Assurance auto : les véhicules électriques en ligne de mire

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Alors que le véhicule électrique tend à se démocratiser pour remplacer à terme les modèles thermiques, les assureurs tentent de mieux appréhender les changements que cela pourrait engendrer en matière d’accidentologie. Car, au vu des premiers chiffres, l’augmentation de la puissance, les nouveaux modes de propulsion et l’utilisation croissante de systèmes d’assistance à la conduite imposent de nouvelles exigences à l’ensemble des usagers de la route.

 Pour Axa, les voitures électriques sont en principe aussi sûres que les autres. Leurs conducteurs et les autres usagers de la route doivent toutefois s’adapter à leurs particularités et adopter la bonne attitude. ©Axa / Melanie Duchene
Pour Axa, les voitures électriques sont en principe aussi sûres que les autres. Leurs conducteurs et les autres usagers de la route doivent toutefois s’adapter à leurs particularités et adopter la bonne attitude. ©Axa / Melanie Duchene

À en croire les premières évaluations statistiques relevées par la branche suisse de l’assureur Axa*, la fréquence de sinistres des voitures électriques est globalement comparable à celle de leurs homologues thermiques. Mais cette tendance cache toutefois de fortes disparités en fonction de la classe du véhicule. « Alors que les voitures électriques des catégories micro et mini provoquent environ 10 % de sinistres en moins que les voitures traditionnelles de ces mêmes segments, la fréquence de sinistre des modèles plus puissants des catégories luxe et SUV est environ 40 % plus élevée », constate l’assureur. Pour les spécialistes, l’accélération explique en partie ce phénomène.

Une accélération plus rapide et silencieuse

« L’accélération maximale est directement disponible, alors que pour les moteurs à combustion, même très puissants, il faut un moment avant de l’atteindre. Les conducteurs sont confrontés à de nouvelles exigences », commente Bettina Zahnd, responsable recherche accidentologie et prévention chez Axa Suisse. Autre particularité de ces véhicules : leur silence. Le démarrage du moteur ne s’entend pratiquement pas. « Une manœuvre a priori anodine peut donc causer un accident », poursuit l’assureur qui a mené plusieurs séries de crash-tests au mois d’août. Les constructeurs répondent toutefois à ce reproche en équipant les moteurs d’un son spécifique à chaque marque. Notons d’ailleurs que depuis juillet 2019, selon un règlement européen, tous les nouveaux véhicules hybrides et électriques doivent être équipés d’un signal d’avertissement acoustique afin de protéger les piétons. Cette obligation ne concerne pas les anciens modèles.

Vers une hausse des primes d’assurance ?

Si, pour le moment, les assureurs proposent plutôt des offres moins chères pour les véhicules électriques, les différentes études menées à l’heure actuelle pourraient bien changer la donne. « Nous prendrons des mesures dès que nous serons sûrs que les tendances sont significatives ou dès que nous verrons que les coûts des accidents impliquant des véhicules électriques sont nettement plus onéreux que d’autres », a confié aux Echos Bettina Zahnd.

*La Suisse compte environ 25 000 voitures électriques.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Assurance, Accident, Axa France

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