La pollution, responsable de 524 000 décès en Europe chaque année

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Selon un rapport publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), la pollution de l’air continue de causer plus de 524 000 décès prématurés en Europe par an.

La pollution, le mal des XXe et XXIe siècles !
La pollution, le mal des XXe et XXIe siècles !

La pollution atmosphérique constitue le premier risque sanitaire d’origine environnementale en Europe. Elle raccourcit l’espérance de vie des personnes affectées et contribue à l’apparition de maladies graves, telles que des maladies cardiaques, des troubles respiratoires et des cancers. Le rapport 2015 de l’AEE (l’Agence européenne pour l’environnement) sur la qualité de l’air en Europe dresse le bilan de l’exposition de la population européenne aux polluants atmosphériques et fournit un aperçu de la qualité de l’air fondé sur les données de stations de surveillance officielles dans toute l’Europe. Le rapport montre que la plupart des citadins restent exposés à des niveaux de pollution atmosphérique jugés nocifs par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Pour rappel, les principaux polluants ayant une incidence sur la santé humaine sont les particules (PM), l’ozone troposphérique (O3) et le dioxyde d’azote (NO2) et tuent 524 000 personnes par an en Europe (430 000 dans l’Union européenne) dont plus de 50 000 en France.

Les particules

Les particules peuvent provoquer ou aggraver des maladies cardiovasculaires et pulmonaires, des infarctus et des arythmies. Elles peuvent aussi provoquer des cancers. En 2013, 87 % de la population urbaine de l’Union européenne était exposée à des concentrations de PM2,5 dépassant la valeur fixée par l’OMS pour protéger la santé humaine. Les normes européennes en matière de qualité atmosphérique étant moins strictes, seulement 9 % de la population était exposée à des taux de PM2,5 dépassant la valeur cible définie par l’UE. Les avantages liés à l’amélioration de la qualité de l’air en Europe sont évidents. Le respect par l’ensemble des pays de l’UE des normes de l’OMS en matière de qualité de l’air permettrait de diminuer les concentrations moyennes de PM2,5 et de réduire de 144 000 le nombre de décès prématurés par an, par rapport à la situation actuelle. Les PM2,5 se réfèrent aux particules d’un diamètre maximal de 2,5 μm. Les petites particules peuvent pénétrer profondément dans les poumons. Les estimations de l’impact sur la santé d’une exposition chronique aux PM2,5 montrent que ce polluant a été responsable de 432 000 décès prématurés en Europe en 2012, un chiffre similaire aux estimations des années précédentes.

L’ozone

L’exposition à l’ozone dans les villes reste très élevée. En 2013, 98 % de la population urbaine de l’UE était exposée à des concentrations d’ozone dépassant la valeur de la directive de l’OMS. Environ 15 % de la population était exposée à des concentrations d’ozone supérieures à la valeur cible européenne (moins stricte). Les concentrations d’ozone ont également des conséquences néfastes sur les cultures, les forêts et les végétaux, dont elles diminuent le taux de croissance et le rendement. L’objectif à long terme en matière de protection des végétaux contre l’ozone a été atteint dans 86 % des zones agricoles de l’UE. L’exposition à l’ozone est jugée responsable d’environ 17 000 décès prématurés.

Le dioxyde d’azote

Le dioxyde d’azote affecte directement le système respiratoire et contribue à la formation de particules et d’ozone. En 2013, 9 % de la population urbaine de l’UE était exposée à des concentrations de dioxyde d’azote dépassant les normes de l’OMS et de l’UE, 93 % des dépassements ayant lieu à proximité de routes. L’exposition au dioxyde d’azote est jugée responsable d’environ 75 000 décès prématurés.

Le benzopyrène

Le benzopyrène est un polluant organique carcinogène. Généralement causée par la combustion de bois, l’exposition au benzopyrène est répandue, en particulier en Europe centrale et orientale. En 2013, un quart de la population urbaine de l’UE était exposée à des concentrations de benzopyrène supérieures à la valeur cible, et jusqu’à 91 % étaient exposés à des concentrations de benzopyrène dépassant le niveau de référence estimé sur la base de chiffres de l’OMS concernant les risques.

Le dioxyde de soufre

Les émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont considérablement diminué au cours des dernières décennies, grâce à la législation européenne exigeant une plus faible teneur en soufre dans les carburants ainsi que l’utilisation de technologies d’épuration des émissions. Seuls quelques dépassements par rapport à la valeur limite européenne pour le dioxyde de soufre ont eu lieu en 2013.

les autres polluants

Les concentrations de monoxyde de carbone, de benzène et de métaux lourds (arsenic, cadmium, nickel et plomb) dans l’air extérieur étaient généralement faibles dans l’Union européenne en 2013, avec quelques dépassements des valeurs limites et cibles respectives fixées par la législation européenne. En plus de leurs effets sur la santé, les polluants atmosphériques ont des effets néfastes importants sur la vie végétale et les écosystèmes. Ces problèmes, y compris l’eutrophisation causée par l’ammoniac (NH3) et les oxydes d’azote (NOX), ainsi que les dommages aux plantes causés par l’ozone, restent très répandus en Europe :

Mortalité à cause de la pollution de l’air par pays en Europe
PAYSPM2.5O3NO2
Autriche 6 100 320 660
République tchèque 10 400 380 290
Danemark 2 900 110 50
Estonie 620 30 0
Finlande 1900 60 0
France 43 400 1 500 7 700
Allemagne 59 500 2 100 10 400
Luxembourg 250 20 0
Pays-Bas 10 100 200 2 800
Pologne 44 600 1 100 1 600
Portugal 5 400 320 470
Roumanie 25 500 720 1500
Espagne 25 500 1 800 5 900
Suède 3 700 160 10
Royaume-Uni 37 800 530 14 100
Suisse 4 300 240 950
TOTAL PAYS 432 000 17 000 75 000
Union européenne (28 pays) 403 000 16 000 72 000

« Malgré les améliorations constantes observées au cours des dernières décennies, la pollution atmosphérique continue d’affecter la santé générale des Européens, réduisant leur qualité de vie et leur espérance de vie » a déclaré Hans Bruyninckx, le directeur exécutif de l’AEE, qui a ajouté : « La pollution de l’air a aussi une incidence économique considérable. Elle est à l’origine d’un accroissement des coûts médicaux et d’une réduction de la productivité liée à la perte de jours de travail dans tous les secteurs. »
- Source : notre-planete.info .

Mots clefs associés à cet article : CO2, Particules, NOx, Pollution

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