À quoi va ressembler l’après-Autolib’ ?

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Que vont devenir les places de stationnement et les bornes Autolib’ ? Quel futur pour les 250 salariés du service ? Quels autres moyens d’auto-partage pour les usagers ? L’Automobile & L’Entreprise fait le point sur l’après-Autolib’.

Les élus souhaitent une « sortie en douceur » du service Autolib'.
Les élus souhaitent une « sortie en douceur » du service Autolib'.

C’est officiel, le Syndicat Autolib’ Velib’ Métropole a voté le 21 juin la résiliation du contrat qui liait Autolib’ et le groupe Bolloré. Cette décision fait suite aux 233 millions d’euros de déficit prévisionnel du service, somme que le groupe de Vincent Bolloré réclamait aux 98 communes membres d’Autolib’. Bien qu’évoquée plusieurs fois ces dernières semaines, la fin d’Autolib’ tombe comme un couperet pour les 250 salariés du service d’auto-partage, puisqu’ils pourraient se retrouver au chômage dès lundi. Selon nos nos confrères de France Info, des réunions sont toutefois prévues dans la semaine à venir pour évoquer l’avenir des salariés du groupe. Mauvaise nouvelle aussi pour les plus de 100 000 utilisateurs réguliers, qui ont tenté sans succès de se faire entendre via unepétition signée par près de 23 000 personnes ce vendredi 22 juin.

Une sortie en douceur

La date exacte de la fin du service n’est pas encore connue. « Un dialogue est en cours entre le Syndicat et [le groupe Bolloré] pour déterminer la date d’arrêt du service Autolib’, précise un communiqué de la mairie de Paris. Les élus parisiens préconisent une sortie en douceur, échelonnée sur plusieurs mois, qui laisserait le temps aux abonnés de se reporter sur d’autres services et aux salariés d’être reclassés dans de bonnes conditions dans d’autres filiales du groupe Bolloré. »

Ouverture des places Autolib’ à tous les véhicules électriques

La mairie de Paris tient aussi à rappeler que d’autres services d’auto-partage sont déjà disponibles dans la capitale : 600 véhicules sont déjà mis en place par Communauto, Ubeeqo et Zipcar, mais aussi par Renault Mobility et Zencar. D’autres entreprises devraient déployer leurs flottes dans les prochains mois, précise la mairie de Paris, pour porter rapidement « l’offre parisienne d’auto-partage à plusieurs milliers de véhicules ». Quant aux 3 244 places de stationnement et bornes de recharge actuellement réservées à Autolib’, elles seront ouvertes à tous les conducteurs de véhicules électriques. Le stationnement y sera gratuit, dans la limite de six heures consécutives.

Un gouffre financier

Mis en place en 2011 par le groupe Bolloré en collaboration avec la mairie de Paris, Autolib’ affiche depuis quelques années des résultats financiers inquiétants. Fin 2016, le bureau de recherche spécialisé sur la mobilité 6t s’était penché sur la question. Voici les conclusions de cette enquête : « Le nombre d’abonnés à Autolib’ augmente régulièrement, mais la fréquence d’usage par abonné et le nombre de trajets par voiture diminuent. Alors que les responsables d’Autolib’ présentent des objectifs de rentabilité exprimés en nombre d’abonnés, les résultats de notre étude montrent que l’augmentation du nombre d’abonnés ne peut à elle seule garantir la pérennité du service. » Les auteurs de l’étude terminent leur travail sur ces mots qui sonnent comme une prémonition : « Espérons que l’Autolib’ ne connaisse pas le destin d’une autre innovation française, le Concorde : une réussite politique, une réussite technologique mais un échec économique ! »

Crédit Photo : Avere France.

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