le président de PSA met en exergue les progrès continus réalisés sur les modèles thermiques pour contenir leurs émissions (aérodynamique, gestion de la climatisation, résistance au roulement des pneumatiques…). A ses yeux, la période qui s’ouvre aujourd’hui sera décisive : « Les véhicules propres sont là, sur le marché. Chez PSA, c’est le fruit d’une décision prise dès 2014 quand j’avais présenté le plan « Back in the race ». Mais pour les cinq années à venir, il va s’agir de les rendre accessibles au plus grand nombre ».

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Avec ses différentes marques, PSA compte 10 véhicules électrifiés au catalogue.

Revenir aux Etats-Unis avec un modèle de distribution innovant

Au chapitre de l’internationalisation, Carlos Tavares a notamment confirmé que le retour de Peugeot sur le marché américain restait à l’étude. « Nous intégrons désormais forcément FCA dans l’équation, mais la réflexion sur le retour de Peugeot est maintenue, avec des modèles de distribution et de maintenance que nous voulons très innovants ». Aucune date n’a été avancée, même si on parlait il y a peu de 2023, via les nouvelles générations des SUV 3008 et 5008. Et pour les équipes qui travaillent sur le projet, Tesla fait bien entendu partie du benchmark, même si l’appui des réseaux traditionnels des marques de FCA n’est pas à négliger.

Trouver le moyen d’exister en Chine

Parmi les autres grands marchés mondiaux, l’urgence concerne la Chine où les résultats des marques distribuées sont catastrophiques (117 000 unités environ en 2019, Asie du Sud-Est comprise, à rapporter aux quelque 750 000 de 2014) et les relations dans les coentreprises avec les partenaires chinois détestables, voire déjà rompues (Capsa). « Nous n’abandonnons pas la partie et nous allons trouver une voie pour nous relancer en Chine », promet Carlos Tavares, qui assure que la situation était en voie d’amélioration au second semestre de 2019, toujours sous la houlette de Carlos Gomez. Abaissement du point mort et optimisation de la compétitivité sont à l’agenda, avec un objectif officieux de l’ordre de 400 000 ventes en 2025. La réussite sur ce marché est importante pour le groupe, et notamment DS Automobiles. « DS peut être viable sans la Chine, par son seul succès européen », estime cependant Carlos Tavares, avant de poursuivre : « DS a de la place pour se déployer et faire parler ses arguments, la french touch, dans la modernité, la sophistication et le raffinement ».

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Après plusieurs tentatives infructueuses, Carlos Gomez doit remettre PSA sur les rails de la croissance en Chine.

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