Brexit time !

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Vendredi 31 janvier 2020, le Royaume-Uni est officiellement sorti de l’Union européenne à minuit, heure française. L’impact sur le secteur automobile n’est pas anodin, et les glissements de terrain ont déjà débuté.

L'usine Nissan de Sunderland lors de la sortie de chaîne du millionième Juke. (© Nissan)
L'usine Nissan de Sunderland lors de la sortie de chaîne du millionième Juke. (© Nissan)

Après plus de trois ans et demi d’un feuilleton aussi protéiforme que complexe, même s’il fut parfois rocambolesque, le Brexit s’est bel et bien se matérialisé le vendredi 31 janvier 2020. En effet, le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne à minuit, heure française. Si rien ne change véritablement au 1er février (de nouvelles règles interviendront le 31 décembre 2020), l’économie britannique est néanmoins bousculée, à l’image de la City et de ses futures zones d’influence, et les lignes de l’économie mondiale bougent.

La production automobile britannique dévisse

Le secteur automobile en est une bonne illustration, même s’il a déjà été ébranlé outre-Manche ces trois dernières années. En témoigne une année 2019 vraiment morose, la production automobile britannique dévissant notamment dans des proportions comparables à celles de la grande crise, « the big one », de 2008-2009. Selon les chiffres que vient de livrer l’organisme SMMT (Society of Motor Manufacturers and Traders), la production a ainsi baissé de 14,2 % en 2019, à 1,3 million de véhicules légers.

L’ombre d’un combat de barrières douanières

En revanche, le niveau des investissements a presque doublé, pour atteindre quelque 1,3 milliard d’euros, grâce au choix de Jaguar Land Rover (groupe Tata) de produire des véhicules électriques dans l’usine de Castle Bromwich. Pour plusieurs experts, il s’agit donc d’un trompe-l’œil, et Mike Hawes, président du SMMT, qui avait déjà tiré la sonnette d’alarme fin 2019, répète à l’envi qu’il est impératif que « nous rétablissions notre compétitivité mondiale. Et cela débute par un ambitieux accord de libre échange avec l’Europe ». En clair, s’épargner l’instauration de droits de douane et un jeu de bras de fer sur les barrières commerciales.

Des incertitudes nombreuses et pesantes

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Le top 10 des modèles les plus vendus au Royaume-Uni en 2019.

L’industrie automobile anglaise reste donc très fragilisée, surtout que les exportations vers la Chine (– 26,4 % en 2019) et le Japon (– 17,7 % en 2019) sont aussi en net repli. Au niveau des usines, Honda et Ford ont déjà annoncé des fermetures, tandis que de nombreuses interrogations demeurent autour de Nissan (niveau de charge de Sunderland), PSA (Ellesmere Port), ou encore Toyota. On peut aussi rappeler que le patron de Tesla, Elon Musk, a dernièrement affirmé que la candidature du Royaume-Uni pour la gigafactory européenne avait été éliminée à cause des incertitudes relatives aux conséquences du Brexit (l’implantation de Tesla sera à Berlin, en Allemagne).

Au-delà du volet industriel du dossier, l’activité commerciale du secteur est aussi pénalisée. Ainsi, en l’espace de deux ans, le marché britannique a déploré une perte sèche de plus de 200 000 immatriculations. L’inquiétude est donc aussi de mise chez les concessionnaires. Notons encore que le canal des flottes a fait preuve de stabilité en 2019 (+ 0,8 %).

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La Une du quotidien The Guardian du 31 janvier 2020.

Mots clefs associés à cet article : BMW, Jaguar, Land Rover, Nissan, Opel, Electromobilité, Marché Europe, Véhicule neuf (VN), PSA, ACEA

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