Tests automobiles : peu clairs et encore moins concluants

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Lancé à l’automne dernier après la découverte du système de fraude de Volkswagen, le programme de tests vise à évaluer les émissions réelles d’oxydes d’azote (NOx) et de gaz carbonique (CO2) en passant 100 véhicules au crible du laboratoire et d’essais routiers en conditions proches du réel. Les résultats donnés restent mauvais et surtout généraux sans beaucoup de précisions… À se demander pourquoi !

Pas bons du tout, les résultats !
Pas bons du tout, les résultats !

La commission technique, mise en place par la ministre de l’Environnement, a produit un nouveau bilan des tests d’évaluation des émissions des voitures. Mais les résultats demeurent malheureusement trop généraux – et plutôt mauvais –, sans possibilité d’obtenir des données précises et détaillées pour chacun des véhicules, malgré nos demandes…
Le bilan présenté jeudi 7 avril par la commission porte sur 52 véhicules (la moitié du panel prévu), dont 27 produits par les trois constructeurs français. Les véhicules ont été soumis à trois types d’essais : deux sur bancs à rouleaux en laboratoire, un sur piste en reproduisant le cycle d’essai sur route.

Des résultats plutôt mauvais

Pour le contrôle des NOx en laboratoire, un quart des véhicules présentent des résultats insatisfaisants. Et il est à noter que deux modèles produits par Volkswagen « dépassent largement l’écart jugé acceptable ». Sur piste, c’est encore pire : « Une majorité de véhicules Euro 6 testés dépassent de plus de cinq fois leur limite d’émission (80 milligrammes au kilomètre), et quelques-uns vont même bien au-delà. À noter que certains Euro 5 sont dans le même cas. » Sont particulièrement visés : les moteurs Euro 6 équipés des technologies EGR* et trappes à NOx **, dont les émissions d’oxydes d’azote comptent parmi les plus élevées.
Aucune amélioration à attendre non plus du côté du CO2. Sur banc, la moitié des voitures dépasse de 12 % au moins la valeur normative. En conditions réelles, les trois quarts des véhicules testés présentent des niveaux d’émission de 20 % à 50 % supérieurs à la déclaration faite par les constructeurs.

* L’EGR est un dispositif qui redirige une partie des gaz d’échappement dans le collecteur d’admission pour réduire les émissions d’oxydes d’azote.
** Le « NOx Trap » est un système de catalyse des oxydes d’azote.

Le programme de tests en bref

Le programme de tests comporte deux étapes :
- Éprouver la méthodologie de détection sur 10 véhicules, dont les véhicules Volkswagen incriminés ;
- Contrôler 90 véhicules, de toutes marques, classés Euro 4 (2005) à Euro 6 (depuis 2014). Si l’essai en situation de conduite réelle montre des émissions trop importantes par rapport à celles mesurées sur banc, cela induira une forte suspicion de fraude avec activation d’un logiciel qui aura détecté le test sur bancs. Dans ce cas de fraude soupçonnée le véhicule fera l’objet d’investigations approfondies.

La réalisation des essais se fait dans des conditions d’homologation en modifiant certains paramètres afin d’identifier différents types de leurres potentiels. Ils sont de deux types :
- sur banc à rouleaux, mais avec une procédure modifiée par rapport à la réglementation ;
- sur piste d’essai.

Mots clefs associés à cet article : CO2, NOx, Pollution

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