Auto-partage : Clem’ étend l’électromobilité aux utilitaires

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Pour des déplacements ponctuels sur de courtes distances, l’auto-partage devient une alternative à la détention d’un véhicule. À Paris, Clem’ répond à un double besoin des professionnels : transporter jusqu’à 4 m³ et rouler en électrique pour échapper aux restrictions de circulation.

©Clem'
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« On intervient à un moment de rupture en raison du manque de places de stationnement dans Paris, de l’interdiction du diesel ou encore du souci de réduire les émissions ce carbone dans le bilan annuel » annonce en préambule Bruno Flinois, président-fondateur de Clem’. Lancée en 2010, cette start-up s’est rodée à l’auto-partage dans les territoires ruraux et périurbains, en proposant un service clés en main à quelque 200 collectivités. Depuis février 2020, elle a également mis une roue à Paris en remportant un appel d’offres de la mairie. Objet du marché : créer un service d’auto-partage dédié aux professionnels en exploitant une partie des anciennes bornes Autolib’. Avant l’été, 54 stations ont été relookées en vert anis et frappées du logo « Clem’ ». Particularité de ces emplacements : ils accueillent des utilitaires 100 % électriques. « Il sont réservables avec notre application pour des usages tels que l’approvisionnement d’un commerçant à Rungis ou des livraisons  », évoque Bruno Flinois.

Des usages ciblés qui ont dicté le choix de deux types de véhicule. D’un côté, des Nissan e-NV200 qui affichent une autonomie de 230 kilomètres. Leur volume utile de chargement, qui atteint 4,2 m2, permet d’y loger deux euro-palettes. De l’autre, Clem’ a racheté des Kangoo Z.E. d’occasion à une grande entreprise de distribution de courrier. Leur livrée jaune, qui a été conservée, rappelle qu’ils ont fait leurs preuves dans la distribution de petits volumes. Forts d’une soixantaine de kilomètres d’autonomie, ces Kangoo répondent à des besoins de déplacement sur de courts trajets, tels que des tournées urbaines.

Tarification attractive

Pour offrir de la souplesse à ses clients, Clem’ propose une tarification qui débute à la demi-heure : 5,50 euros pour le e-NV200 et 1 euro de moins pour le Kangoo (qui valorise un prix d’acquisition plus faible en VO). À la journée, les tarifs atteignent respectivement 49 et 39 euros. Une grille tarifaire qui ne doit rien au hasard puisque le service a été testé pendant deux ans dans le deuxième arrondissement. « Pendant l’expérimentation, nous avons fait gagner à nos clients 4 000 euros par an, en moyenne », affirme Bruno Flinois. Pour obtenir ce chiffre, Clem’ a comparé les coûts complets, incluant le parking et l’assurance. Résultat : 200 à 300 euros par mois en utilisant l’auto-partage contre 600 à 800 euros avec un autre véhicule. « Un véhicule auto-partagé est utilisé par une dizaine de personnes, argumente le président fondateur. De plus, les clients modifient leur manière de travailler, par exemple en mixant des tournées pour ne les faire qu’un jour sur deux. »

Clem’ a également peaufiné son offre dans le but d’améliorer la disponibilité des véhicules. Deux formules d’abonnement : « Garantie » (70 euros mensuels donnant droit à une réduction de 20 % sur le tarif de location) et « Garantie Premium » (200 euros avec une réduction de 40 %), permettent aux professionnels de bloquer les créneaux horaires de leur choix. La formule supérieure permet même de verrouiller son planning de location jusqu’à 36 mois à l’avance pour six conducteurs maximum. Seuls les créneaux non réservés par ces utilisateurs privilégiés apparaissent ensuite disponibles pour les autres clients qui utilisent la formule de base, baptisée « Flex  ». Attention cependant pour les entreprises qui souscriront un abonnement « Garantie » pour la première fois : elles devront composer durant quelques semaines avec le planning de réservation en cours avant que tous les créneaux qui les intéressent ne se libèrent (les réservations Flex sont en effet enregistrées pour 30 jours maximum). Par conséquent, les entreprises qui visent d’emblée un usage intensif de Clem’ ont intérêt à basculer progressivement vers cette solution de mobilité.

Montée en charge

Autre point à considérer avant de souscrire, Clem’ propose un auto-partage en boucle et non en free floating, ce qui implique de ramener le véhicule à son point de départ. Heureusement, un arceau sécurise l’accès à la borne. Par ailleurs, attention à vérifier le niveau de recharge du véhicule avant un trajet. Si ce dernier vient d’être utilisé, il n’offrira sans doute pas l’autonomie théorique maximale de 230 kilomètres ou de 60 kilomètres pour chacun des modèles. Sur ce point, Clem’ fait preuve de souplesse en permettant de le rebrancher et d’en prendre un autre. De même, en cas de dépassement de la durée d’utilisation prévue (à cause des bouchons par exemple), un bouton permet d’avertir d’un retard, et une tolérance de quelques minutes est prévue… à condition de prévenir avant que la durée de location soit écoulée. Dernier point de vigilance pour maîtriser les coûts d’utilisation de Clem’ : ne pas négliger d’effectuer le tour du véhicule avant de démarrer. Cela permettra de signaler d’éventuelles dégradations par un précédent utilisateur et ainsi d’éviter des frais de remise en état (dans la limite d’une franchise de 1 000 euros si les dégâts sont supérieurs à ce montant).

Lancé pendant le confinement, l’auto-partage de Clem’ répond à la demande des professionnels avec 1 200 abonnés pour 133 véhicules en service. Une flotte encore modeste comparée à celles des autres acteurs de l’auto-partage à Paris. Cependant, le plan de développement de Clem’ prévoit d’atteindre 266 utilitaires en service d’ici à un an. Un accord avec le conseil régional devrait également lui ouvrir l’accès à une cinquantaine de stations supplémentaires.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule utilitaire léger (VUL), Autopartage

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