Nicolas Dupont-Aignan et l’automobile d’entreprise

Publié le par

Nous vous livrons ici le compte-rendu de notre troisième rencontre, avec Nicolas Dupont-Aignan, cette fois. À suivre naturellement pour les autres candidats ! L’Automobile & L’Entreprise se devait d’interroger les principaux candidats à l’élection présidentielle de 2012 sur les thèmes de l’automobile en général et en entreprise, de la préservation de l’environnement et de la sécurité routière en entreprise.

Nicolas Dupont-Aignan
Nicolas Dupont-Aignan

Secteur industriel de l’automobile
Mon projet est de rompre avec la logique du libre échange intégral en proposant de faire reposer le commerce mondial sur des zones régionales homogènes de libre échange. Je proposerai notamment de quitter l’euro, qui asphyxie nos entreprises, nourrit le chômage et provoque une grande régression sociale dans les pays qui l’ont adopté. Notre projet économique est à la fois ambitieux et réaliste car il nous faudra faire des efforts pour redresser le pays et diminuer notre dette. Ces mesures permettront de donner à notre industrie automobile les armes pour se défendre dans la mondialisation et enfin relocaliser l’emploi dans notre pays.
_ J’ai bien entendu approuvé les aides de l’État quand il s’agissait de soutenir notre filière automobile à un moment où elle en avait le plus besoin. Néanmoins, rien n’a été fait pour mettre fin au dogme du libre échange au sein de l’Union européenne. Ainsi, lutter contre la concurrence déloyale des pays à bas coûts est au cœur de mon projet présidentiel.
Le libre échange intégral provoque une course sans fin au moins-disant social, salarial, fiscal et environnemental. En effet, la France ne peut pas conserver ses acquis sociaux et environnementaux et être en concurrence avec des pays dont les entreprises n’ont pas les mêmes contraintes que les nôtres. C’est pourquoi nous rétablirons des règles commerciales équitables en mettant en place des droits de douane et des quotas, comme le fait la grande majorité des pays asiatiques ou d’Amérique latine, afin de relocaliser l’activité en France. Nous mettrons fin à cette concurrence déloyale en mettant en place une taxe à la frontière pour strictement compenser les écarts de coûts salariaux, sociaux et environnementaux et permettre une concurrence loyale en disant que cela fera partie des mesures de notre politique protectionniste.
_ Le produit de ces taxes pourra être en partie affecté au financement de notre protection sociale. C’est l’unique solution pour mettre fin aux délocalisations qui ruinent notre économie et soutenir nos entreprises qui sont asphyxiées par ce moins-disant économique, social et environnemental.
Pour garder son rang, la France doit donc reconstruire une industrie forte. Notre ligne directrice est donc de reprendre l’initiative et de faire preuve de volontarisme plutôt que d’attendre sagement que l’industrie française pourrisse sur pied. La filière automobile, qui a occupé jusqu’à un actif sur dix au plus fort des Trente Glorieuses, a toute sa place dans ce projet.
De plus, concernant la R&D, la France a créé les filières spatiale, aéronautique, ferroviaire ou nucléaire sous l’impulsion de l’État et sans le concours de la Commission européenne ou de M. Barroso !
En m’appuyant sur des pôles de compétitivité renforcés, qui associeront public et privé, écoles d’ingénieurs, universités, organismes de re­cherche et industrie, j’investirai dans les filières d’avenir dans le cadre du Plan (énergies renouvelables, transports non polluants, recyclage, biotechnologies), en portant notre effort de recherche à 3 % du PIB et en nous associant au cas par cas à des partenaires européens.
Enfin, les petites entreprises sont celles qui créent de l’emploi en France, elles ne délocalisent pas comme les grands groupes. Je mettrai en œuvre deux mesures fortes : diminuer de moitié l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français pour les entreprises de moins de 250 salariés, et exonérer de cotisations sociales pendant cinq ans le recrutement d’un chômeur de longue durée pour une TPE (moins de 10 salariés).

Fiscalité de l’automobile

En termes de fiscalité, je prône une vaste réforme fiscale républicaine qui repose sur quatre grands principes :
- Favoriser l’investissement et l’activité en France ;
- Rétablir la progressivité afin que les riches payent réellement plus que les pauvres ;
- Favoriser les PME et taxer plus les grandes entreprises ;
- Simplifier la législation fiscale.
La problématique est simple. On la retrouve dans la plupart des secteurs d’activités. Ils affrontent une libre concurrence toujours plus sauvage voulue et imposée par la Commission mais subissent les charges et les réglementations les plus lourdes auxquelles leurs concurrents échappent largement. L’alpha et l’oméga de mon action politique consistent à redonner aux Français la capacité d’agir sur leur destinée par la reprise en main de notre souveraineté politique, économique, diplomatique et judiciaire. Ainsi, nous ne pouvons accepter une harmonisation sociale par le bas.

JPEG - 177 ko

J’estime que la taxe poids lourds, ayant un objectif environnemental, est une mesure de bon sens, mais à l’unique condition qu’elle ne pénalise pas notre pays vis-à-vis de ses voisins. Le soutien à nos entreprises par le biais d’un protectionnisme ciblé pourrait être mis en place pour justement répondre à ce défaut.
Dès le lendemain de l’élection, je lancerai la mise en place d’États généraux de l’avenir énergétique pour orienter la politique de la France à long terme en prenant en considération quatre facteurs : le prix, l’indépendance, la sûreté et l’impact sur l’environnement. Nous regrouperons les différentes parties prenantes autour d’une même table pour déterminer à quel niveau les normes doivent être fixées et quelles aides spécifiques seront allouées à chacun.
L’écologie est trop souvent conçue et mise en œuvre de manière puni­tive. C’est pourquoi je la mettrai au service de l’emploi : création de pôles de compétitivité dédiés à l’environnement, formations universi­taires et mise sur pied d’un grand service public du recyclage et des filières de substitution aux hydrocarbures (énergie, plastique). Je pense qu’il faut sortir de l’impasse des biocarburants de première génération et développer massivement la recherche sur les biocarburants de seconde génération issus de la culture d’algues oléagineuses, sans impact pour la sécurité alimentaire, et accélérer la mise au point de véhicules hybrides, notamment les poids lourds. À cet égard, le principe d’aides pour équiper les véhicules de ces moteurs alternatifs ne doit pas être exclu.
Concernant la TIPP, avec l’explosion du prix de l’essence à la pompe, une nouvelle menace s’abat sur le pouvoir d’achat des Français et des entreprises, déjà bien miné par la crise et par l’incapacité de Nicolas Sarkozy à tenir ses promesses.
Ainsi, l’objectif que nous devons nous fixer est la reprise en main du groupe Total par l’État. Ce volontarisme politique permettra de faire converger à nouveau les intérêts de l’entreprise avec ceux de la France et des Français. De cette manière, l’État pourra peser pour allouer les énormes bénéfices de Total (12 milliards d’euros en 2011) vers des politiques de modération du prix à la pompe (j’ai d’ores et déjà proposé une baisse de 10 centimes par litre), comme vers des grands plans d’investissement au service du plus grand nombre.
L’État et Total pourront donc amorcer la grande transition énergétique dont la France a besoin, aussi bien pour garantir son indépendance que pour préparer l’après-pétrole.
Les solutions à l’augmentation des prix du carburant existent. Elles nécessitent un certain courage politique, un certain volontarisme dont bon nombre de gouvernants se targuent alors qu’ils l’ont conjugué avec une dérégulation massive. Ainsi, de nouvelles têtes doivent émerger pour rendre toute sa crédibilité au discours volontariste. C’est tout l’enjeu de ma candidature à l’élection présidentielle de 2012.

_ Enfin, bien que cet aspect ne figure pas dans vos questions, je réintégrerai les sociétés d’exploitation d’autoroutes dans le giron de l’État, au prix scandaleusement bas où les opérateurs privés les ont acquises, afin d’instaurer la gratuité sur les tronçons amortis et modérer les tarifs sur ceux qui doivent encore l’être.

Sécurité routière

D’abord, saluons le comportement des automobilistes français qui depuis quelques années se caractérise par un souci permanent de garantir la sécurité de chacun sur nos routes, comme le montrent les statistiques récentes.
Appuyons cette évolution positive en donnant un nouvel élan à la politique de sécurité routière !
Je proposerai des mesures nouvelles pour concentrer la force publique dans la lutte contre la mortalité sur les routes tout en mettant fin à la logique lucrative qui détermine aujourd’hui l’implantation des radars.
Ce changement stratégique aura pour fin la suppression des radars situés dans les zones non dangereuses pour multiplier leur implantation sur les routes qui enregistrent des taux records de mortalité.

JPEG - 152.9 ko

De plus, je durcirai la législation pour les véritables chauffards, ceux qui enfreignent la loi de manière tellement abusive qu’ils méritent des sanctions pénales exemplaires.
Ces nouvelles mesures seront donc à la base du projet nouveau que je développe pour notre sécurité routière : fermeté et justice en seront les maîtres mots.
Le système du permis à points me paraît être un édifice inachevé. Les automobilistes sont constamment sous le joug de sanctions caractérisées par un certain arbitraire et par certains abus. Pour preuve, certains automobilistes qui utilisent leur véhicule tous les jours peuvent très bien être victimes d’un retrait de permis pour quelques petits excès de vitesse.
S’il faut maintenir des règles et des sanctions précises sur la route, il faut aussi clarifier le système. Le permis à points pourrait être viable si une plus grande transparence lui était directement associée. Pour ce faire, je mettrai en place une uniformisation administrative pour traiter ces problèmes de transparence et de justice afin que l’ensemble des automobilistes de France puissent avoir accès à traitement égal aux stages pour retrouver leurs points, mais aussi et surtout pour que la procédure de gains de points automatiques soit clarifiée et connue de tous.
Enfin, en tant que gaulliste social, j’ai toujours déploré l’abandon de certaines missions du service public au secteur privé. Je suis donc farouchement opposé à toute poursuite de la délégation de fonctions répressives à des entreprises privées.
Nicolas DUPONT-AIGNAN, candidat à la présidence de la République, député de l’Essonne et maire d’Yerres.

Recherche
Guide Fiscal 2016

Le guide de la fiscalité des véhicules d’entreprises, édition 2016, est l’outil indispensable.

Guide Fiscal 2016
COMMANDER