Transition énergétique : la révolution silencieuse

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La filière GNV et bioGNV se présente comme une alternative aux carburants pétroliers, mais pas que…

Fiat est le seul constructeur à disposer d'une gamme roulant au GNV.
Fiat est le seul constructeur à disposer d'une gamme roulant au GNV.

Alors que l’électricité occupe peu à peu les parkings des municipalités, des collectivités, des industriels et l’espace médiatique, Fiat FCA invitait à Paris les acteurs économiques et institutionnels de la filière GNV/bioGNV. Objectif : inaugurer un site internet dédié à la filière www.transitiongnv.com et transisionbiognv.com, mais surtout faire le point sur la filière biogaz.

Réutiliser les déchets

À quelques jours de la COP21, il était bon de rappeler que les déchets organiques traités par méthanisation produisent du biogaz. Ce biogaz est alors transformé en biométhane, permettant d’alimenter les collectivités en carburant.

Pierre Coursan, chef du marché biométhane chez Suez Environnement, a ainsi donné des exemples de traitement de réutilisation des déchets : « À Grenoble, une station d’épuration permet de fournir en carburant la totalité des bus de la ville, et à Valenton Suez Environnement a développé une technologie de biométhane liquéfié pouvant alimenter des poids lourds. Une ville de 100 000 habitants produit assez de biométhane pour faire rouler quarante bus ou poids lourds à l’année. »

De son côté, Air Liquide revendique une légitimité sur toute la chaîne de valeur du biométhane – de la transformation du biogaz brut à la distribution – à travers sept unités de distribution sur les quinze qui seront opérationnelles à la fin de l’année. Un déploiement qui ne se limite pas à la France puisque Air Liquide a récemment fait l’acquisition en Suède de plus de cinquante stations.

Côté constructeurs, Fiat est le seul à proposer un VP GNV/bioGNV pour le transport de personnes et trois VUL pour le transport de marchandises. Si Fiat est leader européen pour les VP avec 55 % de part de marché, en PL Renault/Volvo Trucks, Scania, Mercedes-Benz bataillent ferme autour de la question. Et que dire du pionnier Iveco, dont l’offre existe depuis 1996 et qui fait rouler plus de 9 000 véhicules GNV de tout type (utilitaires légers, industriels, bus et autocars) en Europe ?

Inciter fiscalement

Parmi les principaux utilisateurs, on relèvera le cas du groupe Carrefour. Ce dernier a fait le choix de la technologie biogaz pour trois raisons : l’environnement et le gain réalisé sur les émissions de CO2, l’enjeu de santé public avec la diminution et/ou l’absence de rejet de particules, et enfin la réutilisation d’une partie des déchets des magasins. Autre exemple avec Keolis, opérateur de transport de personnes, qui fait rouler plus de mille bus au GNV dans des villes comme Strasbourg ou Bordeaux.

La méthanisation des déchets est autorisée depuis 2011 et 2014 pour les stations d’épuration. Alors, pour valoriser la filière, l’Assemblée nationale a voté un amendement afin d’inciter les entreprises à rouler au GNV ou bioGNV. Il s’agit principalement d’une incitation fiscale due au surcoût de l’investissement. Dans l’attente du vote au Sénat, le GNV semble sur le bon chemin de la reconnaissance de carburant propre.

À noter toutefois que la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) ou taxe pollueur/payeur, qui existe depuis 2000, ne couvre pas suffisamment les besoins de financement d’infrastructure. Selon l’Ademe il est nécessaire de poursuivre sa progression pour les quatre ans à venir. En France, on n’a pas de pétrole mais on a des déchets, alors la révolution silencieuse de la filière biogaz est en route.

Mots clefs associés à cet article : Fiat, GNV, Carburants alternatifs

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