Restrictions de circulation à Paris : Trop, c’est trop !

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Décidément, Paris et son maire font tout pour chasser les véhicules en dehors de l’agglomération… Et c’est aujourd’hui le tour des voitures les plus anciennes, donc de ceux qui n’ont pas nécessairement les moyens d’en changer : scan-da-leux !

L'association 40 millions d'automobilistes monte au créneau.
L'association 40 millions d'automobilistes monte au créneau.

Le 7 décembre 2014, madame la maire de Paris dévoilait à la presse et aux Franciliens les principales mesures de son « plan antipollution » pour la capitale, dans le but d’« améliorer la qualité de l’air » et de réduire « la pollution aux particules ». Unique facteur alors mis en cause : la voiture, et en particulier le diesel, nocif mais toujours fiscalement favorisé par le gouvernement malgré le résultat des études menées, notamment, par l’OMS (l’Office mondial de la santé).

À l’annonce des multiples mesures restrictives, l’association 40 millions d’automobilistes avait lancé une pétition en ligne sur le site internet www.remboursemabagnole.com demandant aux automobilistes concernés de se mobiliser contre la promulgation à venir des interdictions de circulation à Paris. L’association appelait alors Mme Hidalgo à revoir sa copie en proposant un certain nombre de solutions.

Depuis, la maire de Paris n’a cessé de réaffirmer dans tous les médias son intention d’aller au bout de son projet : « À partir du 1er juillet 2016 [...] il y aura des pastilles identifiant les véhicules les plus polluants qui ne seront pas autorisés à circuler dans Paris de 8 h 00 le matin à 20 h 00 le soir. » Raison nécessaire et suffisante pour que 40 millions d’automobilistes, en collaboration avec Me Jean-Baptiste Iosca, avocat spécialiste du permis de conduire au barreau de Paris, lance, ce 11 mai, la deuxième phase de l’opération « Rembourse ma bagnole » : une action collective dans le but d’obtenir une indemnisation du préjudice financier subi par les automobilistes franciliens.

Les mesures proposées par Anne Hidalgo ont été débattues et votées par le Conseil de Paris le 9 février 2015. Elles ont pour but, selon les propres dires de l’élue, de « restreindre la circulation des véhicules les plus polluants », mais surtout de prononcer « la fin du diesel à Paris en 2020 [...] et au-delà du périphérique ».

Trop, c’est trop !

À cela, plusieurs réponses : d’abord les véhicules anciens peuvent aujourd’hui être dépollués (système rétrofit pour les véhicules non équipés en première monte). Par ailleurs ils parcourent généralement peu de kilomètres et, surtout à l’époque, la proportion de véhicules essence était non négligeable. Et puis il y a tous les deux ans un contrôle technique draconien, y compris sur les émissions de CO2.

Même si un exemple ne démontre rien et ne sert qu’à illustrer un propos, je ne résiste pas à l’envie d’évoquer mon propre cas : je roule, excusez-moi madame Hidalgo, avec un véhicule datant de 1998 à moteur essence et qui, à l’époque, a reçu la première pastille verte (toujours en place sur mon pare-brise). Donc un véhicule qui n’émet ni NOx ni particules et qui dispose d’un pot catalytique que j’ai même dû changer (600 euros) lors de mon dernier contrôle technique. Et l’on voudrait m’interdire de rouler avec ?…

De quel droit pourrait-on vouloir ainsi ajouter à la sévérité du contrôle technique (parfois perçu comme un racket supplémentaire…) une interdiction administrative de circuler ? C’est là une restriction des libertés inacceptable, sans compter que bon nombre de Franciliens ont autre chose à faire de leur argent que de changer régulièrement de voiture ! Et puis pourquoi cible-t-on toujours l’automobile, la seule fautive, tandis que camions, utilitaires et deux et trois-roues polluent presque sans restriction ni contribution aux efforts de lutte contre le réchauffement climatique et, pire, contre la propagation des polluants que sont les particules fines et les NOx ?

Trop, c’est trop, madame Hidalgo !

Mots clefs associés à cet article : Pollution, Administration

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